
Le rideau est tombé sur la Transition. Ce jeudi 22 janvier 2026, dans un geste de pure orthodoxie républicaine, le Premier ministre Amadou Oury Bah a remis la démission de son gouvernement au président Mamadi Doumbouya. Cinq jours après une investiture en grande pompe, le Palais Mohammed V s’apprête à tourner une page historique : celle de l’exceptionnel pour celle du mandat septennal. Mais au-delà du protocole, une question brûle toutes les lèvres : s’agit-il d’un simple ravalement de façade ou d’une véritable refondation ?
L’enjeu de la rupture : Changer les hommes ou les titres ?
Jusqu’ici, les ministres étaient des gestionnaires de transition, des « techniciens de l’urgence » naviguant à vue dans les eaux troubles d’un régime d’exception. Aujourd’hui, la légitimité issue des urnes (86 % des voix) impose une nouvelle donne. Le président Doumbouya ne peut plus se contenter de reconduire la même équipe sous une appellation différente. Le peuple, qui a massivement validé cette Cinquième République, attend des visages qui incarnent ce « nouveau chapitre ». La rupture ne doit pas être que sémantique ; elle doit être organique.
Le profil du Premier ministre : Le dilemme du chef ?
Le choix du successeur de Bah Oury sera le premier signal fort du septennat. Deux écoles s’affrontent dans les coulisses du pouvoir :
L’option politique : Après une campagne intense, la tentation est grande de nommer un « animal politique » capable de verrouiller la base électorale et de gérer les équilibres régionaux. Un profil capable de transformer l’adhésion électorale en une stabilité durable.
L’option technocratique : À l’heure où les méga-projets comme Simandou entrent dans leur phase critique, la Guinée a besoin d’un chef d’orchestre économique. Un profil rigoureux, tourné vers les résultats et les investissements étrangers, pour transformer les promesses de prospérité en réalité concrète pour le panier de la ménagère.
En acceptant cette démission, Mamadi Doumbouya s’est offert une page blanche. Reste à savoir s’il y écrira le nom d’un politique pour consolider son pouvoir, ou celui d’un bâtisseur pour construire son héritage.

