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Comment circonscrire cette tendance haussière des accidents en Guinée ? Une piste de solutions à explorer

Avec la vague d’accidents mortels et de blessés graves survenus entre samedi et lundi, qui ont coûté la vie à 31 personnes, c’est un immense choc émotionnel qui s’est emparé de tout le pays.

Cette triste actualité s’est invitée au plus haut niveau. On en parle même au-delà de nos frontières. Mais aussi, au plus haut sommet de l’Etat. Le conseil interministériel tenu mardi à Kindia, l’a inclus dans son ordre du jour avant qu’on apprenne par la suite, qu’il va également figurer dans les dossiers à soumettre au conseil des ministres de ce jeudi 16 courant.

C’est dire combien le retentissement et l’impact de cette série noire d’accidents mortels répétitifs ont été considérables sur l’opinion publique et, par ricochet, sur les plus hautes autorités du pays.

Peut-on vraiment en finir avec les accidents ?

Enrayer définitivement les accidents ? Quelle prétention ?  Plutôt un vœu pieu, un leurre ! Aucun pays ne l’a encore réussi. Même chez les plus grands, les plus avancés de la planète, il y a des accidents.

Pour la simple et bonne raison que c’est l’homme qui est au volant et il n’est jamais parfait. C’est ce qui explique que, malgré la bonne qualité des routes et des véhicules qu’il utilise, il y a des accidents. S’il est convenu qu’on ne peut pas les enrayer définitivement, par contre, on peut par des actions précises de prévention, limiter leur fréquence et leur gravité.

Les causes des accidents tiennent aux infractions commises. Elles-mêmes, provenant des fautes, des erreurs, des imprudences ou des négligences dans le comportement sur la route.  Ce sont là, quelques-uns des facteurs qui conduisent à tous ces drames qui nous affligent.

Quelques pistes de solutions pour réduire les accidents

Notre avis, dans la recherche des solutions, est qu’on commence par agir sur l’homme en le formant et en le sensibilisant. Mais, faut-il aussi, que sur toute la ligne, on contrôle et sanctionne, sans faiblesse et sans répit, les mauvais comportements commis sur la route.

Cela se fera, sans aucun doute, en rendant l’AGUISER (agence guinéenne pour la sécurité routière) plus opérationnelle sur le terrain ; en réactivant la visite technique obligatoire ; en donnant plus de moyens à la gendarmerie routière en rase campagne…

Notre pays s’est offert une grande opportunité dans sa lutte contre les accidents 

Certes, il n’y a pas que cela comme disposition à mettre en œuvre. On compte, dans le domaine, une batterie d’orientations et de mesures qui semblent être en panne. Parmi elles, nous pouvons citer la meilleure de toutes. Il s’agit des états généraux de la sécurité routière, tenus ici même à Conakry, en novembre 2017. Une rencontre présidée par le Premier Ministre de l’époque, en présence de tous les acteurs que le pays compte dans la gestion de cet épineux sujet.

Ce rendez-vous, le premier du genre organisé dans notre pays, a servi de tremplin pour aborder dans tous les détails, les questions liées à la problématique de la sécurité routière. Il faut aussi préciser que cette rencontre s’est tenue, en droite ligne des recommandations de l’ONU. Cette institution supranationale a élaboré un plan d’action décennal ‪2011-2020‬, pour la sécurité routière que chaque pays membre est sommé de mettre en œuvre à l’échelle locale.

Dans ce document, figurent les actions à mener, réparties en cinq programmes intitulés piliers. Pour rappel, il était fait mention de la création par chaque pays de son agence de sécurité routière.

D’où l’origine de l’AGUISER qui continue d’être une réalité tangible chez nous, avec la nomination de sa direction générale et de son conseil d’administration.

Des réponses trouvées, aussitôt occultées

Au sortir des états généraux de la sécurité routière, des recommandations ont été faites pour un renforcement de la prévention routière. Mais hélas, depuis lors, c’est un silence total qui a suivi, sur toute la ligne. Comme pour dire que les résultats issus des travaux ont été vains, puisque rangés depuis, dans les tiroirs. En tout cas, on n’en a plus parlé !

Comment expliquer de tels comportements 

Sans exagérer le moins du monde, nous pouvons dire que cela n’est pas pour surprendre, autant que ça. On sait, qu’en général, les citoyens accordent peu d’intérêt à la sécurité routière. Plutôt qu’elle soit l’affaire de tous, elle passe pour être, à leurs yeux, uniquement l’affaire des autres.

De leur entendement, ce sujet est loin d’être une priorité. Ils ne s’en préoccupent véritablement que lorsqu’ils sont directement concernés par un accident. Le reste du temps, c’est le laxisme autour de soi. On laisse faire.

Et quand, soi-même, on se retrouve dans une situation quelconque sur la route, le premier réflexe est de faire ce qu’on veut et comme on veut. Et l’essentiel des problèmes vient de là.

Où les rencontre-t-on le plus souvent 

Le gros lot de ces comportements s’observe en rase campagne où les longues distances et l’isolement relatif, donnent aux usagers, un sentiment de récréation. L’idée de liberté ou de permission qui en résulte les incite à commettre tous les excès imaginables, en termes d’infractions au code de la route.

Comment y mettre fin

Si seulement, on équipe suffisamment les groupements de gendarmerie routière évoluant sur le territoire national en engins roulants et moyens de transmission (autos, motos et talkies-walkies de grande portée) et qu’ils sillonnent constamment les routes. Alors, sans aucun doute, les accidents vont connaître une baisse sensible. Et même que les cas que nous venons de déplorer entre samedi et lundi derniers, ne se seraient probablement pas produits.

C’est la preuve que si on allie la sensibilisation et la formation continues des usagers au contrôle effectif de la circulation et la sanction ferme des contrevenants, on peut arriver à réduire la fréquence et la gravité des accidents.

Et convenons pour dire que c’est alors, toujours, quelque chose de gagné.  C’est certain. Vous ne trouvez pas ?

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