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Justice: le tribunal de Faranah squatte les locaux du parti PDG, malgré des milliards de fg investis

Les images de l’infrastructure parlent elles-mêmes.  Un local privé en ruine. Le constat est triste. Mur lézardé, plafond troué, bureaux rétrécis, telle est l’image qu’offre à tout visiteur cet édifice qui sert de tribunal de première instance de Faranah, la ville du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré.

Après plus de 60 ans de souveraineté nationale, le manque criard d’infrastructures judiciaires reste toujours une plaie incurable de certaines villes de la Guinée. Dans les centres urbains et ruraux du pays, certains services publics manquent cruellement d’infrastructures de qualité pour les abriter et, celles qui existent sont mal entretenues.

Comme d’autres bâtiments publics de la ville, ce local qui abrite le tribunal de première instance de Faranah depuis 2010, appartient à la famille de feu président Ahmed Sékou Touré. Un local qui est tout aujourd’hui sauf un bon cadre de travail.

Pire encore, la plaque du parti politique PDG-RDA fixée au niveau du portail à la rentrée, surplombe la cour où loge le tribunal à tel point qu’on se demande où se trouve le local de la justice.

Chose qui est incompatible avec une institution judiciaire. Cela va sans dire que ces images qui confirment la vétusté de ce local ne reflètent pas de nos jours, l’image du tribunal d’un chef-lieu d’une région administrative.

C’est pourquoi, les travailleurs du tribunal et les militants du PDG RDA, chacun, courtise ce local. Un local inapproprié pour un tribunal où à partir de 12 heures. Car, la chaleur empêche-presque- les travailleurs d’exercer convenablment leurs activités. Parfois, ils se refugient sous les arbres entre les cancrelats, lézards, crapauds et insectes de tout genre.

Aujourd’hui, les murs de ce bâtiment sont délabrés, pas de couches de peinture, les plafonds sont éventrés par endroit, les fenêtres de la salle d’audience grillagées ne se ferment plus. Il n’y a pas de salle d’attente dans ce tribunal. On voit des herbes sortant des murs.

Dans la salle d’audience, il n’y a de plafond. Il n’y a que 16 bancs de 4 places et 2 bancs pour les accuser. Partout dans ce local, il n’est pas rare de croiser les cafards.

Faute de locaux, l’on voit plusieurs magistrats se partager un bureau, et les justiciables attendent souvent dehors dans la cour avec tous les risques liés à ça.  Les scellés, pièces à conviction sont conservés dans de mauvaises conditions, voir entassés. Certains scellés sont même exposés à la véranda.

Dans ce tribunal, il n’y a qu’une seule petite toilette publique sans toit dégageant des odeurs nauséabondes. En plus d’être délabré, le local du tribunal est réclamé par la famille du feu président Ahmed Sékou Touré. Une épine de plus dans les pieds des responsables de ce tribunal de première instance de Faranah.

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Devant cet état de fait, le substitut du procureur de la république près le tribunal de première instance de Faranah, Mohamed Aly Condé, lance un cri de coeur aux nouvelles autorités de la transition et singulièrement au Garde des Sceaux, Alphnonse Charles Wright : “Il y a de cela plus d’une décennie que le tribunal est logé à l’annexe de la villa Syli. Et ce qui est encore beaucoup plus préoccupant au sein de cette villa, il y a le siège d’un parti politique qui est le PDG-RDA. Nous nous sommes une institution. Le pouvoir judiciaire ne doit pas cohabiter dans la même enceinte qu’un parti politique. Ce qui n’est pas normal. Et l’appel que je pourrais lancer aux nouvelles autorités et plus précisément à notre dynamique ministre de la Justice c’est de bien vouloir nous aider à ce que le chantier qui est en cours puisse reprendre”.

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