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Durée de la transition : La junte a-t-elle lâché du lest, sans crier gare ! (Éditorial)

Pendant que la junte et la coordination du front national pour la défense de la constitution étaient en train de se crêper le chignon, transformant par endroit les rues de la capitale en zones de guérillas urbaines, la bonne nouvelle viendra de Bissau. Où le président en exercice de la Cédéao, M. Umaru Sissoco Embalo, a profité de la visite de son homologue français, Emmanuel Macron, ce jeudi, pour annoncer l’accord de principe de la junte guinéenne, en faveur d’une durée de la transition de 24 mois. A l’image de celle du Burkina Faso et du Mali.C’est en véritable gai luron que le chef de l’État bissau-guinéen a déclaré devant son hôte de marque, Emmanuel Macron, avoir réussi à tordre le bras des autorités de la transition guinéenne. En les exhortant à réduire la voilure de leur vaisseau. Chose que la junte aurait accepté, en optant dorénavant pour 24 mois au lieu des 36 mois initialement adoptés comme chronogramme de la transition.

Cette nouvelle était perçue par l’opinion dans son ensemble comme une bouffée d’oxygène, devant contribuer à décrisper l’atmosphère politique, devenue de plus en plus délétère ces derniers temps. En témoignent les échauffourées qui ont émaillé la manifestation de la coordination du Fndc de ce jeudi. On avait l’impression d’être dans des zones de guerre, dans maints endroits de la banlieue de Conakry. Où même des agents des forces de sécurité avaient du mal à trouver leurs marques. Préférant parfois prendre la poudre d’escampette devant des manifestants remontés comme des coucous. Avec la détermination de moines soldats.

Le bilan de cette folle journée a été des plus déshonorables pour notre démocratie. Qui en prend un sérieux coup. Il n’y a pas de quoi pavoiser, qu’on soit dans l’un ou l’autre camp des protagonistes.

Certains observateurs craignent d’ailleurs que la situation ne s’enlise. A cause de l’égo surdimensionné des deux camps, engagés dans ce combat de coqs. Citant en creux, cette sortie du ministre Mory Condé, qu’on pourrait qualifier d’impair voire de politiquement incorrect. Car en prenant carrément le contrepied de M. Embalo, qui prétendait avoir convaincu la junte d’avaliser les 24 mois, comme durée de la transition, Mory Condé risque plutôt de raviver les braises, en ces périodes de tension. In fine, son empressement à démentir le président en exercice de la Cédéao, ne fera que raviser l’opinion qui avait pourtant cru que la junte avait lâché du lest, sans crier gare.

 

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