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Exilés de la Covid-19: ces familles qui fuient la pandémie en Europe pour se réfugier en Guinée

Apeurés, beaucoup de nos compatriotes vivant en Europe fuient actuellement la pandémie pour venir se réfugier  au pays. On les appelle les exilés de la Covid-19. Certains parmi eux évoquent les vacances et le renouvellement de leurs papiers comme motifs de leur retour au bercail. La pandémie de Covid-19 s’est répandue sur la planète comme une traînée de poudre, contraignant les gouvernements du monde entier, à tour de rôle, à décréter des mesures de confinement de la population, afin de contenir au maximum la propagation du virus SARS-coV-2, responsable d’une maladie qui sème la panique et fragilise encore plus les démunis.

Depuis l’entrée en vigueur de la décision prise par les autorités européennes de placer les pays entier en confinement pendant  des mois, on assiste à  de véritables scènes d’exode, impliquant des dizaines de milliers de familles guinéennes vivant dans ces pays.

L’Afrique ou du moins la Guinée est-elle devenue un endroit idéal pour se mettre à l’abri ?

Aminata Koumbassa,  37 ans, vient de rentrer de Milan en Italie et vit chez  ses parents au quartier Gbessia-Béhanzin avec ses trois enfants après avoir perdu son emploi pour cause de Covid-19 qui y sévit.  « J’ai perdu mon emploi et je n’avais pas d’argent. Mon mari aussi était mis en congé technique. Nous n’avons pas les moyens suffisants pour faire face à toutes les charges. On ne pouvait pas sortir de la maison non plus. C’était de la prison. Je vous apprends que la situation est invivable en Europe ces temps-ci. On n’y vit pas…Nous avons alors décidé de revenir  au pays non seulement pour se mettre à l’abri de la Covid-19 mais aussi alléger la tâche à mon époux. Nous repartirons en Italie quand la tempête va passer. Pour l’heure j’ai inscrit les enfants dans une école privée de la place. Je suis chez mes parents pour passer du temps avec mes enfants. C’est mieux ainsi« , se rassure la Guinéo-Italienne, Aminata K..

La pandémie a aggravé les problèmes en Europe en perturbant notamment l’emploi. «Les restrictions imposées par la pandémie COVID-19 et la fermeture des frontières par certains pays ont perturbé beaucoup d’emplois. Du coup les gens qui ont des emplois précaires se sont retrouvés dans la rue. Là encore, il leur a été demandé de déserter les rues  et d’arrêter de squatter sous les ponts et dans les voitures… Où aller donc ? Mieux vaut revenir chez soi en attendant la fin de la maladie ! Ces Africains qui subissent ces multiples chocs et qui ne bénéficient d’une protection sociale n’ont autre choix que de revenir en Afrique », renchérit  Mohamed Sall, qui a déposé sa famille au village à Télimélé.

Quant à Mory Kaba, dit le Parisien, mieux vaut pour le moment rester en Afrique que de vivre en occident. Pour ce « vieux Parisien », vivre aujourd’hui en France est synonyme de prison. Pas de sortie, aucun contact, pas de course « On vit cloîtré entre les quatre murs. Tu regardes la ville à travers le balcon ou les fenêtres. Pis, tu ne peux pas déclarer une petite toux ou une grippe à un médecin. On se cache pour éternuer. C’est vraiment étouffant, la vie qu’on mène actuellement en Europe. Les gens ne meurent pas seulement dans les hôpitaux, c’est pas croyable ! Ça fait vraiment peur. Depuis que je suis arrivé à Conakry, je me sens à l’aise. Ce n’est pas la même atmosphère », dira M. Kaba.

Ce mode de vie décrit par Mory Kaba, c’est le même cas vécu par Abdoulaye Cissé, étudiant à Rouen, en France qui est actuellement  en séjour à Conakry.  En cette période de coronavirus, ça n’a pas été facile pour lui. Confiné seul à l’intérieur d’une petite chambre perdue dans une ville française. Loin de sa famille et peu argentée, la situation a été plus compliquée pour lui. « Je suis arrivé en France(plus précisément à Rouen)  l’année  dernière pendant la rentrée universitaire. Je ne m’attendais pas à une telle situation ! », raconte Abdoulaye, étudiant. Une situation évidemment aggravée par le confinement lié au coronavirus. Le jeune homme s’est retrouvé « seul dans les 9m² » de sa chambre de cité universitaire et il n’a « pas beaucoup d’amis pour (lui) remonter le moral ».

Abdoulaye avait une grande crainte : celle de tomber malade. « On ne sait pas ce que l’on risquait. J’avais peur de sortir pour aller faire mes courses d’autant que je n’avais ni gant, ni masque. Je ne savais pas si les produits que je touchais dans le magasin étaient infectés par le virus. Pour me nourrir, cela devenait compliqué. Alors, je mangeais avec modération. » Fatigué de vivre sur les réserves qu’il avait constituées juste après l’annonce du confinement, très stressé, surtout qu’il n’a pas de médecin traitant, il a jugé utile de rentrer en Guinée. Dans ce contexte, Abdoulaye explique qu’il « n’arrivait plus à se concentrer » sur ses études.« J’essayais de passer le temps avec mon téléphone  et en me connectant à internet », ce qui lui permet de rester en contact avec sa famille, laquelle s’inquiète pour lui. Mais pour celle-ci, il est difficile d’aider le jeune homme à distance.

Ne pouvant pas tenir, le jeune étudiant séjourne depuis début décembre à Conakry dans sa famille à Bonfi-marché.

 Assiste-t-on à un exode d’un nouveau genre ? En tout cas, ça a tout l’air. Hier continent de tous les maux du globe terrestre, l’Afrique est aujourd’hui la destination prisée de beaucoup de personnes. Étant le continent le moins touché pour l’heure par l’épidémie, ils sont nombreux, ceux qui fuient le virus pour s’y rendre sous couvert de vacances et du rétablissement des nouveaux documents de voyage pour les compatriotes et du tourisme pour plusieurs européens.

Retenons par ailleurs que cette situation qui prévaut actuellement en occident est loin de faire l’affaire des compagnies de transport et des agences de voyage. Loin s’en faut.

Selon des informations reçues  auprès de ceux qui sont revenus au pays, beaucoup de Guinéens attendent du côté de Londres pour revenir à Conakry, en attendant la fin de la pandémie.

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