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Culture-Tourisme-Artisanat: le ministre Alpha Soumah fait revisiter son bilan des dix derniers mois

Porté à la tête du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat le vendredi 5 novembre 2021, Alpha Soumah a été installé dans ses nouvelles fonctions le lundi 8 novembre suivant.

En dix mois, l’ancien rappeur se montre fier d’avoir atteint une bonne partie des objectifs qu’il s’était fixés à sa prise de fonction, même s’il précise que cela ne veut pas dire que son Cabinet est au bout de ses objectifs.

« Mais quand vous regardez l’état dans lequel nous avons récupéré ces deux départements ; c’est-à-dire le ministère de la Culture et du Patrimoine historique qu’on a combiné au ministère de Tourisme, de l’Hôtellerie et de l’Artisanat, vous verrez que beaucoup de changements ont été opérés à l’interne, tant sur le plan structurel et fonctionnel », a-t-il placé d’emblée.

Aux dires de Bill de Sam, au lendemain de son arrivée, la première l’une des premières activités de son département a été de faire l’état des lieux des différentes directions.

« Parce que nous avons trouvé que nous travaillons avec des directions qui n’ont pas de statuts ; des statuts en bonne et due forme leur permettant de travailler et d’exécuter le programme du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, selon la feuille de route même préalablement établie », a-t-il rappelé.

« Donc, notre nouvelle feuille de route a tenu compte de tout cela. Nous avons commencé par les statuts. Si vous prenez le Bureau guinéen du droit d’auteur, vous verrez que les textes qui réglementent cette direction datent de 1984. Et depuis 1984, après la Révolution, ces textes n’ont pas été réellement touchés. Donc, on ne peut pas parler de droit d’auteur et se référer aux textes qui datent de 1984, sachant qu’on est passé de cassettes magnétiques, de vinyles, aux CD, et aujourd’hui, aux clés USB. Donc, ces anciens textes n’avaient plus de valeur pour nous », a poursuivi le ministre Alpha Soumah dans une interview accordée à Guinéenews.

Outre le Bureau guinéen du droit d’auteur, le travail s’est élargi sur les autres directions qui ont également bénéficié de leurs statuts à travers une série de décrets publiés à cet effet. A ce jour, seul le Centre culturel franco-guinéen a un statut particulier, selon notre interlocuteur.

Avec la prise du décret par le pouvoir central en faveur des différents OPA de son ministère, Alpha Soumah se sent armé d’outils de travail performants qui vont nous permettre désormais d’aller de l’avant.

« Tout cela constitue une base solide de travail. Parce que quelle que soit votre volonté de restructurer un secteur, si vous n’avez pas de textes solides sur lesquels repose l’ensemble des activités, il va s’en dire que vous n’allez pas atteindre vos objectifs. Mais cela est fait. Donc, c’est à nous maintenant de valoriser tout cela », a-t-il évalué.

Bilan par secteur 

Abordant le cas spécifique du Bureau guinéen du droit d’auteur, M. Soumah dit avoir trouvé un décret pris en 2019 par Alpha Condé concernant de manière générale la propriété intellectuelle, littéraire et artistique. Un décret qui permet aux artistes d’entrer pleinement dans les droits d’auteur et d’avoir l’effectivité de leurs droits.

Nous avons cherché à trouver la solution à cela, en allant reprendre ce décret. Et nous nous sommes battus pour réécrire tous les textes pour qu’il y ait un décret d’application. Parce qu’il y a des décrets, même s’ils sont pris par le président de la République, tant qu’il n’y a pas de décrets d’application derrière, ça ne peut pas s’appliquer. Donc, il y a eu non seulement des décrets d’application, mais nous avons travaillé aussi sur les arrêtés conjoints qui permettent l’effectivité de l’application de ces lois-là. Ça fait qu’aujourd’hui, nous avons au moins six arrêtés qui ont été signés, dont deux de manière conjointe, et les autres relèvent de moi », a expliqué le ministre.

A l’en croire, la prochaine étape qui va rendre effectif tout : c’est-à-dire, les copies privées, les droits, les droits littéraires, etc., c’est la signature très prochaine du protocole d’accord avec la Douane. Et qu’à la suite de cette signature, il sera procédé au prélèvement des taxes sur le matériel numérique,  notamment les clés USB et tout ce qui transporte la musique, y compris les imprimantes concernant la reprographie de manière littéraire.

« Donc, tout cela fait beaucoup d’argent. Ça fait 10% pour chaque matériel entrant. Et sur ces 10%, nous allons prélever 25% qui vont partir dans les caisses du FODAC pour aider les initiatives en matière de culture et d’art. Je pense que c’est une grande avancée. Et ça nous permettra de changer qualitativement la vie des artistes et des hommes de culture », a-t-il annoncé.

Secteur culturel 

Dans la même lancée, en matière de culture, Bill de Sam et son Cabinet sont en train de travailler sur un projet de Statut des artistes et des hommes de culture, et pour lequel un décret devrait être pris, afin de permettre aux hommes de culture de travailler comme tout bon travailleur, d’avoir des bulletins de paie selon les activités et de cotiser à la Caisse nationale de sécurité sociale.

« Ça met l’artiste dans une certaine aisance par rapport à son travail. Et un jour, il peut prétendre à la retraite s’il a assez travaillé. Ça ne s’est jamais fait ici. C’est fait ailleurs. Beaucoup ne le font pas. Mais dans des pays comme la France et les Etats-Unis, les artistes sont protégés par ces mises en place », a informé le ministre.

Secteur artisanal

Au niveau artisanal, le ministre dit avoir réfléchi à la mise en place d’une chambre des métiers et de l’artisanat. Aujourd’hui, ce travail est sur la dernière avantd’ être validé bientôt,  selon notre interlocuteur.

Aussi, le ministère a pensé utile d’attirer du monde à travers un l’initiation d’un évènement majeur en Guinée, regroupant les secteurs de la culture, du tourisme et de l’artisanat. Toute chose qui a conduit à la création du Salon international de la culture, du tourisme et de l’artisanat (SICTA).

Ce salon, selon le ministre Alpha Soumah, a permis de recevoir jusqu’à 7 pays, dont le Burkina Faso, qui est en avance dans l’artisanat, la cinématographie, qui a été choisi comme pays invité d’honneur.

On a échangé dans les conférences. Ils nous ont trouvés très dynamiques dans la mise en 0lace des copies privées et des droits voisins. Et à notre tour, nous avons appris beaucoup d’eux. Ça, c’est quelque chose que nous voulons institutionnaliser. Nous voulons désormais que chaque année, on dise qu’il y a ce rendez-vous là en Guinée », a-t-il affiché.

Infrastructures 

Au niveau des infrastructures, le ministre  a déclaré avoir réveillé tous les vieux chantiers qui étaient à l’abandon, pour certains, depuis deux ans. Cela concerne les centres d’exposition artisanale de Boké, de Labé, de Kankan et de Nzérékoré.

« Ces centres étaient déjà là, mais mal exploités. Il n’y avait pas d’animation. Nous avons donc pensé à les redynamiser. Nous avons aussi entrepris de réveiller les chantiers des centres artisanaux qui étaient arrêtés. Il s’agit du village arisanal de Lola et du village artisanal de Labé. Ces villages artisanaux et ces centres d’exposition artisanale permettent aux artisans de travailler et de vivre du fruit de leur travail. Ils permettent d’exposer, de valoriser et de vendre. Aujourd’hui, nous avons mis une dynamique avec l’Office national de promotion de l’artisanat pour que ces centres soient animés pour le bonheur des touristes, mais aussi des Guinéens qui s’intéressent à l’artisanat », a étalé Bill de Sam.

Industrie 

Pour ce qui est de l’industrie musicale, le ministère de tutelle a créé, dans son nouvel organigramme, l’Agence nationale des industries culturelles et créatives. Ce qui permet d’aller au-delà de la simple promotion artistique, mais de permettre à ceux qui veulent se lancer de manière professionnelle dans les industries musicales de se professionnaliser, d’avoir des formations conséquentes et de recruter du monde.

« En gros, ce que nous voulons faire, c’est de faire de notre département un secteur porteur de croissance qui participe à l’économie. Nous voulons resynamiser les activités, aussi, faire des recettes, participer à l’effort commun du Trésor public. Ça nous permet éventuellement de demander un plus grosse subvention, d’augmenter notre budget. Parce que jusque-là nous sommes remorqués par les autres départements. Ce qui n’est pas normal. Il faut que nous soyons un département qui fait des recettes », a conclu M. Alpha Soumah.

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