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Boubacar Barry : « pas de dialogue serein et inclusif en l’absence de Sidya et Dalein » 

Aux côtés des membres de plusieurs coalitions politiques guinéennes, le Vice-président de l’Ufr, au compte du Fndc politique, a pris part à une réunion tenue au QG de l’Ufdg sis à Hamdallaye, ce lundi 3 octobre.

Cela, à l’effet d’harmoniser les idées face à la conduite à tenir devant le dialogue inclusif annoncé pour bientôt.

Au sortir de ce conclave, l’ancien ministre de la Pêche a fustigé la sourde oreille entretenue par les dirigeants avant de dénoncer le contexte de la tenue de ce dialogue en vue. (Interview).

Guinéenews : le dialogue inclusif démarre bientôt en Guinée. Est-ce que le FNDC Politique va-t-il prendre part à ce dialogue ?

Boubacar Barry : à la suite d’une concertation que nous venons de terminer avec les autres coalitions qui partagent la même vision par rapport à la conduite de cette transition, nous avons estimé que le CNRD et le gouvernement ne répondent toujours pas à la sollicitation qui lui avait été faite de mettre en place un cadre de dialogue structuré autour d’acteurs identifiés et connus représentatifs avec notamment la supervision de la CEDEAO. Au contraire, nous constatons plutôt une tendance à vouloir marginaliser la CEDEAO à travers son médiateur et à décider unilatéralement la mise en place d’autres structures comme des facilitateurs nationaux sans aucune concertation avec nous qui sommes des acteurs qui ont des revendications précises. Au regard de tout cela, il est évident encore que nous restions sur notre faim. Ce n’est pas la première fois que nous avons expliqué cette position. Ce ne sera peut-être pas la dernière fois, mais véritablement, le CNRD reste sourd à nos attentes et sourd à nos appels.

Guinéenews : quelles sont vos exigences pour participer à ce dialogue ?

Boubacar Barry : on l’a dit. On l’a répété. Encore une fois, le processus de dialogue concerne deux entités qui ne sont pas d’accord sur un certain nombre de questions. Nous avons donc estimé que les acteurs qui ne sont pas d’accord avec la manière dont la transition est conduite, et le CNRD, sous la médiation d’un médiateur qui a été nommé à la CEDEAO, sous l’observation des partenaires techniques et financiers qui nous aident à mettre en œuvre les différentes recommandations et résolutions, c’est ce cadre-là qui peut véritablement nous aider à aller de l’avant. En dehors de cela, nous restons dans un éternel aller et retour parce que l’incompréhension ne fait que s’instaurer sans compter qu’un environnement suffisamment délétère empêche les principaux acteurs de ce dialogue d’être écartés. A savoir : des leaders qui sont aujourd’hui ou en prison ou en exil. Je n’imagine pas un dialogue serein et inclusif en Guinée en l’absence d’un Sidya Touré, d’un Cellou Dalein Diallo, d’un Saikou Yaya Barry, d’un Ibrahima Diallo ou d’un Foniké Menguè.

Guinéenews : autant dire que vous ne croyez pas en cette main tendue du président de la transition et du Premier ministre ?

Boubacar Barry : non ! Parce que ce sont les mêmes pratiques. Encore une fois, la main tendue se matérialise par des actes. Malheureusement, aujourd’hui, les actes ne sont pas encore de mise, ne serait-ce que créer un environnement apaisé, créer un environnement de confiance. Ce sont des actes préalables à ce que tous les acteurs soient suffisamment rassurés, suffisamment mis en confiance, pour venir dialoguer autour de la table. Mais aujourd’hui, ce que l’on constate, c’est que justement, ces acteurs sont aujourd’hui en insécurité. Ces acteurs ne.croient pas du tout à cette main tendue. Sinon, Sidya serait à Conakry, Cellou Dalein serait à Conakry, Foniké Menguè serait libre, Saikou Yaya serait libre. Ce qui n’est malheureusement pas le cas.

Entretien réalisé par Mady Bangoura

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