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Circulation à Conakry : quand pluie et trous sur la route favorisent bouchons et palabres

Il n’est point besoin de rappeler ce que tout le monde sait déjà. Il faut la réunion de trois éléments pour faire une circulation routière : le conducteur, le véhicule et la route. Ces éléments doivent s’imbriquer parfaitement pour permettre le roulage correct des véhicules. Ce sont des maillons variés, mais pleinement solidaires. Dès lors que l’un d’eux fonctionne mal ou se détache de l’ensemble, toute l’harmonie souhaitée est compromise. La situation ainsi engendrée devient alors difficile pour tout le monde.  Elle se traduit en des pénibilités à circuler, des   embouteillages, des infractions au code de la route et pour finir, des accidents de la circulation.

Nous avons été témoin d’une vive et longue altercation entre des usagers sur la bretelle qui relie la route du Niger et l’autoroute. A hauteur de l’ancienne SOGUIFAB, à Dixinn-gare. Là, précisément au carrefour sur le Niger, se trouvent en pleine chaussée, des trous larges et profonds qui rendent la circulation très difficile. Les usagers qui empruntent cette route pour aller dans toutes les directions, font l’effort de les éviter à tout prix. Ils sont très profonds et remplis d’eau. S’y plonger, c’est courir le risque d’endommager son véhicule ou de se renverser, quand on roule à moto. Cela conduit tous les usagers à faire des circonvolutions pour contourner nécessairement ces obstacles. Ils freinent donc assez fort et roulent à droite ou à gauche de la chaussée, se retrouvant nez à nez avec ceux qui viennent en sens inverse.

Mais, là n’est pas le seul danger à ce niveau. Une autre source de tracas est venue se greffer à cette première réalité que le commissariat spécial de la police routière de Matam avait déjà de la peine à gérer. A ce point noir à surveiller, s’ajoute de façon informelle, une aire de stationnement pour minibus. Des magbanas qui font le circuit Dixinn-Enta, jusqu’au Km 36 s’y donnent rendez-vous tous les jours. Ils y stoppent dans le désordre jusqu’à l’orée de l’autoroute, du côté de la casse.

C’est la conjugaison de tous ces éléments qui a conduit à l’incident en question. Une situation de blocage et d’agitation, qui a mis du temps avant de s’estomper. Le stress ambiant, l’intolérance des uns, l’empressement des autres ajoutés à la pluie, au mauvais état de la route ont été les vecteurs de ce désordre et de ce tumulte vécus. Différents usagers se sont rencontrés, chacun revendiquant ce qu’il considère comme étant son droit. Deux camionneurs se croisent. Un charretier transporte des tôles. Cela fait hésiter le conducteur du véhicule placé du même côté. Les tôles sont réputées tranchantes. Il ne veut pas qu’elles cisaillent le flanc de son camion. On le voit à ses roues orientées…mais, vers l’autre camion qu’il risque d’accrocher. Un motocycliste est sur la même voie, tout à côté d’une tente d’annonceurs qui fait saillie sur la route. Voici les acteurs de cette scène qui se joue.

Un nombre de protagonistes pas assez grand, il est vrai, mais qui a suffi pour tout perturber dans la zone. Personne d’entre eux n’a rien voulu céder. Chacun estimant que c’est à l’autre qu’il revient de lui céder le passage. Alors, à force de polémiques et de tiraillements, ce qui devait arriver arriva. La circulation s’est bloquée du côté du carrefour et ses effets collatéraux faits de gênes et de retards, se sont étendus bien au-delà, dans tous les sens. Ils en sont venus aux cris et aux invectives. Un moment après, sont arrivées des personnes de bonne volonté qui ont tenté d’apaiser les esprits et d’aider à rétablir la circulation. Peine perdue, rien n’a changé ! Il a fallu la police routière pour remettre de l’ordre. Certes, bien longtemps après, mais fort opportunément. La situation était sur le point de dégénérer.

Nous retenons de cet incident que, du triptyque homme, véhicule, route, le premier, c’est-à-dire l’homme, reste et demeure le plus important de tous. Par lui, tout peut être simplifié et facilité. Tout peut être gérable. Pour y arriver, il faut le former et le sensibiliser. Il faut lui inculquer le sens civique qui le conduit à l’apaisement, à la tolérance, à l’écoute et au respect de l’autre, mais aussi au respect des règles de la circulation.

Bien entendu qu’au même moment, on aura à cœur de lancer un appel aux autorités pour faire de la réhabilitation du réseau routier une de ses priorités. Sur ce point, les assurances ne manquent pas. Nous restons optimistes et patients.

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