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Lélouma : manque criard d’infrastructures scolaires à Thianguel Bori ! Les citoyens font recours à des taudis et huttes pour pallier le déficit 

C’est un secret de polichinelle. Le manque criant d’infrastructures scolaires à Thianguel Bori crève aux yeux. Du district de N’dita en passant par Seintou, Ley fello, Bassan ou encore Fougoun et Missira, les établissements scolaires sont très lamentables. Ces localités sont les plus fortement éprouvées par ce déficit parmi tant d’autres. Le visage que présentent ces écoles est déplorable. Dans ces différents établissements, c’est la désolation, la déception.
Les infrastructures qui existent sont complètement délabrées. Ces écoles sont dans un état de vétusté extrêmement avancé. Les murs sont abîmés par des fissures. Les tôles sont rouillées. D’autres trouées. Des portes et fenêtres en bois. Là où ça existe. Et la plupart d’entre elles n’ont jamais reçu même une couche de peinture depuis leur création.
Et pire, ces baraques n’arrivent plus à contenir les effectifs d’élèves à scolariser. Les populations sont obligées de construire des hangars en tôle ou avec d’autres matériaux rudimentaires pour pallier ce déficit. C’est la dèche totale, a constaté sur place Guinéenews.

Quant des effectifs dépassent de loin les salles de classe disponibles
À N’dita, un districtrelevant de la commune rurale de Thianguel Bori dans la préfecture de Lélouma, environ deux cent cinquante enfants en âge d’aller à l’école n’y fréquentent pas. Et pour cause, cette localité où vivent environ deux mille six cent âmes ne possède qu’une seule école de seulement deux salles de classe.
Une situation qui préoccupe les citoyens de la localité. Le président dudit district Moussa Môlo tire la sonnette d’alarme.  » Ici à N’dita, en ce qui concerne l’éducation, nous avons sérieusement des soucis. Nous n’avons qu’une seule école dans tout le district. Cette école que nous avons nous-mêmes construite n’a que deux salles de classe seulement. Actuellement, nous avons ici trois grands secteurs et la population s’élève à environ deux mille six cent habitants. Nous avons actuellement près de deux cent cinquante enfants qui ne partent pas à l’école actuellement. Tout simplement parce que nous n’avons pas de salle de classe. Les deux salles que nous avons sont déjà occupées par deux groupes pédagogiques. Du coup, on ne peut pas effectuer de recrutement. A cause de ça, près de deux cent cinquante de nos enfants sont aujourd’hui privés d’éducation scolaire. (…), » , déplore le président du district.
Dans le même sillage, à Ley-Fello, ce problème endémique a contraint la directrice de ladite école primaire de réaménager le programme. « Ici, à Ley -Fello, nous avons actuellement six groupes pédagogiques. C’est à dire de la première à la sixième année. Cependant, nous n’avons qu’un seul bâtiment de seulement trois salles de classe. Et laisser moi vous dire que ce bâtiment est dans un état de délabrement très avancé. Le sol est complètement dégradé. Les murs du bâtiment sont très bas. Les tôles rouillées sont perforées. Pendant la saison des pluies l’eau suinte. Si c’est la saison sèche, la chaleur est suffocante. C’est une école qui n’est pas du tout adaptée » s’inquiète Aminata Kindia Diallo.
Poursuivant la directrice ajoute: « c’est d’ailleurs ce qui nous a poussé à revoir la programmation des enfants. On programme chaque semaine trois groupes pédagogiques avec lesquels on travaille les matins. Les autres trois groupes, eux, viennent le soir. Et la semaine à venir, on inverse. Ceux qui venaient les matins reviennent les soirs et réciproquement. C’est comme ça qu’on procède pour éviter aux enfants de chômer. Et avec l’appui des communautés, nous avons construit un petit hangar. Mais qui malheureusement ne peut contenir un nombre élevé d’élèves. C’est pourquoi nous sollicitons un appui auprès des autorités compétentes et aux personnes de bonne volonté pour nous aider à avoir des salles de classes ici à Ley -Fello « , a sollicité Aminata Kindia Diallo.
La même réalité prévaut aussi à Bassan. Le directeur de l’école primaire Mamadou Benté Diallo n’est pas allé du dos de la cuillère.  » (…). Nous sommes confrontés à un manque criant de salle de classe. Nous avons cinq groupes pédagogiques pour seulement trois salles de classe plus un hangar construit depuis 2016. Nous n’avons pas pu faire de recrutement cette année. Car il n y a pas de classe. C’est un problème très sérieux. (…). Les autorités sont au courant de la situation. Mais pour le moment, il n’y a pas eu de réaction d’abord. Les effectifs sont là mais nous n’avons pas de classe pour les abriter. Nous avons posé le problème aux ressortissants aussi. Mais ils ont d’autres priorités d’abord. En tout cas, nous, nous sommes en train de faire tout notre mieux pour satisfaire les enfants « .
 
A Seintou et Missira, les mêmes réalités prévalent dans ces différentes écoles.

 

 

Quand  la situation dépasse les autorités locales
Face à toutes ces réalités, les autorités locales peinent à trouver des alternatives durables pour pallier le manque à gagner. « Personnellement, c’est une situation qui me fait mal au cœur. Dans mon propre district, nous sommes confrontés à ce problème. J’ai beau expliquer aux uns et aux autres de chercher au moins de faire un hangar pour un peu désengorger l’école qui se trouve aussi dans un état piteux. Mais impossible.(…). Mais comme vous le savez, la mairie a vraiment du pain sur la planche. Et tout est une priorité ici », explique hors micro Mouctar Seintou Bah, le mire de Thianguel Bori.
Le DSEE de la localité Hothia Sow est aussi est conscient de la réalité : « C’est une situation qui nous préoccupe sérieusement. C’est très déplorable de voir ces enfants et leurs maîtres travailler dans ces conditions que je connais très bien. Nous remontons régulièrement des rapports par rapport à tout ça. Mais pour le moment, nous n’avons pas encore trouvé de solution. C’est pourquoi d’ailleurs je demande aux communautés de ces localités de se réunir pour voir dans quelles mesures elles vont essayer de mettre en place des hangars pour ne pas que les enfants chôment en attendant l’aide de l’Etat où des partenaires au développement », aexpliqué le DSEE.
Dans la même lancée, le coordonnateur sous-préfectoral des associations des parents d’élèves et amis de l’école a dénoncé la situation avant d’appeler aux parents d’élèves de s’intéresser davantage sur l’éducation des enfants en mettant les moyens tout en créant les conditions nécessaires pour la bonne marché des activités dans les différentes écoles de sa circonscription.
Abdourahamane Barry de retour de Thiaguel Bori pour Guinéenews 
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