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Kankan: une mineure privée de soins parce que les parents n’avaient pas tous les frais sur place

C’est un nouveau scandale d’abandon de patient sur fond de marchandages qui vient d’éclabousser des médecins et infirmières stagiaires du service Pédiatrie de l’hôpital régional de Kankan. Il est reproché à ces derniers d’avoir ‘’refusé catégoriquement’’ de prodiguer des soins à une mineure sans le paiement préalable des frais de traitement. Les faits remontent à la nuit du samedi 29 au dimanche 30 octobre, selon l’une des plaignantes que nous avons pu rencontrer ce 1er novembre. Ce témoin anonyme a confié ceci à Guinéenews : « ma sœur m’a appelée dans les bandes de 23 heures en disant que sa fille âgée de 14 ans vient de piquer une crise. Nous avons renvoyé l’enfant à la pédiatrie de l’hôpital régional. On y a trouvé des agents de garde qui ont examiné l’enfant et qui nous ont données une ordonnance de 550.000 GNF à payer. Nous n’avions que 200. 000 GNF en notre possession. Je leur ai demandé d’accepter ces 200.000 pour le moment et faire quelque chose pour sauver l’enfant. Ils ont dit qu’ils n’accepteront jamais cet argent tant que les 550 000 GNF ne seront pas au complet.  J’ai rétorqué en les suppliant de faire le nécessaire avec la somme que nous avons en attendant que nous ayant le complément le matin. Ils ont dit qu’il faut 4 injections pour administrer à l’enfant dans l’immédiat et que chaque injection va nous coûter 50.000 GNF. J’ai remis les 200.000 GNF. Mais, la personne qui se chargeait de la vente des produits, a refusé catégoriquement de nous donner les produits. Mon jeune frère qui est venu nous accompagner sur sa moto, est allé jusqu’à placer sa moto en gage jusqu’à ce qu’il apporte le reliquat. Ils ont refusé cela aussi. C’est ainsi que nous aller voir le chef de la garde pour lui faire part de la situation. Malheureusement, celui-ci est resté indifférent devant notre détresse. Désemparée, je leur ai dit de faire tout pour ne pas que l’enfant meurt ici. Sinon, ils vont le regretter amèrement. Malgré tout, ils n’ont pas touché à l’enfant. Il m’a tout simplement demandé de ne pas lui crier dessus. J’ai répliqué en lui disant qu’ils seront tous responsables si jamais l’enfant meurt. C’était aux environs de 2 heures du matin. Une infirmière stagiaire dont j’ai retenu le prénom Rouguy, nous a dit que nous allons beaucoup monter et descendre, qu’on finira par faire comme ils veulent. Nous sommes allés faire le tour des pharmacies, on n’a pas trouvé les médicaments. Au retour, le chef de la garde nous a dit que c’est ce qu’il voulait. Et d’ajouter qu’ils n’ont pas de produits pour nous. Jusqu’au petit matin l’enfant est resté dans cette situation agonisante.  Au petit matin, les infirmiers qui ont pris le relais, sont venus nous trouver. Eux aussi ont fait preuve d’indifférence à notre égard.  En sortant je leur ai alerté que mon enfant n’avait reçu aucun soin depuis la nuit. Personne ne m’a répondu. C’est en ce moment que j’ai compris que si nous restons, l’enfant finira par mourir. Donc, son père qui était là, est arrivé. On a dû mettre l’enfant au dos pour aller dans une structure de santé de la place où travaille un des amis de mon mari. Ce dernier dès qu’il nous a vus, a couru pour nous accueillir. Il s’est bien occupé de l’enfant sans nous demander au préalable un seul franc… Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à de telle situation. Les pharmacies non agréées ont été fermées pour lutter contre l’automédication. Pratiquement quand il se fait tard dans la nuit, on a plus de repère si ce n’est l’hôpital régional. Cet hôpital est notre seul recours. On peut y mourir si on n’a pas d’argent. Si les autorités pouvaient voir ce côté, ce serait mieux. Car, c’est Dieu seul qui a épargné la vie de notre fille. »

Par ailleurs, joint au téléphone le premier responsable de l’hôpital régional de Kankan, Dr Faremba Condé, a déclaré n’être pas au courant de cette affaire.

Un peu plus tôt, son adjoint, Dr. Demba Mara nous a aussi confié ne pas être au courant de cette situation mais a tout de même fait savoir que si ces allégations s’avèrent, ces agents auront donc agi en désaccord avec les principes en vigueur dans leur établissement sanitaire. Parce que, a-t-il rappelé, ce sont les soins d’abord avant de facturer.

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