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Destructions d’infrastructures : les accidents n’arrêtent pas de nous faire voir de graves et spectaculaires démolitions

L’exemple que nous vous proposons ici nous semble bien illustratif pour montrer la physionomie d’ensemble qui prévaut et l’étendue des dégâts advenus. Nous voyons là le poteau en béton de transport d’électricité tordu comme un fétu de paille sur une bonne partie de sa longueur à partir de sa base. De tels dégâts sur un poteau dont la solidité de la structure est largement avérée, soulignent la violence du choc. D’après les informations recueillies, les faits se sont produits le vendredi dernier, au moment de la rupture du jeun.

C’est un vieux camion Maz de l’époque soviétique, encore en circulation, qui serait à l’origine de cette catastrophe. Arrivé inopinément sur les lieux, le chauffeur, à la surprise générale, a entrepris des manœuvres hasardeuses pour se frayer un chemin avec l’aide d’un apprenti muni d’une cale à l’arrière. A la fin, il a perdu le contrôle de son camion qui a reculé et heurté violemment le poteau.

On s’étonne qu’un camion de ce type puisse emprunter cette route. Nous sommes dans le quartier Démoudoula à la frontière de Koloma et de Nasroulaye 1. La zone est située à proximité d’un arrêt taxi-moto dénommé Sidibéya. Elle est très enclavée, escarpée et vallonnée. Son relief tourmenté présente des descentes vertigineuses et des remontées raides.  Quant à la route elle-même, disons qu’elle n’existe que de nom, n’ayant jamais été aménagée par les services publics. C’est dire combien elle est difficile à pratiquer.

Pour les riverains et autres témoins arrivés sur les lieux, cet événement aurait pu être d’une extrême gravité. Certes, il n’a pas fait de victimes, mais à supposer que le poteau ne soit pas là pour retenir le camion, celui-ci serait descendu des centaines de mètres plus bas, au moment où dans toutes les familles on fait la prière commune pour rompre le jeûne. Il y en a qui disent aussi que le camion en reculant pouvait démolir la maison qui borde le poteau et que si celui-ci tombait de tout son long, les mêmes conséquences pouvaient survenir avec en plus, une rupture des câbles électriques de moyenne tension. On imagine alors les conséquences qui pouvaient s’en suivre. De l’avis général, il a fallu un miracle pour que cet accident n’entraîne pas des victimes, des dégâts plus importants, une large coupure de courant, ou un incendie. L’idée qu’on se fait de la fatalité n’est jamais loin dans l’explication qu’on donne aux accidents qui se produisent.

 Nous n’avons pas vu le chauffeur. Quant au camion, il est immobilisé non loin de là, dans un garage en plein air où sont réparés les véhicules de cette marque, qu’on utilise aujourd’hui, essentiellement dans le transport de charbon.

Bien entendu, il s’agit d’un type de camion antique et increvable à qui on ne demandera pas de passer la visite technique. Du reste, on connaît bien le péché mignon de ces camions Maz: c’est leur système de freinage qui est, depuis leur arrivée chez nous, réputé pour son manque de fiabilité.

Raison de plus pour qu’on s’en méfie un peu plus. Surtout que maintenant, à ce défaut technique identifié, est venue s’ajouter leur vétusté invétérée résultant des quelque cinquante ans de circulation sur nos routes.

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