Justice : les audiences criminelles du TPI de Pita reprennent après près de deux ans d’interruption

L’attention des populations de Pita était largement tournée ce lundi 20 avril 2026 vers le palais de justice. La raison, la reprise des audiences criminelles, après près de deux années d’interruption.
Dès 9 heures, autorités administratives et communales, acteurs judiciaires et nombreux citoyens ont pris part à l’ouverture des audiences, sous un important dispositif sécuritaire marqué par une forte présence des forces de défense et de sécurité, notamment des gendarmes.
Interrogé par notre rédaction, le substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Pita, Lamine Touré, a souligné l’importance de cette reprise.
« Effectivement, c’est la reprise des audiences criminelles ici au Tribunal de première instance de Pita, après pratiquement deux années d’interruption. Les dossiers inscrits au rôle ne sont pas anodins. Ils concernent parmi les crimes les plus graves que l’on puisse imaginer : assassinats, meurtres, viols et séquestrations. Ce sont des affaires qui ont fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses interrogations au sein de la population. Certains se demandaient si la justice allait apporter une réponse à ces crimes. Aujourd’hui, nous y sommes, et cette réponse pénale et judiciaire sera apportée afin que de telles atrocités ne se reproduisent plus dans la préfecture de Pita », a-t-il déclaré.
Évoquant les mesures prises pour garantir le bon déroulement des audiences, le magistrat a mis en avant le dispositif sécuritaire déployé.
« Depuis ce matin, vous constatez un dispositif impressionnant des forces de police et de la gendarmerie, destiné à prévenir tout trouble et à permettre aux magistrats de travailler dans la sérénité. Certes, Pita traîne parfois une réputation de ville violente, mais la violence naît souvent du sentiment d’injustice. Si ce sentiment de justice se répand au sein de la population, comme cela a été démontré lors de cette ouverture, chacun se pliera à la justice », a-t-il ajouté.
Cette reprise des audiences a été saluée par de nombreux citoyens, notamment des victimes qui attendaient depuis plusieurs années l’examen de leurs dossiers.
Parmi les affaires examinées figure celle de Mohamed Bah, poursuivi pour l’assassinat du jeune Thierno Ibrahima Bah, âgé de trois ans, à Wayan Boussoura, dans la sous-préfecture de Bourouwal Tappé. Déclaré coupable, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec 30 de sûreté.
En revanche, le dossier de séquestration et viol impliquant Alhassane Bah, poursuivi pour des faits présumés sur Oumou Hawa Diallo, a été renvoyé au 21 avril 2026, en raison de l’absence de la partie civile.
À noter également la présence de Me Amadou Oury Diallo, avocat au barreau de Guinée, qui s’est porté volontaire pour assurer gratuitement la défense des prévenus. Une démarche qu’il justifie par sa volonté, selon ses propres termes, de « ne pas voir un innocent condamné ».
