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COMCEC : À Istanbul, la Guinée porte la voix de l’Afrique pour un financement accru du commerce et des exportations

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Prenant la parole au nom du Groupe africain, à l’ouverture de la 42ᵉ session ministérielle du Comité permanent pour la coopération économique et commerciale de l’Organisation de la coopération islamique (COMCEC), ce lundi 2 novembre 2026 à Istanbul, le ministre guinéen de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a plaidé pour un meilleur accès des entreprises africaines aux mécanismes de financement du commerce international.

Dans son intervention devant le président turc Recep Tayyip Erdoğan, président en exercice du COMCEC, le ministre a décliné cinq propositions visant notamment à renforcer les mécanismes de financement et de garantie des exportations, promouvoir les instruments de financement islamique, accélérer la digitalisation des transactions commerciales et harmoniser les normes entre les pays membres de l’OCI.

Il a également appelé à faire de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) un levier d’industrialisation et de transformation locale des ressources, citant en exemple le programme Simandou 2040, porté par le président Mamadi Doumbouya.

Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration du ministre guinéen, prononcée au nom du Groupe africain.

Déclaration du Groupe africain

42ᵉ Session ministérielle du COMCEC – Cérémonie d’ouverture

Istanbul, République de Türkiye, le lundi 2 novembre 2026

Prononcée par M. Aboubacar KOUROUMA, Ministre de l’Industrie et du Commerce de la

République de Guinée

Excellence Monsieur Recep Tayyip ERDOĞAN, Président de la République de

Türkiye, Président du COMCEC,

Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation,

Mesdames et Messieurs les Représentants des institutions de l’OCI,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Bismillah ar-Rahman ar-Rahim.

C’est pour moi un honneur et un privilège de prendre la parole, au nom du

Groupe africain, à l’ouverture de cette 42ᵉ Session ministérielle du Comité

permanent pour la coopération économique et commerciale de l’Organisation

de la Coopération Islamique.

Permettez-moi d’abord de vous transmettre, Monsieur le Président, ainsi qu’à

toutes les délégations ici réunies, les salutations fraternelles et les vœux de plein

succès de Son Excellence Monsieur Mamadi DOUMBOUYA, Président de la

République de Guinée, qui m’a chargé de réaffirmer l’attachement indéfectible

de la Guinée aux idéaux de solidarité et de prospérité partagée qui fondent notre

Organisation.

Au nom du Groupe africain, j’exprime notre profonde gratitude au

Gouvernement et au peuple frères de Türkiye pour leur hospitalité légendaire,

ainsi qu’au Bureau de coordination du COMCEC pour la qualité de la préparation

de nos travaux.Je tiens surtout à rendre un hommage appuyé à votre leadership personnel,

Monsieur le Président. Sous votre présidence, le COMCEC est devenu bien plus

qu’une instance de concertation : un espace où nos pays transforment leurs

ambitions communes en projets concrets. L’Afrique vous en est reconnaissante.

Excellences,

Nous nous retrouvons dans un monde où les règles du commerce international se

transforment sous nos yeux. La fragmentation des échanges, la montée du

protectionnisme, la volatilité des prix des matières premières, le resserrement des

conditions de financement et les effets du changement climatique frappent

d’abord les économies les plus vulnérables.

Dans ce contexte, une conviction s’impose à nous : la coopération entre pays de

l’OCI n’est plus seulement une option de solidarité. Elle est une nécessité

stratégique.

Monsieur le Président,

Le Groupe africain salue le choix du thème de cette session : le développement

d’outils efficaces de financement du commerce pour accroître les exportations

des pays membres. Ce thème touche au cœur même des difficultés de nos

entreprises.

Car en Afrique, le problème n’est pas l’absence de produits à exporter ni

l’absence de marchés. Trop souvent, le problème est l’accès au financement. Nos

entrepreneurs décrochent des commandes qu’ils ne peuvent honorer, faute de

préfinancement. Nos banques, confrontées à des exigences de garanties

élevées et à une perception du risque souvent excessive, voient leurs demandes

de lettres de crédit rejetées. Et ce sont nos petites et moyennes entreprises, celles

qui créent le plus d’emplois, qui paient le prix le plus lourd de ce déficit de

financement.

C’est pourquoi le Groupe africain formule cinq propositions concrètes :

Premièrement, renforcer et élargir les interventions de la Société internationale

islamique de financement du commerce (ITFC) et de la Société islamique

d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (ICIEC) en faveur

des pays africains, en mettant l’accent sur les lignes de financement dédiées aux

PME exportatrices et sur les mécanismes de garantie et d’assurance-crédit qui

réduisent le risque pour les banques locales.Deuxièmement, promouvoir les instruments de financement islamique adaptés

au commerce – financement de la chaîne d’approvisionnement, affacturage,

préfinancement des exportations – et accompagner nos institutions financières

nationales pour qu’elles les maîtrisent et les déploient à grande échelle.

Troisièmement, accélérer la numérisation du financement du commerce :

documents commerciaux électroniques, plateformes de financement en ligne,

interconnexion des systèmes de paiement. Les solutions africaines comme le

Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) peuvent utilement

dialoguer avec les initiatives de l’OCI pour réduire les coûts et les délais de nos

transactions.

Quatrièmement, renforcer les capacités de nos agences de promotion des

exportations, de nos banques commerciales et de nos entreprises, afin qu’elles

connaissent et utilisent pleinement les instruments existants, y compris le Système

de préférences commerciales de l’OCI.

Cinquièmement, renforcer la coopération entre nos organismes nationaux de

normalisation afin d’harmoniser nos normes au sein de l’espace de l’OCI, en nous

appuyant notamment sur l’Institut de normalisation et de métrologie pour les pays

islamiques (SMIIC). La disparité des normes et des procédures d’évaluation de la

conformité demeure en effet un frein majeur aux échanges entre nos pays.

L’harmonisation des normes et la reconnaissance mutuelle des certificats de

conformité garantiront que nos produits puissent être acceptés et commercialisés

sans entrave dans l’ensemble des États membres.

Excellences,

Financer les exportations, c’est bien. Financer des exportations à plus forte valeur

ajoutée, c’est mieux.

L’Afrique ne veut plus être cantonnée au rôle de fournisseur de matières

premières brutes. Notre ambition est de transformer nos ressources sur notre sol,

de créer des emplois qualifiés pour notre jeunesse et de nous insérer dans les

chaînes de valeur régionales et mondiales.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) nous en offre

l’occasion historique. Elle crée un marché intégré qui rend l’industrialisation de nos

pays plus rentable et plus attractive pour l’investissement. Le Groupe africain

invite le COMCEC à faire de l’appui à la mise en œuvre de la ZLECAf l’un des axes

de sa coopération avec l’Afrique : facilitation des échanges, infrastructures,

corridors logistiques et développement de chaînes de valeur communes.Mon propre pays, la Guinée, s’est engagé dans cette voie à travers son

programme de transformation Simandou 2040, porté par le Président Mamadi

DOUMBOUYA. Ce programme vise à faire de nos ressources naturelles un levier

de diversification industrielle et de développement inclusif.

Mesdames et Messieurs,

Aucune stratégie commerciale ne réussira si elle laisse de côté les femmes et les

jeunes. En Afrique, ils sont la majorité de la population et l’essentiel de nos forces

entrepreneuriales. Nous appelons à des programmes spécifiques facilitant leur

accès au financement, à la formation et aux marchés.

Permettez-moi enfin d’exprimer la solidarité du Groupe africain envers les peuples

des États membres éprouvés par les conflits et les crises humanitaires. La

prospérité que nous recherchons ensemble n’a de sens que si elle est partagée

par tous.

Monsieur le Président,

Excellences,

L’Afrique est un continent de plus d’un milliard d’habitants, jeune, dynamique et

en pleine transformation. Elle est prête à prendre toute sa place dans l’espace

économique de l’OCI : non pas comme bénéficiaire, mais comme partenaire et

comme moteur de croissance.

Faisons de cette 42ᵉ session celle où nos engagements en matière de

financement du commerce et d’harmonisation des normes se traduisent en

résultats tangibles pour nos entreprises et nos peuples.

Le Groupe africain y apportera sa pleine contribution.

Puisse Allah, le Tout-Puissant, bénir nos travaux.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Aboubacar KOUROUMA,

Ministre de l’Industrie et du Commerce de la République de Guinée

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