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Encore un braquage routier : une litanie de drames qui s’estompent mais ne disparaissent pas

Encore cette fois, on a cru, hélas, naïvement, à la fin des attaques à main armée sur nos routes. En effet, pendant un certain temps, une accalmie a été observée, notamment sur le trajet Labé-Conakry.

Coïncidence ou pas, cela faisait suite à l’entretien de monsieur le Gouverneur de la région de Labé avec les syndicats des chauffeurs et mécanique générale. Lesquels, excédés et traumatisés par les nombreuses agressions subies sur la route pendant l’année 2022 écoulée (46 attaques au total), avaient sollicité son appui pour apaiser leurs inquiétudes et restaurer leur sécurité.

Effectivement, depuis cette rencontre, les agressions ont pratiquement cessé sur les trajets Labé-Kankan et Labé-Conakry, qui passaient pour être les plus dangereux avec les nombreux morts, blessés, dégâts matériels et pillages en règle qu’ils ont coûtés aux paisibles voyageurs.

Mais, hélas, cette accalmie saluée et encouragée par tous, n’a été que de courte durée. Pour tout dire, ce n’était qu’une simple pause. Le temps pour les braqueurs de mystifier et endormir la vigilance de tout le monde. Ils ont sans doute voulu faire croire que le calme et la sécurité, longtemps espérés sur nos routes, sont de retour. En réalité, ce n’était qu’un leurre et les mauvaises habitudes qu’on croyait dans le rétroviseur, n’ont pas tardé à refaire surface.

C’est ainsi qu’au petit matin du vendredi 20 janvier, le groupement de gendarmerie routière de Mamou a été alerté de la survenue d’un braquage à main armée contre des passagers d’un taxi Renault 21, en provenance de Labé pour Conakry.

L’attaque a eu lieu au secteur Sakoya du district de Tamagaly, dans la sous-préfecture de Konkouré, au PK 22 de Mamou vers Kindia. C’était aux alentours de 4h. Fort heureusement, on n’a pas déploré de mort, ni de blessé. Par contre, les passagers ont été entièrement dépouillés.

Aussitôt informé, le commandant du groupement de gendarmerie routière a dépêché une mission d’intervention et de sécurité sur les lieux. Les passagers déclarent que les bandits ont dérouté leur taxi vers un endroit isolé, en pleine brousse. C’est alors qu’ils les ont sommés de sortir du véhicule pour subir une fouille en règle. Ils les ont délestés de plus de 25 millions de nos francs et trois téléphones.

Aux dires des passagers, les malfaiteurs se sentaient sûrs d’eux pendant qu’ils accomplissaient leur sale besogne. Est-ce peut-être à cause de l’endroit choisi qui est assez isolé de la route nationale et qui leur conférait, de facto, un total incognito ?

Il faut également ajouter que dans leurs explications, certains passagers ont émis des présomptions à l’encontre de leur chauffeur. Selon eux et sans en donner la preuve formelle, l’innocence totale de celui-ci dans la commission de cet acte crapuleux, leur semble discutable. Ils affirment avoir entendu l’un des malfaiteurs prononcer son nom.

C’est sur ces entrefaites que les gendarmes sont arrivés, avec la détermination et le professionnalisme qu’on leur reconnaît. Ils ont rapidement mis fin au drame que ces malheureux voyageurs ont vécu. Des hommes et des femmes, violentés, traumatisés, en pleine nuit et en pleine brousse par des individus sans foi, ni loi, de surcroît, armés de PMAK.

Les tirs des gendarmes ont fait fuir les bandits. Les uns ont pris l’une des motos ayant servi à la commission du forfait, les autres, se sont enfoncés dans la brousse alentour, abandonnant sur les lieux, la seconde moto que les agents ont saisie. C’est une moto TVS, de couleur noire, non immatriculée, qu’ils disent constituer un élément matériel de l’infraction, à verser au dossier.

Une enquête est ouverte pour identifier son propriétaire et faire la lumière sur les circonstances exactes de cette attaque. Le lieutenant-colonel Djimè Chérif Haidara, commandant du groupement de gendarmerie routière de Mamou a relevé en premier lieu cette mauvaise habitude qui consiste à conduire un engin non immatriculé. Pour lui, l’intérêt que les services de sécurité portent à l’immatriculation correcte et effective de tous les engins roulants est trop grande pour être négligée.  C’est un élément essentiel dans la conduite d’une enquête, surtout après un accident ou un braquage, comme le cas présent. Il ajoutera que les malfaiteurs utilisent toujours des engins (autos ou motos) non immatriculés ou dont ils arrachent les plaques, pour commettre leurs infamies. Comme ça, ils sont sûrs de passer inaperçus et de continuer à nuire impunément aux autres.

Pour finir, le patron du groupement de gendarmerie routière invite les usagers de la route à être toujours vigilants dans la circulation. Il leur demande par ailleurs, d’apporter leur appui constant et sans réserve à la gendarmerie routière, pour lui permettre de lutter efficacement contre toutes les formes d’insécurité en rase campagne.

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