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Fronde sur la hausse des prix du transport : et si l’Etat s’évitait le chantage de… simples chauffeurs

Il n’est pas aisé de prétendre réussir une parfaite analyse de cette situation qui focalise aujourd’hui l’actualité en matière de circulation routière, chez nous. Pour parler de cet important sujet, il faut avoir réuni toutes les données y afférent. Et celles-ci connaissent une dynamique variable.

Chaque jour qui passe, nous donne l’espoir qu’une solution est sur le point d’être trouvée. Quand hélas, on se retrouve encore avec rien de bien concret et sûr. Du moins, pour l’instant !

Mais ce handicap, loin de nous limiter, nous conduit à décrypter les soubresauts que continue de connaître la circulation routière, depuis l’augmentation du prix du carburant à la pompe.

On sait qu’après cette opération que tout le monde s’imaginait très sensible et difficile à mener, un réajustement des tarifs de transport a été annoncé. Ce qui s’ajoutait à d’autres mesures d’accompagnement initiées par les autorités pour soulager, un tant soit peu les citoyens, dans leurs déplacements.

Cette opération, au grand étonnement de tous, n’est pas passée comme lettre à la poste. Loin de là ! Elle a plutôt enregistré ici et là, des vagues de réprobations et de résistances, d’une intensité inattendue, que jamais, nous n’avions connues auparavant, lors des précédentes augmentations du prix du carburant, opérées dans le pays.

Et ce qui a rendu la situation encore plus difficile, c’est la rupture de fait constatée entre la plupart des chauffeurs et leurs responsables et patrons des divers syndicats et de l’union des transporteurs routiers. Et comme si cela ne suffisait pas, les mêmes chauffeurs se livrent à une forme de chantage, à peine voilé. Ils refusent d’obtempérer à la sommation qui leur est faite de respecter le réajustement des prix du transport fixé par l’Etat, en accord avec leurs représentants de la faîtière des transports. Ils narguent tout le monde, convaincus que les autorités n’ont aucun réplique ou alternative à leur opposer.

Nous sommes donc en face d’un quasi blocage de la circulation que les nombreuses démarches entreprises jusque-là n’ont pu dénouer. Des négociations sont engagées à divers niveaux, qui n’ont pas encore produit l’effet attendu.

Dans le processus de règlement de cette crise, nous n’avons pas la prétention de proposer des solutions. D’éminents cadres sont là, dont c’est la mission. Ils sont bien avertis et qualifiés pour élaborer une prospective de développement. L’Etat est une puissance à nulle autre pareille. Il dispose de tous les moyens imaginables pour s’informer et bien agir.

A ce jour, le nombre de variantes dont il dispose pour combler le manque à gagner en matière de transports urbain et interurbain, est très infime. Nous n’évoquerons aucun chiffre. Dans ce cas de figure, nous allons plutôt faire recours au Si, bien connu de tous et avec lequel, dit-on souvent, on peut tout faire.

S’il y avait suffisamment de bus pour le transport de passagers, toutes destinations confondues, ce que l’état est bien capable de s’offrir ; si le train express était en circulation ; si d’autres mesures complémentaires comme les bateaux bus annoncés, étaient là…

On n’en serait pas là aujourd’hui ! L’Etat aurait offert des moyens suffisants, à même de concurrencer le secteur privé et celui-ci n’aurait eu d’autre choix que de se soumettre au tarif fixé.

Bien entendu, on rétorquera sans attendre que notre économie se fonde sur le système libéral et que celui-ci commande que l’Etat ne se substitue pas, en tous domaines, au secteur privé. Ce qui est vrai en soi.

Mais, il ne faut pas oublier qu’il y a des domaines de souveraineté dans lesquels se loge en bonne place, le transport de passagers. Un sujet au caractère éminemment social, donc très sensible.

L’Etat doit nécessairement s’y investir pour s’épargner des remous sociaux qui ne manquent pas de se produire, quand les populations sont confrontées à un manque total de moyens de déplacement.

De même, cela met fin aux quolibets décochés à la face des clients par de simples chauffeurs qui claironnent à haute voix : « mon prix, c’est deux mille francs. Si tu n’es pas content, attends le bus ». Ils le disent pour narguer et choquer, sachant bien que le bus est rare à trouver.

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