Dernières Nouvelles de la Guinée par les Guinéens

 » Je serai médecin pour sauver des vies  » Aissatou, 18 ans

« J’étais triste de rester à la maison pendant que mes amies allaient à l’école. Avant d’avoir ma bourse, je pouvais rester plusieurs jours sans pouvoir aller à l’école. J’étais obligée d’aider ma mère à vendre du pain au port pour payer mes fournitures scolaires et le transport pour me rendre au collège. Malgré ces efforts, nous n’arrivions pas à acheter toutes les fournitures, ni à payer mon transport aller-retour. Je venais parfois à pied et j’arrivais donc souvent en retard à l’école, car la distance est longue. Je voyais mon rêve d’étudier se briser petit à petit », explique Aissatou, 18 ans.

Aissatou habite le quartier du port de la Commune de Convergence de Koba. Elle est scolarisée en classe de 9ᵉ année au collège Tatema qui est situé à 5 kilomètres de sa maison. Pour rejoindre son école, Aissatou devait souvent parcourir ces kilomètres à pied faute de moyen pour payer les 10 000 GNF (environ 1,15 $ USD) nécessaires par jour pour les services d’un taxi moto. Malgré sa volonté d’étudier, Aissatou s’absentait donc souvent.

Cette situation était difficile à assumer pour la maman d’Aissatou qui s’inquiétait pour l’avenir de sa fille. Kadiatou, mère de 6 enfants, est vendeuse de pain au port de Koba. Ce petit commerce, dont les bénéfices varient entre 50 000 GNF (environ 5,70 $ USD) et 80 000 GNF (environ 9,14 $ USD) par jour est l’unique source de revenu de la famille. Kadiatou peine à subvenir seule aux besoins de ses 6 enfants. « Je vends du pain toute la journée et malgré cela, nous manquons de tout. Je ne parviens pas à faire face aux dépenses liées à mes six enfants. Deux de mes filles ont dû abandonner leurs études, car les moyens ne me permettaient pas de payer leurs frais de scolarité. Aujourd’hui, elles sont mariées et n’ont pas de métier. Je ne souhaite pas que cela se reproduise. Je veux que ma fille Aissatou termine ses études pour être indépendante avant de se marier ».

Avec sa situation familiale, Aissatou a pu bénéficier d’une bourse pour sa scolarisation, grâce au Fonds Américain pour l’UNICEF. La ville de Koba fait partie des communes de convergence ciblées pour que certains enfants défavorisés puissent bénéficier de bourses scolaires.

Aissatou est bénéficiaire d'une bourse scolaire financée par le Fonds Américain pour l'UNICEF.
UNICEF/ Guinea/ Camara
Aissatou est bénéficiaire d’une bourse scolaire financée par le Fonds Américain pour l’UNICEF.

Aissatou reçoit une aide financière de 125 $ USD par année scolaire. Cette bourse est attribuée aux enfants orphelins ou issus de familles vulnérables vivant dans une commune de convergence et admis à l’examen d’entrée en classe de 7e année (CEE). Cette prise en charge est accordée pour quatre années scolaires et nécessite un engagement signé des parents ou du tuteur pour accompagner l’enfant dans sa scolarité.

« Maintenant, je suis régulière à l’école, je ne viens plus en retard. J’ai le temps de faire mes devoirs, de réviser et d’aller à l’école coranique. J’aide ma mère pour la vente du pain seulement le week-end. Mes notes ont progressivement augmenté. Mon objectif : je serai médecin pour sauver des vies », précise Aissatou, rassurée et motivée pour étudier.

vous pourriez aussi aimer
commentaires
Loading...