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Echec à l’examen d’entrée en 7e année : Dr Fodé Oussou indexe le responsable

Les résultats du Certificat d’études élémentaires (CEE) session 2022 ont été une catastrophe. Seulement 17,62% ont pu être admis pour le collège. Pour le Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), ces résultats ne sont pas une surprise. Il identifie plusieurs facteurs qui seraient à la base de ce grand échec.

« Quand j’ai vu le nombre d’admis [au certificat d’études élémentaires], j’ai eu pitié pour ce pays. Avant, quand tu es enseignant, tu es respecté, valorisé. Vous savez pourquoi ? C’est parce que les meilleurs, c’étaient les enseignants, parce la sélection était dure. N’importe qui ne pouvait pas être enseignant. Je me souviens encore, quand on était jeunes, des Guinéens qui ont traversé la frontière pour aller en Côte d’Ivoire. Ce sont eux qui ont formé les Ivoiriens. Ce sont eux qui enseignaient, parce que quoiqu’on dise, la Guinée a produit les plus grands cadres de l’Afrique. Qu’est-ce qui est arrivé ? Qu’est-ce qui ne marche pas ? Aujourd’hui, les recrutements se font sur le plan politique. On a vu des gens qui n’ont aucun niveau, qui étaient enseignants et affectés. Il y avait même des militants de l’UFDG qui ont quitté le parti pour aller de l’autre côté. Un monsieur qui n’a jamais été à l’école, on l’a recruté à la Fonction publique comme professeur de Chimie. Tous ceux qui quittaient ici pour aller, on les mettait à la Fonction publique comme enseignants. Avant, l’enseignant était inspecté. Il y a des inspections qui se faisaient. Si tu n’es pas bon, tu n’es pas qualifié, tu n’enseignes pas. Comment voulez-vous que les enfants avancent, qu’ils aient le niveau si les enseignants eux-mêmes n’ont pas de niveau ? », a-t-il expliqué, avant d’accuser les Directeurs communaux de l’Éducation à Conakry d’encourager la sédentarisation des enseignants dans la capitale : « Aujourd’hui on a un besoin criard d’enseignants. Ceux qui sont affectés à l’intérieur du pays restent ici. En complicité avec les DCE, ils restent ici, mais ils reçoivent leur salaire. Après le DCE prend 200 mille, l’enseignant qui reste à Conakry prend le reste. »

L’autre facteur dû à l’échec, ce serait le traumatisme qu’auraient subi les enfants en voyant dans les salles d’examen des gendarmes : « Comment voulez-vous que les enfants réussissent si on amène devant eux des militaires. Ce traumatisme les empêche même de réfléchir, parce que l’enfant est effrayé par le nombre de personnes à l’intérieur de la salle. Avant, quand on était jeunes, quand tu vois un militaire, tu as peur. »

Le vice-président de l’UFDG accuse le Gouvernement de porter moins d’importance au système éducatif, car le budget qui lui est alloué est faible par rapport aux autres secteurs : « Comment voulez-vous que l’enseignement marche quand le budget alloué au système éducatif est de moins de 15% alors que dans les autres  c’est entre 35% à 40%. Dans notre pays, le budget alloué on l’envoie au niveau de l’énergie, mines, des infrastructures. Aucun pays ne peut se développer si on n’investit pas dans l’enseignement. »

Ce manque de moyens fait qu’il y a un manque criard d’infrastructures dans le secteur de l’éducation. Selon lui, 1080 écoles publiques sont des hangars dont 1066 au niveau primaire.

 

 

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