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Chute d’Alpha Condé : amère désillusion d’un pouvoir autiste

Il aura fallu la Kalachnikov pour évincer Alpha Condé du pouvoir, en lieu et place du bulletin de vote. L’homme n’aura finalement pas survécu à son troisième mandat, ce mandat de trop qu’il s’est offert contre vents et marées.

Comme Icare, le président Alpha Condé a été perdu par ses prétentions. Lui, qui avait refusé de descendre de son olympe pour écouter le cri de cœur des Guinéens contre son fameux troisième mandat, synonyme de présidence à vie.

Reniant ainsi ses convictions et valeurs politiques, pour les délices du pouvoir. Sachant que « le pouvoir absolu corrompt absolument », comme l’a si bien dit John Emerich Edward Dalberg-Acton, il fallait s’attendre à ce naufrage qui a perdu Alpha Condé.

D’ailleurs, le colonel Mamady Doumbouya dont les premiers discours sont pour le moment rassurants, promet de porter le fer contre ce système de déprédation des ressources du pays et d’instrumentalisation de la justice.

Car trop de vies ont été arrachées à l’affection des leurs, pour juste assouvir les ambitions d’une caste hédoniste.

Cette immixtion de l’armée de nouveau sur le champ politique n’était certes pas souhaitable, mais l’incurie des gouvernants aura servi de levain à ce pronunciamiento.

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Un putsch salué par les vivats d’un peuple qui était pris à la gorge par un système dont la légitimité avait été sapée par le double scrutin du 22 mars 2020.

Scrutin qui a donné naissance à la 9ème législature. Puis s’en suivra la présidentielle du 18 octobre.

Heureusement que les députés issus de ce pseudo scrutin  ne pourront plus plastronner, comme à leur habitude. La junte ayant mis  fin à cette imposture, d’un parlement né sur la dépouille de notre démocratie.

Cette douche froide administrée à la classe dirigeante  ne fait pas pleurer dans les chaumières. Après coup, elle est même perçue par l’opinion comme un retour de manivelle. Car, on a encore en mémoire les terribles événements qui ont entouré la naissance au forceps de cette assemblée. Cette image hideuse que nos honorables  renvoient au sein de l’opinion, n’a rien de caricatural.

Ce putsch sonne comme une défaite au goût amer pour    Alpha et ses ouailles.  C’était pathétique de les voir à la rencontre  qui s’est tenue lundi au palais du peuple avec la junte, l’oreille basse.

L’opinion  n’attend  qu’une chose de cette  junte,  qu’elle impulse un changement de paradigme dans la gestion des affaires de l’État. Cela doit passer impérativement par une transition dont l’épilogue sera marqué par un scrutin libre et transparent.

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