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Education: À Faranah, dans certaines localités, l’école se fait sous la paillote sans table

Par faute d’infrastructures, dans plusieurs villages de la préfecture de Faranah, ville natale du père de l’indépendance guinéenne, les enfants font cours sous une simple paillote. Parfois, il y a des villages qui n’en ont même pas. Notre reporter est allée dans l’une de ces écoles avec des toits qui restent à désirer, et parfois même sans table.
C’est le  cas du secteur de Sawayah, une localité relevant de la commune urbaine. Un village d’un peu près de 2 000 habitants, où plusieurs enfants fréquentent l’école primaire sous une paillote de deux salles de classe sans table, construite par la communauté par amour de la scolarisation de leurs enfants.
Les enseignants qui y enseignent, travaillent dans des conditions précaires sous cette paillotte. On peut voir près d’une vingtaine d’enfants assis côte à côte et serrés sur de petits table-blancs. Pas de forages dans ce village ni enseignants. C’est aux abords des bas-fonds que les citoyens de Sawayah s’abreuvent, ce qui devient de plus en plus difficile en saison pluvieuse. Du coup, on se retrouve dans une salle  quelques élèves, tous niveaux confondus dans ce village.
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Pour sa part, le président de l’association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) de Sawayah, Ibrahima Oularé, explique : << Nous avons construit ce hangar de par nos propres efforts. Et cette année, nous sommes confrontés à une crise d’enseignants. Dans ce cas, nous sommes obligés de recruter des contractuels communautaires. Il a par ailleurs ajouté qu’ils ont la 1ère, la 2ème et la 3ème qui étudient en multigrade et cette année, ils n’ont pas recruté d’élèves par faute d’infrastructures et d’enseignants >>.
De son côté, le président de jeunesse, Mamady Oularé témoigne : << Ici, nous sommes d’abord confrontés au problème d’école et d’enseignants. À part cela, nous n’avons pas de maison des jeunes, ni forages et nos puits tarissent à partir de mars. Ce qui est un calvaire pour nos femmes de trouver l’eau à boire. Nous n’avons pas de route. Malgré le nombre important d’enfants ici quand ils tombent malades, il n’y a pas où les soigner. C’est le même cas pour nos femmes enceintes. >>
Poursuivant, Sira Diawara et Ibrahima Oularé, respectivement présidente des femmes et président de l’APEAE, ont au nom des habitants de Sawayah, lancé un cri de cœur envers les nouvelles autorités du pays. Sira Diawara : « Notre souhait est que nos enfants étudient. Nous avons assez d’enfants qui ont l’âge de la scolarisation. Aidez-nous pour qu’on ait une école de qualité et des enseignants. Ici, c’est un hangar » et Ibrahima Oularé d’ajouter « les autorités du pays nous aident à avoir une école et des enseignants, cela nous fera plaisir car l’analphabétisme est une obscurité »
Dans certains de ces villages de la préfecture de Faranah, ville natale de Sékou Touré, quand il n’y a pas d’enseignants disponibles, les villages font appel à des « enseignants communautaires locaux » qui sont recrutés par les associations des parents d’élèves (APEAE). La plupart de ces enseignants n’ont pas de diplôme d’enseignement. Par ailleurs, ils sont payés directement par les parents d’élèves, ce qui pose problème dans ces villages où les moyens sont limités.
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