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Fermeture des pharmacies non agrées à Conakry : des citoyens donnent leurs avis

C’est l’une des décisions de l’actuel qui fait assez de polémiques depuis son entrée en vigueur ce 15 septembre 2022. La décision du procureur de la Cour de la répression des infractions économiques et financières (Crief) de procéder à la fermeture de toutes les pharmacies non agréées sans à l’aval prendre des dispositions divise l’opinion publique.

Guineenews est allé à la rencontre de certains citoyens qui ont donné leurs points de vue. L’inquiétude des vendeurs et des citoyens est grande.

Bea est un pharmacien non agréé. Il dit être furieux contre cette décision : « c’est vrai que je n’ai pas de diplôme de médecin ni de permis pour vendre des médicaments.  Mais depuis plus de 12 ans, je suis dans ce métier. Et il n’y a eu aucun problème jusqu’ici. Je nourris ma famille de mon activité. Je ne sais rien faire d’autre comme vous le constatez. Je suis ici devant ma boutique avec mes produits mais sans les exposer par peur de me créer des problèmes.

Depuis 12ans maintenant c’est la première fois que je sors de chez moi dans l’optique de travailler sans le faire réellement.

A vrai dire, je ne sais pas quoi faire, arrêter tout d’un coup, c’est inacceptable« , martèle-t-il.

Sur la même question, Ibrahima Diallo se dit satisfait de cette décision : « pour commencer, j’ignorais qu’une telle décision avait été prise. Sur ce, je ne peux qu’exprimer ma joie et ma reconnaissance. Je n’ai rien contre les vendeurs de ces médicaments par terre mais c’était la meilleure décision à prendre pour l’avancement du pays.

Moi, je suis un peu sorti de la Guinée. Je vous rassure que  la vente des médicaments non prescrits est formellement interdit.  Je n’ai pas dit que ça ne se fait pas mais ceux qui le font, le font clandestinement et ceux-ci sont souvent des criminels et des trafiquants.

Contrairement aux autres pays, ici on peut acheter les produits dans les pharmacies sans ordonnance.

S’il y a quelque chose que je peux suggérer au gouvernement dans la prise de cette décision, il faut qu’ils aillent loin dans cette affaire, c’est-à-dire interdire la vente des médicaments sans ordonnance« .

Pour sa part, une dame, bébé au dos, rencontrée à Kagbélin, désapprouve cette décision qu’elle qualifie d’égoïste : « c’est méchant.  Comment est-ce qu’ils peuvent prendre une telle décision ? En tant que nourrice, j’ai plus que jamais besoin de médicaments.  Les prix des produits dans les pharmacies coûtent très cher.

La dernière fois j’ai été à la pharmacie pour acheter du sirop pour bébé contre la toux, le pharmacien m’a dit 57 000 GNF pour ce sirop.  Quand j’ai demandé le même sirop dans le quartier, ils m’ont demandé 25 000 GNF. Vous voyez un peu la différence ?

Pourtant, ils ont la même utilité et ils s’approvisionnent tous à Madina. Si ce n’est pas de la méchanceté,  pourquoi donc cette différence de prix ? Il faut que ça s’arrête. S‘ils pensent prendre une telle décision et doivent en même temps revoir les prix des médicaments dans les pharmacies. Même une couche pour bébé coûte cher en pharmacie. Pourtant c’est la même chose« , dénonce-t-elle.

Magnanfing Doré

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