
Après trois éditions de la Caravane Santé 3e Âge, les autorités sanitaires et leurs partenaires veulent changer d’échelle.
Le Programme Santé 3.0, officiellement lancé ce 7 octobre, par la Fondation Orange Guinée et ses partenaires, prévoit la formation de centaines d’agents de santé, le dépistage de plus de 10 000 personnes et le déploiement de caravanes médicales dans les communautés. Une stratégie qui entend faire de la prévention et du dépistage précoce des priorités.
La cérémonie de lancement a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile ainsi que plusieurs acteurs du secteur privé.
Le programme s’inscrit dans la continuité de la Caravane Santé 3e Âge, organisée en trois éditions entre 2022 et 2025. Cette initiative avait permis d’aller à la rencontre des communautés, notamment pour sensibiliser, dépister et prendre en charge des cas d’hypertension artérielle et de diabète.
Selon Ousmane Boly Traoré, présidentdu conseil d’administration de la Fondation OrangeGuinée, ces différentes éditions ont surtout démontré l’importance de la proximité dans l’accès aux soins.« Les caravanes ont démontré combien c’est important d’avoir de la proximité avec les populations », a-t-il expliqué, soulignant que Santé 3.0 marque désormais le passage d’actions ponctuelles à un programme davantage structuré.
Le nouveau dispositif élargit ainsi son champ d’intervention à plusieurs problématiques de santé, notamment les maladies non transmissibles, les troubles auditifs, le cancer du col de l’utérus, le paludisme ainsi que la santé sexuelle et reproductive.
Pour sa mise en œuvre, Santé 3.0 bénéficie d’une enveloppe de plus de 3 milliards de francs guinéens en dépenses directes. Près de 49 % du budget de la première année seront consacrés au renforcement des capacités.
L’objectif est notamment de former et d’équiper les agents de santé et les relais communautaires dans les zones ciblées. Des équipements de dépistage seront également mis à la disposition des structures sanitaires.
Le programme prévoit, au cours de sa première année, de renforcer plus de 280 agents de santé et relais communautaires, de dépister plus de 10 000 personnes pour l’hypertension, le diabète et les troubles auditifs, mais aussi de sensibiliser plus de 30 000 personnes à travers les médias et les relais communautaires.
Plus de 1 000 personnes devraient également bénéficier d’un renforcement de l’accès à la planification familiale.
Une première caravane mobile est annoncée pour novembre 2026, avec des opérations de sensibilisation, de dépistage, de diagnostic et de prise en charge.
Au-delà du diabète et de l’hypertension, Santé 3.0 prévoit l’intégration progressive de nouvelles composantes. Le dépistage des déficiences auditives est déjà prévu dans le dispositif, tandis que celui du cancer du col de l’utérus devrait être introduit à partir de 2027.
La prévention du paludisme, notamment à travers la promotion de l’utilisation des moustiquaires, ainsi que les questions de santé sexuelle et reproductive font également partie du programme.
Le dispositif repose sur plusieurs leviers : la formation des professionnels de santé et des acteurs communautaires, les caravanes mobiles et la sensibilisation continue.
Prenant la parole au nom de la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le secrétaire général du département a insisté sur la nécessité de passer d’une santé essentiellement réactive à une approche davantage préventive.Selon lui, les maladies non transmissibles évoluent souvent « sans bruit », avant d’être découvertes à un stade avancé.
Il a ainsi appelé à « prévenir avant de guérir » et à « dépister avant de soigner », estimant que le programme Santé 3.0 doit contribuer à rapprocher les services de santé des populations, y compris dans les zones les plus enclavées.
Le responsable a également insisté sur l’intersectorialité, avec l’implication du ministère de la Santé, du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, de l’OMS, de l’UNFPA, de la Fondation Orange Guinée, de la Croix-Rouge guinéenne, de la société civile et de plusieurs partenaires privés.
Parlant des partenaires, le représentant du représentant de l’OMS à la cérémonie, Dr Alain Katendé a salué la démarche de co-construction ayant réuni plus d’une dizaine d’acteurs autour du programme.Il a particulièrement mis en avant son approche intégrée, qui permet d’aborder plusieurs problématiques de santé au sein d’un même dispositif communautaire.
Pour lui, la réussite de Santé 3.0 ne devra pas être évaluée uniquement à travers le nombre de caravanes organisées ou de professionnels formés, mais surtout à travers les changements obtenus dans la vie des populations : dépistage précoce, meilleure orientation vers les structures de soins, amélioration de l’information et implication des communautés.
Le représentant a également appelé à assurer un suivi rigoureux des résultats et à capitaliser les enseignements du programme afin d’envisager, si les résultats sont concluants, une extension à plus grande échelle.
Le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités a, pour sa part, salué une initiative qui accorde une place importante aux populations vulnérables.
Son secrétaire général, représentant la ministre, a rappelé que les questions de santé sont étroitement liées à la protection de la famille et à l’inclusion sociale.
Il a particulièrement insisté sur la nécessité de prendre en compte les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap.
Selon la Fondation Orange Guinée, 11 acteurs se sont mobilisés autour de la conception et de la mise en œuvre de Santé 3.0. L’initiative entend ainsi promouvoir une nouvelle forme de collaboration entre pouvoirs publics, partenaires techniques, secteur privé, société civile et communautés.
Le programme est prévu sur trois ans, avec une première phase qui doit progressivement couvrir les huit régions administratives du pays.
En lançant officiellement Santé 3.0, les autorités sanitaires affichent ainsi l’ambition de renforcer la lutte contre les maladies non transmissibles tout en intégrant d’autres priorités de santé publique dans une même dynamique.
L’objectif affiché reste le même : prévenir tôt, dépister tôt, prendre en charge tôt et assurer la continuité des soins.
