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Braconnage et coupe abusive de bois : Le gouverneur de Kankan se saisit de l’affaire parc DIWASI et la réserve du Foloningbè

Boycotté par certains membres des communautés riveraines, le projet du parc DIWASI se trouvant dans la réserve naturelle du Foloningbè qui s’étend sur des centaines de milliers d’hectares, de la Sous-préfecture de Sabadou-Baranama, jusqu’à celle de Boula, est en proie à une surexploitation par des coupeurs de bois et des braconniers.

Pour évoquer la situation, les autorités locales de Kankan ont conféré ce lundi avec tous les représentants desdites communautés riveraines de Sabadou-Baranama et de Boula. La rencontre s’est tenue dans la salle de réunion du gouvernorat.

Bien que le gouverneur de Kankan Sadou Kéita qui a présidé la rencontre, ait dans son introduction mis l’accent sur la nécessité absolue de préserver ce patrimoine environnemental, dans leurs différentes interventions, les ressortissants des deux sous-préfectures du Foloningbè à l’image du représentant de la notabilité n’ont fait que manifester leur opposition tout au long de la rencontre qui a duré plus de 8 heures d’horloge.

A l’en croire, ce projet de parc dans la réserve du Foloningbè, a rendu insuffisantes les terres cultivables, dépossédé certains habitants de leurs lieux d’habitation.

« Monsieur le gouverneur, le doyen de Folonigbè me charge de vous transmettre son message. Nous souffrons énormément pour l’amour de Dieu, nous ne voulons plus de parc. Quand on est venu nous proposer ce projet de Parc, on nous avait rassuré que ça n’impacterait en aucun cas notre agriculture. On s’en prend à nos champs de riz et nos cases et on les brûle, quand on riposte on nous met en prison. Nous sommes des agriculteurs. L’agriculture c’est tout ce que nous savons faire. Les chasseurs qu’ils voient en brousse, ils s’en prennent également à eux. Moi-même ma plantation d’anacarde et d’orange, plus d’un hectare a été brûlé  », s’est-il plaint.

Après avoir écouté toutes les réactions, le gouverneur de Kankan Sadou Kéita, a rassuré que des dispositions seront prises pour indemniser et réparer les exactions qui ont été subies.

« Des gens ont perdu leurs plantations, d’autres leurs concessions, d’autres ont fait la prison…  Au moment de la mise en place de ce parc, il fallait une étude d’impact qui devrait être faite. Maintenant nous avons prévu après le mois de ramadan, de constituer une mission technique, qui ira sur le terrain pour identifier tous les problèmes qui se posent. Faire des propositions de solution et à  partir de là, nous allons rédiger un protocole d’entente», a-t-il expliqué.

Cependant  si le protocole d’entente qu’il envisage, n’est pas accepté par ces communautés, le chef de l’exécutif régional de Kankan n’exclut pas l’usage de la force.

« Je ne souhaite pas user de la force contre ces communautés, parce que de toutes les façons, ce parc, il se réalise pour elles.  La réserve est préservée pour eux.  L’idéal c’est qu’ils participent à cette mission de préservation. Sinon si on continue de couper les bois, on chasse les animaux, je serai obligé d’installer un PA de 100 militaires dans la zone », prévient-il.

A rappeler que la prochaine concertation entre les communautés du Foloningbè et les autorités locales est prévue pour dès la fin du mois de ramadan.

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