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Labé : la rupture prolongée du BCG met les nerfs des parents des nouveau-nés à rude épreuve

Depuis un peu plus de deux mois, les structures sanitaires de la préfecture voire de la région administrative de Labé sont en rupture de vaccins destinés aux nouveau-nés. C’est notamment le BCG et le NOVAX, des produits qui sont administrés aux bébés quelques jours après la naissance. Aux dernières nouvelles, le NOVAX serait déjà arrivé. Cependant, quant au BCG, nous confie une source officielle, qu’il serait en rupture dans le pays.

« Mon dernier enfant a maintenant deux mois mais, je n’arrive toujours pas à lui trouver le vaccin. Pourtant, selon les médecins, il devait recevoir le BCG dès la deuxième semaine de naissance. Mais le produit est en rupture. Depuis deux mois, on vient chaque semaine voir toujours, il n’y a rien. Cela devient inquiétant et j’ai peur que mon enfant ne tombe malade », s’alarme Amadou Oury Barry, chef de famille rencontré aux alentours du centre de santé de Ley-Saré.

Sous le sceau de l’anonymat, une femme rencontrée dans les abords de la même structure sanitaire laisse éclater sa colère : « parfois, ils nous disent que la non prise du vaccin n’est pas un problème en soit et que cela ne fait rien. En d’autrefois, ces mêmes personnes nous font croire que les bébés sont exposés à des risques tant qu’ils ne prennent pas le produit. Donc, on ne sait plus quoi faire. D’autant qu’on nous apprend que la rupture est nationale. »

L’amateurisme de l’Etat est pointé du doigt par madame Diallo Fatoumata, une accouchée. « Connaissant le processus par lequel l’Etat est passé pour sensibiliser les femmes pour la prise de ces vaccins et voyant aujourd’hui l’engouement autour de la chose et le désintéressement de l’Etat, c’est juste écœurant. Si cela poursuit, les gens risquent de revenir aux vieilles pratiques. Gouverner, c’est prévoir. Il faut que l’Etat prennent les devants » a-t-elle fustigé.

Interpellé, Sekou Sylla, le directeur préfectoral de la santé de Labé confirme la rupture et tente de rassurer : « la rupture de ces deux antigènes, c’est-à-dire le BCG et le NOVAX est une réalité. Le BCG, même à Conakry, il y en n’a pas, c’est une rupture nationale. Et je ne dis pas que lorsque la Guinée sera approvisionnée, on ne peut pas vacciner ces enfants. Ils seront tous vacciner. Le NOVAX est déjà là. Dalaba doit recevoir le NOVAX, c’est le BCG qui est en rupture depuis deux mois. Nous sommes conscients de cela et ce sera réglé dans quelques mois. Il ne faut pas que les mamans s’inquiètent. Leurs enfants recevront leurs vaccins. Il s’agit de la dose qui les prévient contre la tuberculose. C’est très rare d’ailleurs de voir la tuberculose à bas âge. On donne les vaccins du fait que l’enfant peut être avec tout le monde et on ne connaît pas le statut des gens. C’est pourquoi on les vaccine. »

En attendant l’arrivée de ce vaccin, les parents, eux, sont en proie à de fortes inquiétudes pour leurs enfants.

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