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Éditorial : La fin de la justice à sens unique

Le Conseil national du rassemblement pour le développement (CNRD) fait planer l’épée de Damoclès judiciaire au-dessus de la tête des présumés commanditaires et auteurs des tueries d’opposants, perpétrées sous le règne du président Alpha Condé. En réitérant ce samedi, aux familles des victimes, sa ferme volonté de faire toute la lumière sur ces assassinats que le régime déchu, avait couvert d’un voile impudique, la junte se met à rebours des anciennes pratiques qui avaient érigé l’impunité en mode de gouvernance. Au grand dam des faibles. Fini donc toutes ces brimades et exactions, savamment entretenues par une justice à sens unique.

Les familles des victimes, tombées sous l’ère Alpha Condé, peuvent sécher leurs larmes et faire leur deuil. Elles n’ont plus de raison d’avoir du bleu au cœur, avec l’attention soutenue et le soutien nécessaire dont elles pourraient bénéficier de la part de la junte.

Il y a de quoi pavoiser. Puisque le CNRD, contrairement au régime déchu, qui avait repoussé les limites de la malhonnêteté, en attribuant ces tueries à l’opposition, histoire de dédouaner les forces de défense et de sécurité, se garde de toute fuite en avant.

En assumant la responsabilité de l’État guinéen dans ces crimes. Au lieu de se dérober.

La junte fait ainsi sien, ce proverbe qui dit je cite : « Qui épouse la veuve, épouse les dettes ».

Raison pour laquelle, le président Mamadi Doumbouya voudrait faire du jugement de ces crimes, un point d’honneur. Comme l’a rappelé une délégation du CNRD, envoyée auprès des parents des victimes de répression durant l’ancien régime, samedi, à la mosquée Turque de Bambéto.

Le porte-parole des émissaires du chef de l’Etat, un certain Mohamed « Lion » Bangoura, a, au nom du colonel, mis la rencontre à profit pour implorer le pardon des familles des personnes tuées. Tout en insistant sur le fait qu’il n’y ait pas de pardon sans justice, il a appelé toutefois à privilégier l’unité et la réconciliation.

Le jour du jugement des auteurs de ces crimes atroces est proche, a-t-il laissé entendre.

Les familles ont à leur tour salué cette démarche qui, une fois encore dénote de la bonne foi du CNRD, à traiter les Guinéens sur le même pied d’égalité. Elles ont cependant plaidé pour qu’aucun des auteurs de ces assassinats ne puisse passer entre les mailles de la justice. Le CNRD qui n’est pas du genre à agir sans discernement, dans tous les actes qu’il pose, a réitéré son engagement à faire de la justice, la boussole de sa gouvernance. De quoi rassurer tout ce beau monde qui était réuni pour la circonstance.

C’est comme si on était loin des temps où n’avaient droit à la justice, que ceux qui étaient du bon côté du manche. Cette iniquité de la justice avait fini par contraindre certaines victimes à se tourner vers les juridictions supranationales. Comme la cour de justice de la Cédéao.

Faisant ainsi de la Guinée, le plus gros pourvoyeur de contingents de plaignants auprès de cette cour. Ne dit-on pas que « faute de grives, on mange des merles ».

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