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Fonction publique : un air de bateau ivre (Éditorial)

La démission fracassante de l’Honorable Moustapha Diané de son poste de conseiller juridique au Secrétariat général du gouvernement, a été ressentie comme un effet boule de neige au niveau du ministère des Mines et de la géologie, où le conseiller principal du ministre, un certain M. Dia a aussi jeté l’éponge. Des démissions en « cascades » qui sont venues en rajouter à l’affaire de l’arrêté controversé du ministre de la Fonction Publique, Julien Yombouno. Accusé par une certaine opinion de pratiques népotiques et régionalistes, dans le cadre de la récente nomination des Directeurs des ressources humaines (DRH). Tout ça fait désordre, en ce sens qu’on se croirait dans un bateau ivre.

L’atmosphère serait viciée au sein de l’administration publique. C’est ce qui justifierait ces démissions de ces commis de l’État, qui auraient de plus en plus le vague à l’âme. A cause de leurs conditions de vie et de travail qui ne seraient pas enviables.

Au-delà de l’incompatibilité d’humeur qui justifieraient à première vue ces départs en « cascades », le nœud du problème serait la gestion au cordeau des ressources financières imprimée par la junte.

En clair l’argent ne coule plus à flot comme de par le passé. Même le paiement des primes de carburant et autres émoluments serait fait de façon parcimonieuse. Avec du retard.

De quoi affecter le moral des troupes de l’administration publique, dont le personnel a de plus en plus le vague à l’âme.

Moustapha Diané dans sa lettre de démission en date du 09 janvier 2023 déplore amèrement ce qu’il considère comme un manque d’égards à l’endroit de ceux qui cravachent dur pour permettre à l’appareil étatique de garder le cap.

Cet ancien député de la majorité présidentielle profite d’ailleurs de sa missive pour flétrir certains comportements, qui friseraient l’indélicatesse, en termes de gestion. Comme pour dire que le discours de la junte relatif à une rupture avec les vieilles habitudes basées sur la course effrénée à l’enrichissement illicite serait loin de la réalité.

Ce qui serait révélateur de la survie des forces centrifuges. Le colonel Mamadi Doumbouya en est plus conscient que quiconque. Pour avoir déploré lors du dernier Conseil des ministres, la présence au sein même de son entourage d’éléments hostiles au changement.

Ce mea culpa a fait l’effet d’une bombe au sein du landerneau. Et on s’attend dorénavant à ce qu’il puisse apporter le remède approprié contre le mal qui gangrène notre administration. Étant le mieux placé pour accomplir une telle tâche.

D’autant que le lot des mécontents ne cesse de grossir au fil des jours. L’affaire de l’arrêté du ministre de la Fonction publique portant nomination des DRH en est une autre illustration.

Car nombreux sont les observateurs qui reprochent à M. Julien Yombouno d’avoir fait la part belle à une seule région dans les choix opérés dans le cadre de cet arrêté.

Sa région d’origine bien entendu. De quoi raviver de vieilles rengaines, dans un pays où l’ethnicisme demeure une plaie béante.

Il serait donc grand temps pour le président de la transition de remettre les choses à l’endroit, avant que la situation n’échappe à son contrôle. Ce qui ne serait heureusement pas le cas pour le moment.

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