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Dr Dansa : « tant qu’il y aura un seul prisonnier d’opinion en Guinée, la réconciliation sera impossible »

Invité spécial de l’émission MIRADOR de FIM/FM de ce vendredi 30 juillet, Dr. Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la société civile de Guinée. A la faveur de cette sortie médiatique, l’activiste est revenu sur le cas des prisonniers d’opinion en Guinée.

« Ce qui est important pour moi, c’est que la série de mises en liberté doit s’élargir à tous les détenus d’opinion. Ceux qui ont été arrêtés pour des actes criminels prouvés par une décision de justice, doivent purger leurs peines. Ceux qui sont arrêtés pour des raisons d’opinion ou qu’ils sont opposés au 3ème mandat ou à la modification constitutionnelle sont des prisonniers d’opinion. Tant qu’il y aura un seul prisonnier d’opinion en Guinée, la réconciliation, le dialogue sera impossible », a affirmé Dansa Kourouma.

Parlant de la rencontre du président Alassane Ouattara et de Laurent Gbagbo qui s’inscrit dans le cadre de la réconciliation en Côte d’Ivoire qui, à bien d’égards présente les mêmes configurations que la Guinée, Dr Dansa Kourouma dira ceci : « la première des choses, c’est que je suis très content de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. C’est une leçon. Malgré ce qu’il y a eu 3000 morts, des enquêtes judiciaires, des arrestations, des procès et même des condamnations. Quand on dit qu’il n’y a pas eu de justice en Côte d’Ivoire, c’est faux ! Il y en a eu belle et bien (…) Si les deux grands protagonistes ont convenu d’enterrer la hache de guerre, c’est un acte majeur. Ce que Alassane Ouattara a fait à Laurent Gbagbo et ce que Laurent Gbagbo a fait à Alassane Ouattara, vice-versa, c’est personnel ! Mais ce qu’ils ont fait à la Côte d’Ivoire, ça ce n’est pas personnel ! Il faut faire la part des choses entre les infractions qui sont commises contre une personne physique et des infractions commises contre un Etat ou contre une Nation. Seule une bonne réconciliation peut nous amener à soigner ces genres de chose. La justice ne peut pas corriger ces infractions, il faut de la grandeur d’âme, de la hauteur d’esprit pour que ce qui a été fait au préjudice de l’Etat, de la nation ivoirienne, soit corrigé. L’entente entre ces deux personnes est une voie pour panser la plaie qui a été causée au préjudice du peuple ivoirien (…) Les Guinéens doivent tirer les leçons de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire (…) Donc, il ne s’agit pas de condamner Laurent Gbagbo ou Alassane Ouattara. Il s’agit d’un engagement de non une répétition, mais de la mise en place de mécanisme qu’il faut pour ne pas que ce qui s’est passé se répète. Le président Alpha Condé doit comprendre que lui seul, quels que soient son intelligence, son expérience et son âge, il ne peut pas, à lui seul, conduire les destinéeDs de la Guinée vers les directions que nous souhaitons. Il doit travailler avec l’opposition (….) Pourtant, les deux (Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo) constituent les deux piliers de la collaboration politique. Mais en Guinée, c’est l’antagonisme. »

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