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Division du mouvement syndical : Abdoulaye Sow veut une refondation des fédérations représentatives

Depuis 2011, à la suite de l’élection d’Amadou Diallo à la tête de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), le mouvement syndical guinéen est fortement divisé. C’est le cas notamment de l’USTG, du SLECG. Lors de l’émission Sans Concession de Guinéenews© de ce 25 juin 2021, Abdoulye Sow a déploré cette division, la prolifération des soi-disant centrales syndicales qui, en réalité, selon lui, ne sont que l’ombre de leur fondateur.

« Avant, vous aviez la CNTG, USTG, l’ONLSG, etc. Aujourd’hui il y a beaucoup d’autres syndicats qui sont nés, mais qui n’émanent pas de la volonté des travailleurs parce qu’une association naît de la volonté de ses composantes, parce qu’on crée d’abord la structure puis on cherche à l’alimenter, à faire sa publicité par le fait de ses cadres. Je ne veux pas parler de Paul ou de Pierre, mais aujourd’hui la division est de leur fait, sinon le syndicat est très fort », a d’abord expliqué Abdoulaye Sow de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) et de la Fédération syndicale des associations des banques et assurances de Guinée (FESABAG).

Se souvenant de l’unité syndicale qu’il y a eu en 2006-2007, Abdoulaye Sow regrette le fait qu’actuellement on ne parle que de la société civile : « Si vous avez bien remarqué, on parle plus aujourd’hui de la société civile que du mouvement syndical guinéen, alors que la population guinéenne fait plus confiance aux syndicats qu’à d’autres structures. Je pense que, vous-mêmes vous le constatez sur le terrain, que nous sommes divisés. Il y a de nouvelles structures syndicales qui sont nées, on ne sait d’où elles viennent. Donc c’est cela. »

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Pour corriger cette situation, le Secrétaire général de la FESABAG demande que les syndicalistes soient conscients de leur rôle : « D’abord il faudrait que les gens conscientisent que le syndicat est une association qui a un rôle régalien : celui de défendre le travail d’abord, et les travailleurs ensuite. Parce qu’il y a une dialectique entre le travail et les travailleurs, c’est la dialectique du contenu et du contenant. Nous avons d’abord pour rôle de défendre le travail pour qu’il existe ; ensuite de défendre les droits des travailleurs. C’est en cela que nous avons œuvré depuis les années 90 jusqu’à maintenant. »

Abdoulaye Sow estime qu’il faut que les centrales et fédérations syndicales qui sont représentatives des travailleurs se mettent autour de la table : « Maintenant que nous sommes divisés, la meilleure manière de trouver notre élan est de prendre conscience de cette situation de division et savoir quel est notre rôle dans la société. En ce moment on se retrouve autour d’une table pour discuter afin de laver le linge sale en famille. Cela nous permettra d’aller de l’avant. Mais vous savez, il y en qui se disent aujourd’hui centrale syndicale alors qu’ils sont seuls. C’est eux la centrale syndicale et ils n’ont aucun militant. C’est comme les partis politiques que vous connaissez dans ce pays qui n’ont de militants que leur voiture, leur sac et leur bouche. Donc il faut qu’on prenne les centrales syndicales représentatives, les fédérations représentatives de ce pays pour faire une remise en cause du mouvement syndical, une recomposition du mouvement syndical, qu’on se parle et qu’on mette en place un règlement intérieur qui contrarie l’ensemble des acteurs du mouvement syndical guinéen pour que nous puissions d’abord faire l’unité. Ensuite on pourra définir la politique et la stratégie qui puissent nous permettre de jouer notre rôle. »

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