Dernières Nouvelles de la Guinée par les Guinéens

Chérif Diaby: « Makambo m’a dit que si on ne prenait pas le pouvoir ils allaient nous égorger tous »

Le Colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique en 2009, est passé à la barre ce 14 novembre 2022. Il a été entendu à propos des accusations portées contre lui sur le massacre du 28 septembre 2009.

Le procureur de la république près le Tribunal de première instance de Dixinn lui a demandé les raisons de sa venue au camp Alpha Yaya Diallo le jour du décès de feu Général Lansana Conté, puisque Toumba avait dit qu’il y était. Le colonel Abdoulaye Chérif Diaby dit avoir plutôt répondu à des appels de ses amis ce jour, alors qu’il s’occupait du corps du Général Lansana Conté:  « Il (Toumba, ndlr) croit que j’étais allé de moi-même, mais il ne savait pas. On m’avait appelé. C’étaient mes amis, Général Konaté, Mathurin, Korka qui m’avaient appelé. Puisqu’à l’époque j’étais Directeur général des services de santé des armées, le Président est décédé, il fallait que je m’occupe de son corps.

Ils m’ont dit que tous nos amis sont au camp Alpha Yaya et que nous devons nous voir. Quand je suis arrivé,  j’ai trouvé un autre problème plus fort que moi. Ils étaient réunis devant le bureau du Général Konaté, au BATA.« 

Chérif Diaby dit avoir voulu prendre la fuite quand il a su ce qui se tramait, surtout que personne n’a répondu à ses salutations: « Lorsque je suis arrivé, c’est Makambo qui m’a reçu. Il était posté dehors. Il m’a dit ‘mon colonel (parce que j’étais lieutenant-colonel à l’époque), rentrez, vos amis sont dans le bureau de votre ami Sékouba. Mais d’ici à 4h du matin, si vous ne prenez pas le pouvoir, on vous égorge tous et on met un Sergent.’ Je suis rentré parce que je n’avais pas le choix. Quand je suis rentré, j’ai salué, mais personne ne m’a répondu. J’ai tenté de sortir. Effectivement je suis sorti. J’ai voulu fuir. La vérité est bonne à dire.« 

Malheureusement pour le colonel Diaby, Makambo a compris tôt ses intentions: « Après, Makambo me demande où je vais. Je lui ai demandé si je ne pouvais pas uriner. Il a dit à deux militaires de m’accompagner aux toilettes. Je suis allé, je n’avais pas d’échappatoire. »

Après les toilettes, il est revenu au bureau de Konaté pour assister à la rencontre à laquelle il été convié.

vous pourriez aussi aimer
commentaires
Loading...