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« La Cargaison », cette pièce de théâtre lauréate du Prix Rfi Théâtre sera jouée à Conakry les 15 et 16 septembre

L’actuel Secrétaire général du ministère de la Communication et de l’Information est un féru de la Culture. En 2020, le célèbre metteur en scène guinéen, Souleymane Bah, a été lauréat du Prix RFI Théâtre au Festival des Francophonies, Les Zébrures d’Automne, à Limoges. Notamment à travers sa pièce de théâtre intitulée La Cargaison.

Une pièce qui sera présentée au public de Conakry les 15 et 16 septembre prochain. Ladite pièce retrace l’histoire d’une prise d’otage de dépouilles, des corps de jeunes gens tuées à l’issue d’une manifestation et auxquelles on refuse d’être enterrées.

Selon le metteur en scène Soulay Thiâ’nguel, cette histoire est fortement inspirée de ce qui s’est passé lors de la première manifestation du FNDC en octobre 2019 ; manifestation au cours de laquelle onze jeunes avaient été tués.

« Et les corps se sont retrouvés pris au piège entre les organisateurs de ladite manifestation (qui voulaient qu’ils leur fassent de grandioses funérailles) et l’État, qui n’y tenait pas. Les corps resteront quelque deux ou trois semaines à être trimballés entre l’hôpital Sino-guinéen et l’hôpital Ignace Deen, sans être inhumés », rappelle-t-il.

Toutefois, M. Bah soutient que la représentation théâtrale prévue les 15 et 16 septembre prochain n’a pas trait à l’histoire de ces jeunes qu’il raconte.

« Plutôt une histoire de prise en otage de corps ; une histoire de comment est-ce qu’un corps, en ce moment précis, devient un enjeu de pouvoir, comment est-ce que chacun peut affirmer son pouvoir en imposant un destin à des gens qui sont déjà morts et qui ne demandent finalement qu’à être enterrés. C’est ça que je raconte. Et cette histoire-là n’est pas que guinéenne : c’est une histoire qui existe un peu partout à travers le monde, où on se sert des corps pour affirmer un pouvoir. Ça existe en Palestine. Ça existe en Tunisie. Ça existe en Côte d’Ivoire. Ça existe au Sénégal où à un moment donné, on utilise quelque chose pour affirmer son pouvoir », explique Souleymane Bah.

Dans la poursuite de sa communication, Thiâ’nguel cite à titre d’exemple ce qu’est devenu le corps de George Floyd aux États-Unis après avoir été tué et également ce qu’on a fait du corps d’Adama Traoré après la tragédie par laquelle il est passé en France.

« Donc, ce qui est raconté, c’est comment nous, êtres humains, lorsque nous avons un objectif, une idée, nous sommes prêts à tout pour arriver à cette idée-là, y compris la tuerie, y compris le refus d’enterrer un corps », enseigne-t-il.

A travers ses œuvres, Soulay Thiâ’nguel ne fait pas de théâtre de moralisation. Il n’est pas là non plus pour dire aux gens c’est comme si qu’il faut faire, c’est comme ça qu’il faut penser. Non !

« Mon théâtre n’est pas fait pour ça. Et pour moi d’ailleurs, le théâtre ne peut pas être ça. Moi, mon théâtre est fait pour présenter à la société un miroir que je tends à la société et lui demande de se regarder dedans. A chacun de juger si ce qu’il reflète à travers son image est bien ou mauvais.

Ladite pièce est programmée pour les 15 et 16 septembre prochain, au Centre culturel franco-guinéen avant de se transporter dans quatre villes françaises dont Limoges, Lyon et Paris, mais aussi au Sénégal pour un total d’une dizaine de représentations.

Autour du projet, une équipe multinationale dont deux comédiens guinéens, un burkinabè et son compatriote chorégraphe, entre autres.

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