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L’An 1 du CNRD : retour sur les 12 mois de gestion du CNRD dans la région de Labé

Après la diffusion dans la matinée du dimanche 05 septembre 2021 sur les réseaux sociaux des images du président Alpha Condé dans les mains des militaires putschistes et la confirmation de ces informations par les médias nationaux et internationaux, des citoyens ont commencé à se mobiliser dans plusieurs lieux stratégiques de la ville de Labè pour manifester leur joie, avait constaté sur place Guineenews.

Du carrefour Tinkisso au carrefour Bilaly, en passant par le rond-point Hoggo M’bouro et plusieurs autres sites stratégiques de la ville, des milliers de personnes à moto ou en voiture ont été aperçues dans des scènes de joie parfois indescriptibles. Une façon selon eux d’extérioriser leur soulagement par rapport au putsch annoncé du côté de la capitale Conakry. Vingt quatre heure après le coup de force qui a mis fin au règne du professeur Alpha Condé et son gouvernement, les activités socio-économiques ont normalement repris dans la région administrative de Labé où citoyens, acteurs politiques et sociaux ont accepté de se prononcer sur cette actualité au micro de la rédaction locale de Guinéenews.

« C’est une délivrance car le pays était en lambeaux. Je soutiens et je me félicite de ce coup de force qui est venu à point nommé. Merci à cette unité spéciale qui vient de prouver à la face du monde entier qu’ils sont patriotes et qu’ils aiment leur nation. Je prie Dieu de lui donner le courage et la détermination de mener cette transition à bien », avait laissé entendre Mamadou Barry, citoyen rencontré aux abords du marché central de Labé.

Du côté du FNDC (Front national pour la défense de la constitution) Labé, Al Habib Bah, le coordinateur régional dit prendre acte : « j’avoue qu’on ne peut pas applaudir l’armée par cette prise du pouvoir, mais nous prenons acte. Alpha était illégalement président de la république ; donc s’il y a un coup de force qui l’enlève de cette présidence, nous ne pouvons que prendre acte et prendre des dispositions de notre côté pour la bonne suite des choses », a-t-il affirmé.

Pour être en adéquation avec cette liesse populaire, le CNRD a multiplié les opérations de charmes à travers des décisions populaires qui sont allées de la baisse du prix des produits pétroliers à la réouverture progressive des frontières terrestres. Une réouverture d’ailleurs qui a été vivement saluée du côté de Labé. Rendue publique dans la soirée du lundi 13 septembre 2021 par le Conseil national du rassemblement et du développement (CNRD), l’annonce de la réouverture prochaine des frontières terrestres entre la Guinée et ses voisins a visiblement été un ouf de soulagement pour les usagers. C’est en tout cas la grande joie qui a été constatée au niveau des gares routières pour les véhicules en partance pour le Sénégal, la Guinée-Bissau et la Côte d’ivoire.

De l’autre coté, une famille ; celle du lieutenant Abdoulaye Baldé (garde présidentiel) tué dans les violences du coup d’état militaire perpétré par les hommes du Colonel Mamady Doumbouya attendait toujours des nouvelles de son fils. Il a fallu pourtant 48 heures pour que cette famille soit située sur le sort de ce garde présidentiel. Résidant dans le quartier Companya situé au nord-est de la commune urbaine de Labé. Madame Hawaou Baldé, la mère biologique du soldat tué sur le champ de bataille a finalement brisé le silence sur ce douloureux événement qui l’a arraché à son fils.

 « Dimanche, il m’a appelé à 07 heures du matin pour prendre de mes nouvelles tout en promettant de me rappeler après. Donc, c’est rester comme ça, mais j’ai eu de l’insomnie avant-hier car je pensais beaucoup à mon enfant. Donc, hier j’ai rechargé mon téléphone et j’ai appelé. Mais aucune réponse. Les parents aussi m’ont fait part de leurs inquiétudes car ils l’auraient également appelé sans réponse. J’ai appelé son frère qui est à Conakry. Ce dernier a promis d’aller en ville voir et de me revenir car sa femme était dans la même situation d’inquiétude », entame madame Hawaou Baldé, la mère d’Abdoulaye Baldé.

Sauf que malheureusement, les nouvelles étaient dramatiques. « C’est dans la soirée aux environs de 17 heures que ses frères et oncles sont venus me voir à domicile. Les apercevant en groupe, j’ai aussitôt dit que mon enfant était mort et je me suis mise à pleurer. C’est ainsi qu’ils me l’ont confirmée. Donc je demande à tout le monde de le pardonner et que Dieu ai pitié de son âme », a-t-elle conclu en larmes tout en rappelant que le lieutenant Abdoulaye Baldé était marié et père de deux enfants dont une fille et un garçon.

Après les consultations nationales, le gouvernement de transition lance les assises nationales. Membre du comité national des assises, Bah Oury a été désigné délégué du comité national des assises pour les préfectures de Labé et Koubia. Après une semaine de travail dans ces deux préfectures, l’homme politique se réjouit des échanges. « Je pense que c’était une immersion dans deux préfectures qui ont été marquées par une histoire assez douloureuse en examinant le passé. Labé a toujours été depuis l’ancien régime une préfecture qui a été fortement traumatisée par les répressions successives qui ont endeuillées beaucoup de famille de la préfecture de Labé. Il y a eu un répit après l’arrivée du régime du général Lansana Conté, mais il faut noter qu’avec le régime de monsieur Alpha Condé Labé a aussi été fortement traumatisé surtout durant les périodes récentes avec les manifestations du FNDC et les stigmates de cette répression sont toujours là », a-t-il reconnait.

Malgré tous ces efforts consentis ça et là, la confiance accordée au CNRD s’est détériorée petit à petit. De la récupération des domaines de l’Etat à l’interdiction des manifestations de rue en passant par la durée de la transition estimée trop longue ; le fossé s’est agrandi entre les putschistes et la population. C’est dans cette crise de confiance que le gouvernement de Mohamed Béavogui a initié une immersion gouvernementale tournante dans les quatre régions naturelles du pays. Après N’zérékoré et Kankan, l’équipe gouvernementale a posé ses valises en début juin 2022 dans la région administrative de Labé. Ce séjour fut d’abord marqué par le manque criard d’infrastructures de base auquel Labé est confronté depuis belle lurette. Ainsi, les membres du gouvernement de Mohamed Beavogui ont vécu cette réalité avec les populations ; car en plus du fait que la grande majorité de ces ministres et leurs suites soient logés dans des villas privées érigées dans les quartiers (par insuffisance d’infrastructure hôtelière), ils ont vécu le manque d’eau, d’électricité et de route qui s’accentue du jour au lendemain dans la cité de Labé.

« Depuis samedi les membres du gouvernement ont commencé à rallier Labé, nous les avons reçus. C’est hier à 17 heures 30 que nous avons reçu le premier ministre chef du gouvernement. Ils vont tenir leur conseil interministériel. Suis très content d’une chose, ils sont en train de vivre les réalités de Labé. Comme vous le savez, notre ministre de tutelle est le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation. Quand on est allé le recevoir, il loge dans le quartier Pounthioun ; lui-même il a constaté que la ville est dans le noir il a commencé à me poser des questions par rapport aux lampadaires ; j’ai vu qu’il est vraiment gène et touché par çà. Et c’est des groupes électrogènes qu’ils utilisent dans les quartiers. On m’a informé que c’est un hôtelier de la place qui a emprunté un moteur qui a été déplacé par une grue pour alimenter la maison qu’occupe le ministre de la défense. Donc, c’est ce qui fait que je suis content qu’eux même viennent vivre les faits » a déclaré Mamadou Aliou Laly Diallo, le maire de la commune de Labé.

Ainsi, durant toute cette immersion qui s’est tenue sur une semaine d’activité, chaque ministre a profité pour s’enquérir de l’état des lieux de son département non seulement dans les 5 préfectures de la région administrative de Labé mais aussi dans les cinq autres qui complètent la moyenne Guinée à Savoir Mamou, Dalaba, Pita, Gaoual et Koundara. Dans chaque préfecture, des projets de chantier ont été annoncés par l’équipe gouvernementale.

A la fin de la retraite, le Premier ministre a animé une conférence de presse pour situer l’opinion sur les prévisions du gouvernement pour la moyenne guinée.

Au cours de cette conférence de presse, le Premier ministre chef du gouvernement a tenu à rassurer les populations de la moyenne Guinée que le gouvernement a bien entendu leurs préoccupations et que chaque préfecture aura une réponse dans la mesure des moyens disponibles. « Ce qui est clair, c’est que nous avons recensé les différentes préoccupations, nous avons recensé les contraintes. Nous allons retourner à Conakry et nous allons essayer de sortir un programme pour chaque préfecture ça c’est l’engagement que nous avons pris avec les collègues. Chaque préfecture et vous serez informés en ce moment de ce qu’on va faire. Mais soyez sûr que chaque préfecture aura une réponse à ses préoccupations dans la mesure des moyens qui sont les moyens de tous et que nous devons partager » a rassuré Mohamed Beavogui.

Par ailleurs, il faut signaler que la préfecture de Mali a quant à elle bénéficié pour la première fois d’un réseau électrique lancé lors de cette immersion gouvernementale.

« Apres l’installation, nous avons reçu du gouvernement une citerne de 20 000 litres de gasoil pour l’alimentation du groupe. Maintenant le mercredi 15 juin 2022, à 19 heures 46 minutes exactement, Mali est sortie de l’obscurité. A cette heure précise, le groupe a été lancé, les principales rues de Mali se sont vues alimentées en énergie. Donc, puisque nous comprenons que nous sortons enfin des ténèbres pour entrer dans le monde de la lumière, il faut prendre les dispositions nécessaires », a expliqué Abdoulaye Fily Diallo, le maire de Mali.

Il faut enfin signaler que la toute première manifestation de rue à Labé depuis l’arrivée des militaires au pouvoir s’est tenue le mercredi 17 août dernier. Ce, à travers un mot d’ordre de ville morte annoncé par l’antenne locale du FNDC.

Mais contre toute attente, des accrochages ont éclaté entre hommes en tenue et des jeunes protestataires aux quartiers Mosquée et Daka. Des quartiers dans lesquels des domiciles ont été violés par les forces de défense et de sécurité.

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