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Guinée : Les vieux réflexes ont la vie dure

A quelques heures de la date butoir du dépôt des listes de candidature au Conseil national de la transition (CNT), les partis politiques peinent à parler d’une même voix. Englués qu’ils sont dans un nombrilisme, qui risque de les confiner dans les seconds rôles, durant cette transition en cours.

La répartition des 15 places entre les différents partis semble tourner en foire d’empoigne. L’inter coalition vient en effet de voler en éclat, avec le retrait de Mamadou Sylla et les cinq prétendues coalitions de partis, réunies sous sa coupole.

Pour justifier leur coup d’éclat, ces coalitions se sont fendues d’un communiqué samedi, en récusant Dr Ousmane Doré, le médiateur pour « l’unité d’action » de la classe politique, dans la perspective de la désignation des représentants des partis au CNT.

Tout en relevant au passage plusieurs « manquements dans l’organisation et le déroulé de ladite rencontre », selon elles.

Au nombre de ces manquements, l’inter coalition cite entre autres la violation du sceau du secret sous lequel la rencontre devait se tenir. A savoir, dans un huis clos, loin de tous les regards indiscrets. Ainsi que le quota de deux membres par coalition politique, comme représentants à cette réunion.

Last but not least, le choix porté sur Facély II Mara pour présider et faciliter la séance.

Tout ça aurait été passé par pertes et profits par le méfait de Mister Doré, président du parti MND et membre de la COPED. Que Sylla et ses alliés prennent pour un usurpateur de titre. Car disent-ils, le fait d’avoir facilité la première rencontre entre les coalitions, en compagnie de Dr Makalé Traoré, présidente du PACT, ne saurait faire de Ousmane Doré, médiateur, de facto.

L’accusant dans la foulée de vouloir « être juge et partie » et de violation des clauses régissant ces pourparlers inter partis.

L’ICP qui voudrait se donner le beau rôle dans cette épreuve de force, se dit toutefois « ouverte et disponible à toutes les formes de discussions, allant dans le sens de l’unité d’action de la classe politique, afin qu’elle devienne un interlocuteur incontournable des nouvelles autorités du pays et durant tout le processus de la transition ».

Dr Ousmane Doré, pour sa part, loin de se laisser démonter par ce que certains observateurs qualifient de fuite en avant du clan de Mamadou Sylla, botte en touche. Et affirme que la mission à lui assignée, est au-dessus des considérations subjectives. Voire une simple querelle de chapelles.

Dans cette course contre la montre, vu que nous ne sommes plus qu’à quelques heures de la clôture du dépôt des listes de candidature pour les strapontins du CNT, prévue ce 22 novembre, il y a lieu de se demander si les partis ne pourraient pas concocter leurs listes, de manière disparate. Quand on sait que le PUP s’est déjà inscrit, lui, dans cette démarche en solitaire.  A contrario, le MATD prendrait ses responsabilités.

C’est le lieu de dire que ceux qui avaient cru à tort que nos acteurs politiques allaient profiter de cet appel d’air de la junte, pour emboucher la même trompette, histoire de contribuer au processus de transition de manière intelligible, pourraient déchanter. Car comme les philosophes, nos politiques « ne sont d’accord que sur leur désaccord ».

Cette nouvelle polémique autour des 15 postes commissaires vient de démontrer encore une fois, que les vieux réflexes ont la vie dure dans le landerneau. Et que contrairement aux fausses apparences, les rapports entre ces coalitions demeurent orageux au possible.

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