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Lélouma : zoom sur le quotidien des fonctionnaires à la retraite

Après plusieurs années au service de l’administration publique guinéenne, des fonctionnaires à la retraite basés à Lélouma tirent le diable par la queue. Bon nombre d’entre eux se voient obligés de signer des contrats pour la survie. Hormis la pension que cette classe sociale perçoive, ces fonctionnaires retraités ne bénéficient d’aucun traitement de faveur ou privilège digne de leur rang, a constaté sur place la rédaction de Guineenews basée dans la localité.
Mamadou Aliou Bhoderie Diallo est enseignant à la retraite. Il explique la vie qu’il mène actuellement : « J’ai servi l’administration publique guinéenne quarante un ans. C’est-à-dire de 1970 à 2011 en tant qu’enseignant. J’ai fait valoir mon droit à la retraite il y a de cela juste 11 ans.  Et comme j’ai encore toutes mes facultés, j’ai jugé nécessaire de poursuivre le combat pour l’éducation des enfants étant donné que je ne peux pas rester assis et tendre la main. Il faut continuer à chercher un petit quelque chose pour pouvoir solliciter un appui auprès des enfants juste pour un rajout. J’ai donc signé un contrat avec une école privée de la place. Au début, je donnais des cours mais actuellement, je m’occupe des finances de ladite école pour pouvoir joindre les deux bouts » , explique dès l’entame le doyen.
A la question de savoir sur les conditions de leur traitement après des loyaux services, le doyen ne mâche pas ses mots. « si toutefois un fonctionnaire à la retraite ne se contente qu’à sa solde, il ne pourra pas s’en sortir surtout avec la cherté actuelle de la vie. Moi, par exemple j’ai la chance d’avoir toutes mes facultés physique et morale pour effectuer ce travail que je suis en train de faire actuellement. Force est de reconnaître aussi que mes enfants ne s’en sortent pas mal aussi parce que j’avais vraiment veillé sur eux, sur leur éducation tout en les inculquant des valeurs morales. Ils sont toujours là aussi pour moi. Si non, ce serait assez compliqué » ,reconnaît Mamadou Aliou Bhoderie Diallo. Avant d’appeler les parents à bien veiller sur les enfants pour qu’une fois adulte, ces derniers puissent à leur tour prendre soin des parents.
Dans le même sillage, le doyen Diallo Idrissa Diari également professeur de biologie à la retraite soutient que « la pension que je perçoit ne peut pas du tout pas couvrir mes besoins. C’est pourquoi d’ailleurs j’ai été obligé de reprendre la craie dans le secteur privé. Et ce, après 36 années de service. Car, j’ai commencé à travailler en 1980. Et j’ai pris ma retraite en 2016. Mais, depuis, je suis obligé de faire des combines par-ci par-là pour pouvoir joindre les deux bouts. Si non ma pension seule ne peut même pas couvrir les 1/4 de mes besoins. Actuellement j’évolue dans une école privée de la place. Et ce depuis maintenant cinq ans.
C’est pour vous dire combien la situation liée à la vie du retraité est délicate. Et personnellement , malgré mon état de santé qui se détériore je suis contraint d’effectuer ce travail. Pour le moment, nous n’avons pas d’association ou une organisation de retraités à Lélouma pour qu’on puisse se faire entendre par rapport à nos conditions de vie difficiles. C’est pourquoi j’en appelle à la clémence de l’ État pour ne serait ce qu’une amélioration de nos conditions de vie » , sollicite Monsieur Idrissa Diari Diallo.
Dans la même optique, un autre fonctionnaire à la retraite renchérit :  » je ne suis pas du tout en mesure de subvenir à mes besoins à plus forte raison à ceux de ma famille. C’est très regrettable. (…). Surtout après avoir travaillé toute sa vie au compte de l’État. Et pire encore, il n’y a aucune mesure nous appuyant dans le cadre de l’accès aux soins de santé et autres problèmes auxquels nous faisons quotidiennement face.  Nous sommes en quelque sorte les oubliés de l’État après des loyaux services rendus à la nation », s’alarme cet autre doyen à la retraite.
Après plusieurs années au service de l’administration publique, ces doyens, sont le plus souvent obligés d’effectuer des prestations moyennant une remuneration pour faire face à la vie des retraités.
« Même étant actifs, on avait déjà des problèmes liés à un certain nombre de facteurs. Notamment avec un salaire très bas dans un pays à la cherté de la vie très élevée. Mais jusque là, on pouvait jongler pour s’en sortir. Bien qu’avec des difficultés, » rappelle cet autre médecin vétérinaire à la retraite avant de poursuivre : « maintenant qu’on a plus de salaire mais une pension, c’est encore plus difficile à supporter », soutient-il.
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