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Crise à l’USTG : une décision de la Cour d’Appel ravive la tension entre les protagonistes

Dans une déclaration faite ce mercredi 27 octobre à son siège à Kaloum, l’aile de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG) dirigée par Abdoulaye Camara, a annoncé que la Cour d’Appel de Conakry a définitivement tranché dans le conflit l’opposant à l’autre faction dirigée par Abdoulaye Sow, a-t-on constaté sur place.

D’après son Secrétaire général adjoint Alpha Mamadou Diallo dit ‘’Fondateur’’, la décision de la Cour a été prise le 12 octobre 2021 et la grosse a été délivrée le lundi 25 octobre 2021. « La grosse a ordonné l’expulsion de Abdoulaye Sow et tous les autres occupants du siège du bureau exécutif national de l’USTG, sis au quartier Boublinet, commune de Kaloum. La Cour d’Appel a également ordonné à tout huissier de justice requis de mettre ce présent arrêt en exécution. Aux procureurs généraux, procureurs de la République près les Tribunaux des Premières Instances (TPI) de prêter mains fortes. A tous les préfets, sous-préfets et officiers de la force publique d’appliquer la présente décision lorsqu’ils en seront totalement requis », a-t-il rappelé.

Prenant la parole, le conseiller juridique de l’USTG, aile Mamou, Alfoussény Magassouba a déclaré qu’Abdoulaye Sow et compagnie y compris leur avocat sont victimes de la myopie et de la surdité juridique. « A partir du moment où la Cour d’Appel a tranché, c’est le dernier ressort. Conformément à l’article 81 de la loi organique 003/AN/2017 du 23 février 2017 portant attribution, organisation et fonctionnement de la Cour Suprême en son alinéa 2 dispose que tant que la partie perdante ne signifie pas par voie d’huissier la garantie qui est versée par elle, au niveau du compte de la Cour Suprême domicilié au niveau de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), l’arrêt qui est rendu est exécutoire.  Me Béa et compagnie sont en train de distraire les Guinéens alors que l’affaire est terminée », a-t-il fait savoir.

Pour sa part, Makoura Onipogui, secrétaire générale de l’USTG/Mamou a annoncé qu’ils ont eu raison dans l’affaire FESABAG.  « La justice nous a donnés raison. Il s’agit de Marie Ivonne Koumbassa, Alpha Baldé et Makoura Onipogui contre le camarade Abdoulaye Sow. Après avoir démissionné de l’USTG, Abdoulaye Sow nous a interdits de prendre part aux activités de l’USTG, alors que l’adhésion à un syndicat est libre et personnel. En ce moment, moi personnellement, on m’avait confié un projet à l’international concernant les migrants. Abdoulaye Sow voulait que je laisse le projet et que je quitte totalement l’USTG dans le faux. Quand nous avons refusé, il nous a exclus de la FESABAG tandis que nous étions élus. Sur ce, nous avons porté plainte contre lui devant le TPI de Mafanco et nous avons gagné le procès. Il a relevé appel à la Cour d’Appel qui nous a déclarés encore vainqueurs. Demain jeudi, la grosse va certainement tomber », a-t-il annoncé.

Joint au téléphone par Guinéenews, le secrétaire général de l’USTG de Abdoulaye Sow n’a pas voulu faire de commentaire. Il s’est contenté de dire que c’est un rêve qui ne verra jamais jour. « Le rêve n’est pas interdit », a-t-il dit au bout du fil.

Dans la même logique, l’avocat de l’USTG/ Conakry, Me Salifou Béavogui dira ceci : « le ridicule ne tue pas. Les informations que nous venons de recevoir ne sont pas fiables et ne sont pas conformes à la loi. Nous parlons de loi, du droit et de l’Etat de droit. Nous parlons de ce que veut la loi et non ce que veut la volonté d’un individu ou d’un groupe d’individus (…). En 2018, l’USTG l’une des plus grandes centrales syndicales et historiques en Guinée à sa tête Louis M’Bemba Soumah a passé les rênes de l’institution à Abdoulaye Sow par la voie d’une élection libre, transparente, crédible et statutaire conformément aux règlements intérieurs de l’USTG. Feu Secrétaire général de l’USTG, Louis M’Bemba Soumah a organisé le sixième congrès de l’USTG les 18, 19 et 20 novembre 2018, présidé par lui-même. Ce congrès électif a été régulièrement tenu et a connu la participation des membres statutaires de l’USTG, les membres du bureau exécutif sortant, les acteurs de la société civile et les grandes personnalités du pays avec une majorité écrasante de 88, 88%. Le congrès a abouti à l’élection de M Abdoulaye Sow comme secrétaire général entrant de l’USTG. Aujourd’hui, il est et demeure le secrétaire général de l’USTG. Avant cette élection, un groupe de syndicalistes s’est rendu à Mamou sans le secrétaire général sortant, Louis M’Bemba Soumah, qui avait la qualité d’organiser le congrès, pour faire élire un autre bureau qui serait dirigé par Abdoulaye Camara. Lui aussi (Abdoulaye Camara, NDLR) s’est autoproclamé secrétaire général de l’USTG alors qu’on n’avait pas besoin d’aller jusqu’à Mamou pour organiser un congrès. Toutes les forces vives de la nation ont pris part à l’élection d’Abdoulaye Sow sanctionnée par un procès-verbal sous la supervision de Me Mohamed Traoré à l’époque, bâtonnier de l’ordre des avocats. Je rappelle que nous avons traversé un moment où les faibles avaient tort, un moment où le droit était mal interprété et mal appliqué. Quelques mois après, se croyant adossé à une force que je ne saurais le dire, un groupe de personnes a pris la direction des cours et tribunaux. La faction qui s’est fait élire à Mamou, s’est transportée au tribunal pour demander l’expulsion du bureau exécutif de l’USTG régulièrement élu au cours du sixième congrès à Conakry. La bataille judiciaire organisée, le tribunal s’est déclaré incompétent parce que tout simplement, c’est un litige qui porte sur la représentativité d’une centrale syndicale.  Toujours dans la volonté de nuire, une autre action a été introduite, cette fois-ci, en annulation du sixième congrès tenu au palais du peuple qui a connu l’élection de M Abdoulaye Sow et validation du sixième congrès tenu à Mamou qui aurait connu une prétendue élection de M Abdoulaye Camara. Après l’examen du dossier, les juges se sont déclarés incompétents tout en leur orientant vers le tribunal du travail. Mais avant le TPI de Kaloum, la faction de l’USTG avait saisi le tribunal du travail qui a déclaré qu’il est mal saisi et les a déboutés pour défaut de qualité. Au lieu de laisser Abdoulaye Sow poursuivre son travail dans l’intérêt général des travailleurs, les adversaires judiciaires ont relevé appel devant la Cour d’Appel où tout était bien planifié. La Cour d’Appel avait la possibilité de revenir sur les compétences des premiers juges et rendre sa décision. C’est à un moment où toutes les affaires sont suspendues à cause de la pandémie Covid-19, la Cour d’Appel a rendu sa décision à notre insu. En pareil cas, tout devait être verrouillé jusqu’à ce que la Cour Suprême se prononce. Nous avons dit que comme la Cour Suprême s’est comportée ainsi alors que nous voulons une justice juste et équitable dans cette affaire, d’accepter de nous renvoyer devant la Cour d’Appel de Kankan, notre demande est restée infructueuse. Il y a une disposition de la loi organique portant attribution et fonctionnement de la Cour Suprême l’article 80 qui dit que lorsqu’il s’agit d’un litige portant sur la contestation d’une élection d’un organe, d’une assemblée (centrale syndicale), le fait simplement de saisir la Cour Suprême contre une décision rendue en première instance ou en appel, toutes les parties doivent freiner, se ressaisir et attendre que la Cour Suprême tranche, la grosse dont ils disposent n’est pas exécutoire. Le vendredi passé, une audience avait eu lieu et tous les débats sont reportés au 3 décembre 2021 parce que le juge chargé du dossier est en déplacement. Ils crient à la victoire alors que la bataille judiciaire est loin de se terminer.»

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