
L’année sportive 2025 est considérée comme les plus éprouvantes de ces dernières décennies pour le sport guinéen. Entre crises institutionnelles, contre-performances et lenteurs infrastructurelles, le sport en Guinée a traversé douze mois de turbulences. Pourtant, au cœur de ce tableau souvent sombre, quelques disciplines ont su offrir des raisons d’espérer, rappelant que le potentiel sportif guinéen demeure intact malgré un environnement fragilisé.
Football : douze mois de crises, d’échecs et de feuilletons sans fin
Sans surprise, le football a dominé l’actualité sportive en 2025, mais essentiellement pour des raisons extra-sportives. L’absence de la Guinée à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc a été vécue comme une véritable désillusion nationale. À cela s’est ajoutée une participation sans relief au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), conclue par une élimination dès le premier tour, confirmant les limites actuelles du football local.
Sur le plan mondial, la Guinée a également manqué le rendez-vous de la Coupe du monde, échouant dans sa tentative de qualification.
Comme ultime espoir, le pays s’est tourné vers les juridictions sportives, mais sans succès : un procès perdu d’abord devant la CAF, puis devant le Tribunal arbitral du Sport (TAS), mettant définitivement fin aux rêves de qualification pour la CAN marocaine.
À ces échecs sportifs se sont greffés des feuilletons institutionnels à répétition. La révocation du président élu de la Fédération Guinéenne de Football, Bouba Sampil, par le bureau exécutif, puis la confirmation de cette décision par les membres statutaires réunis en congrès, ont plongé l’instance faîtière dans une crise profonde. Une instabilité administrative qui a durablement paralysé le fonctionnement du football guinéen tout au long de l’année.
L’absence de Sehrou Guirassy aux CAF Awards, un symbole fort de la frustration nationale
Dans ce climat déjà délétère, un autre épisode a profondément marqué l’opinion sportive : l’absence de Sehrou Guirassy aux CAF Awards 2025. Auteur d’une saison remarquable en club, régulièrement cité parmi les attaquants africains les plus performants en Europe, l’international guinéen a pourtant été écarté de cette distinction continentale.
Cette absence a suscité incompréhension, colère et sentiment d’injustice chez de nombreux supporters et observateurs du football. Dans une année où le Syli National est absent de la CAN, cette non-reconnaissance individuelle a renforcé l’impression d’un football guinéen relégué au second plan sur la scène africaine. Plus qu’un simple fait protocolaire, l’absence de Guirassy aux CAF Awards est devenue le symbole d’une saison où la Guinée a souvent regardé l’histoire s’écrire sans elle.
Infrastructures sportives : des chantiers lancés, mais toujours pas livrés
L’année 2025 a également mis en lumière le déficit criant d’infrastructures sportives. Les travaux de rénovation des deux principaux stades du pays — le stade du 28 Septembre de Dixinn et le stade Général Lansana Conté de Nongo — ont bien été lancés, mais leur lenteur d’exécution continue de peser lourdement sur le sport national.
Conséquence directe : faute de stades homologués, le Syli National a disputé l’ensemble de ses rencontres éliminatoires de la CAN, de la Coupe du monde ainsi que ses matchs amicaux à l’extérieur, notamment au Maroc et en Côte d’Ivoire. Une situation aussi coûteuse que humiliante pour un pays comme la Guinée.
Basketball : un retour attendu et porteur d’espoir
Dans ce contexte morose, le basketball a offert l’un des rares motifs de satisfaction de l’année. Le retour de la Guinée sur la scène continentale, avec sa participation à l’Afrobasket disputé en Angola. Au-delà des résultats, cette présence a symbolisé la volonté de renaissance d’une discipline longtemps absente des grandes compétitions africaines.
Handball : une présence africaine qui s’installe progressivement
Le handball guinéen a poursuivi, en 2025, sa dynamique de participation aux compétitions africaines. Sans faire grand bruit médiatique, la discipline continue de gagner en visibilité et en expérience au niveau continental, posant progressivement les bases d’un développement durable.
Karaté : la Guinée, carrefour du karaté ouest-africain
Autre fait marquant de l’année, l’organisation en Guinée des Championnats d’Afrique de la région ouest 1 de karaté, catégories jeunes et seniors. Six pays de la sous-région ont pris part à cette compétition, transformant Conakry en épicentre du karaté ouest-africain. Une réussite organisationnelle saluée par les participants, qui confirme la capacité du pays à accueillir des événements sportifs régionaux.
Sambo : une première historique et des médailles pour la Guinée
Discipline encore jeune en Guinée, le sambo a néanmoins écrit l’une des plus belles pages sportives de 2025. Pour la première fois de son histoire, le pays a organisé les Championnats d’Afrique de sambo, toutes catégories confondues. Les combats, disputés au gymnase du stade du 28 Septembre et sur le site du Sambo Beach à la plage de Camayenne, ont réuni des athlètes venus de plusieurs nations africaines.
Au-delà de l’organisation réussie, la Guinée s’est distinguée par l’obtention de plusieurs médailles, confirmant le potentiel réel de cette discipline dite « benjamine », mais désormais solidement ancrée dans le paysage sportif national.

Boxe, le bicéphalisme persiste, l’activité résiste
La boxe guinéenne a continué d’évoluer dans un climat de bicéphalisme institutionnel. Malgré une contestation persistante de la gouvernance fédérale, le président de la Fédération est parvenu à organiser des formations pour les arbitres guinéens, ainsi que le Championnat d’Afrique des jeunes de boxe. Des actions qui, bien que limitées, ont permis de maintenir la discipline en activité dans un contexte difficile.
2025, une année révélatrice des maux et des espoirs du sport guinéen
Au final, l’année sportive 2025 aura agi comme un révélateur brutal des faiblesses structurelles du sport guinéen : gouvernance instable, infrastructures défaillantes, football en crise profonde. Mais elle aura aussi montré que, dans certaines disciplines, la Guinée est capable d’organiser, de participer et de briller.
Le défi des années à venir sera de transformer ces rares succès en dynamique durable. Car le talent existe, la passion demeure. Il reste désormais à construire des institutions solides et des infrastructures dignes, pour que le sport guinéen cesse de subir son époque et recommence à écrire son avenir.

