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Dialogue inclusif : les forces vives au chausse-pied (Éditorial)

L’arrivée imminente d’une mission de la Cédéao à Conakry, pour reprendre langue avec les acteurs impliqués dans le processus de transition, pourrait remettre d’aplomb le cadre de dialogue déjà initié par la junte. Une plateforme que les forces vives pourraient rejoindre au chausse-pied voire à contrecœur. Quand on sait que la mise au goût du jour de ce cadre de dialogue écarterait d’emblée l’alternative relative à la délocalisation de la concertation dans un autre pays, si chère aux opposants à la junte.

Une délégation composée d’acteurs politiques et de la société civile, qui a séjourné récemment auprès de la commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à Abuja au Nigeria, a pu obtenir l’accord de principe de l’institution, portant sur l’envoi d’une mission à Conakry.

Cette mission devrait mettre son séjour à profit pour constater de visu l’évolution du processus de transition. Une manière de dresser un état des lieux de l’exécution des différentes étapes contenues dans le chronogramme de transition, dont la durée maximum est estimée à 24 mois.

Dans leur compte rendu de mission, les missi dominici, que certains observateurs soupçonnent d’avoir obtenu l’onction du palais Mohamed V, saluent l’engagement renouvelé de l’organisation ouest-africaine à ne ménager aucun effort dans son appui à la Guinée, jusqu’à ce que la transition puisse arriver à bon port.

C’est dans cette foulée, que Dr Omar Alieu Touray, le président de la commission de la cédéao, a promis l’envoi d’une mission dans les prochains à Conakry.

Conscient de la nécessité d’un dialogue inclusif, devant réunir toutes les parties prenantes au processus de transition, le diplomate aurait plaidé en faveur d’un format de concertation élargi et ouvert et à tous les acteurs.

C’est sans doute pour arrondir les angles entre les camps antagonistes, que la cédéao devra s’atteler, une fois à Conakry.

Afin d’envoyer autour de la table de dialogue, s’il le faut au chausse-pied, l’aile frondeuse des forces vives. Qui continue de ruer dans les brancards. Refusant de « rompre le pain » avec la junte.

Ces forces vives qui semblent tenir à la satisfaction de leurs revendications, comme à la prunelle de leurs yeux, à savoir la tenue d’un dialogue inclusif, et le respect du contenu de la charte de la transition entre autres, refusent d’aller à Canossa.

Sauf qu’à l’allure où va le train, bien des gens pensent que rejoindre le cadre de dialogue, avec les éventuelles retouches attendues, sous les bons offices de la cédéao serait un moindre mal. Au lieu de continuer à ferrailler. Car pour ces observateurs, l’option tendant à la délocalisation du cadre de dialogue, deviendrait peu probable.

Si l’arrivée imminente d’une mission de la cédéao en Guinée arrivait à se concrétiser, durant cette trêve décrétée par les forces vives. Une trêve dont forces vives et junte devraient d’ailleurs profiter pour fumer le calumet de la paix. Pourquoi pas ? Il y a déjà trop de sang versé, depuis le début de cette transition.

Nous disons que l’heure est venue de mettre un terme aux petits calculs d’appareils, pour privilégier le bien commun. Au nom de la paix.

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