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Avec dans sa besace 89 morceaux et en quête de producteur, GASPARI fait plein de confidences à Guinéenews

Il s’appelle Mohamed Ousmane Aliou Camara communément connu sous le pseudonyme de ‘’Gaspari’’. Il est auteur, compositeur et chanteur.

Né en 1960 à Conakry, Gaspari est fils de feu Aliou et de Penda Bobo Diallo. Il est marié à une femme et père de deux garçons.

Mohamed Gaspari Camara a commencé ses études primaires au camp Boiro, le secondaire à l’école du quartier de Cameroun et au 2 août. Un Lycée qui lui a permis d’être premier de sa classe ou de sa promotion. Il fut orienté à l’Ecole Nationale des Arts et Métiers (ENAM) option plomberie-sanitaire.

De l’école de Matoto, il s’est recyclé après 3 ans, pour finalement obtenir, dit-il, le grade d’Ingénieur en plomberie-sanitaire.

Enseignant, il l’a été en qualité de fonctionnaire dans plusieurs préfectures notamment Kankan et Kindia et finalement à Conakry 3.

En attendant sa retraite qui sera effectivement dans trois ans, Gaspari est actuellement chargé de cours au Centre de Formation professionnelle de Ratoma (CFP/RATOMA).

Sa longue expérience qui dure déjà 40 ans est ponctuée de formations dont il a bénéficié à l’étranger. Précisément en Allemagne où il a rehaussé le drapeau guinéen en combinant art et culture. Gaspari, le seul géniteur du titre ‘’Lycée Guinée’’ mérite une attention soutenue.

Contacté au téléphone et pour une des rares fois, Gaspari, contrairement à nos précédents invités, a préféré nous rejoindre en famille pour se prêter aux questionnaires de la rubrique ’’Que sont-ils devenus’’ de votre quotidien électronique Guinéenews. Lisez l’interview !

Guinéenews :  dites-nous comment vous êtes arrivé à la musique ?

Gaspari : je suis venu à la musique à travers toutes ces organisations artistiques et culturelles au temps de la Révolution.

C’est depuis ma tendre enfance que j’ai aimé la musique. J’ai été chanteur soliste de l’ensemble instrumental du comité Camp Boiro au temps de cette Révolution culturelle socialiste. Le plaisir de chanter m’est venu et j’avoue qu’il n’y a eu aucun obstacle qui est venu gripper ma machine. Au collège aussi, je fus toujours sollicité pour composer des airs afin d’accompagner les récitals.

Réellement, je suis revenu sur le plateau musical après la prise du pouvoir par l’armée en 1984. Ma génération de musiciens est composée, entre autres, de Doura Barry, Rizo Bangoura, Feu Boul Diallo. Nous avions tenté de révolutionner la musique guinéenne selon nos possibilités. Nous avions de notre façon ressusciter la musique guinéenne.

Guinéenews :  au départ, aviez-vous eu une idole qui vous a inspiré ?

Gaspari : mon idole est Sékouba Bambino Diabaté. C’est lui qui m’a réellement inspiré et qui, avec sa belle voix, je me suis dit que la route en inspiration musicale peut me réussir.

Guinéenews :  sur le marché du disque guinéen, peut-on savoir combien d’albums Gaspari a produit ?  

Gaspari :  j’ai un seul album, dénommé ‘’Décret’’. Il

a 9 titres.

Guinéenews :  Depuis la sortie de cet album, il n’y a pas encore un autre. Au point qu’aujourd’hui, vos fans vous font des reproches à cette irrégularité. Qu’en dites-vous ?

Gaspari : cet unique album date de 2003. Tout est lié à l’argent. Et cette chaine de productions et tout ce qui suivra, demandent de gros moyens. C’est l’autoproduction qui bat son plein et personnellement, mes moyens sont limités.

Guinéenews :  avez-vous des chansons, des inspirations qui soient à jour ?

Gaspari : j’ai 89 compositions musicales dans ma besace. Je n’ai aucun moyen pour m’autoproduire. L’autoproduction est une entreprise qui demande des moyens pour aboutir.

Guinéenews :  en dépit du fait que vous n’ayez à date qu’un seul album sur le marché, nous confirmons que vous avez un passé glorieux… Un beau et un mauvais souvenir à raconter à nos lecteurs ?

Gaspari : dans mon parcours musical, le plus beau souvenir que je retiens, est mon séjour en Allemagne suite à la bourse obtenue pour 2 ans (1997-1999) en formation professionnelle.

C’est dans un métro, j’ai fait la rencontre d’un compatriote qui m’a reconnu. Et tout de suite il a appelé tous les autres Guinéens qu’il connaissait pour me programmer dans un night appelé ‘’Mandingo’’, géré par un guinéen du nom de Papus.

A Mandingo, un orchestre composé de plusieurs nationalités animait. J’avais en ce moment acheté un clavier PSS 510 qui avait un séquenceur musical et qui pouvait arranger toutes compositions musicales mises à disposition. Avec 4 compositions musicales programmées ce jour, j’avoue que je fus durant mon séjour, l’artiste chouchou du ‘’Mandingo’’ en Allemagne. C’est l’un des plus beaux souvenirs que je retiens.

Le plus mauvais souvenir est le jour de la dédicace de mon premier et unique album pour l’instant au Palais du peuple. J’ai été trahi par les organisateurs et un sabotage s’en est suivi et ils se reconnaitront certainement à travers cette interview. Paix à l’âme de l’international feu Bruno Bangoura dont nous n’avions pas pu remercier pour cette lourde enveloppe détournée.  Voilà une des sources de démotivation qui m’a fait replier.

Guinéenews :  quel regard portez-vous sur la musique guinéenne actuelle ?

Gaspari : j’ai peur que cette musique n’aille vers la déperdition. Ils ont dégradé complètement la musique guinéenne. Cette génération n’a plus de respect pour la musique guinéenne, cependant, il y en a qui sont appréciables et d’autres à leur écoute, je suis obligé de zapper.

Guinéenews :  quelles sont actuellement vos sources de revenus ?

Gaspari : je vis de mon salaire.

Guinéenews : n’êtes-vous pas affilié au BGDA ?

Gaspari : bien sûr ! Je perçois mes droits d’auteurs. Et quels droits ? De maigres droits perçus annuellement et différemment aux autres pays.

Guinéenews : de nombreux artistes se refusent de nous dire combien ils perçoivent comme rémunération en droits. Combien percevez-vous, vous Gapari ?

Gaspari : je viens d’être payé à la fin de ce mois et de façons transparente. Je ne peux pas vous dire ce que je reçois comme droits.

Guinéenews : par ailleurs, aviez-vous souscrit au contrat d’assurances BGDA/NSIA BANQUES ?

Gaspari : franchement, je n’ai pas souscrit pour le moment à cette assurance. Ce n’est que partie remise et je suis en train de revoir cet aspect du problème.

Guinéenews : vous êtes très longtemps resté en dehors de ce monde musical. Quelles sont vos actuelles relations avec les autres artistes ?

Gaspari : c’est vrai ! Il y a longtemps que je ne fréquente pas le milieu artistique. Je vous confirme que j’entretiens de bons rapports avec pleins d’artistes avec lesquels j’ai évolué. Je peux citer Mohamed Karifa, Labass, Rizo Bangoura, Malick Condé ‘’Calveira’’, Philippe Kourouma et tant d’autres…

Guinéenews : pour quand peut-on s’attendre à Gaspari sur la scène ou sur le marché du disque guinéen ?

Gaspari :  Alors-là, c’est la meilleure question. Je vous informe que j’ai 89 morceaux dans mon répertoire qui dorment et par manque de producteur…

Guinéenews : plusieurs artistes passent par des singles et pourquoi ne tenterez-vous pas cette option ?

Gaspari :  cela est vrai et je préfère revenir ne serait-ce que pour quelques albums pour la postérité. Je viens de réaliser un clip dédié au Horoya Athlétique Club (HAC), qui a été financé par son président Soufiane Souaré. Depuis deux mois, la copie a été déposé au niveau de CIS TV et j’attends de voir cela se réaliser.

Guinéenews : aviez-vous un cri du cœur ou un message à passer pour nos nombreux lecteurs ?

Gaspari : à la fois un cri du cœur et une main tendue. Je n’aimerai pas casser la pipe sans pour autant laisser d’autres traces pour la postérité. Je vous confirme qu’avec 89 morceaux disponibles, je serai très réconforté si deux albums en découlaient. Je ne veux pas mourir sans réaliser ce rêve et avec toutes ces compositions calées dans mes tiroirs.

Guinéenews : est-ce vrai que les lycéennes que vous chantez dans le titre fétiche ‘’Lycée guinée’’ vous ont agressé ?

Gaspari : on m’a lancé des projectiles et ce n’était que l’œuvre des filles du lycée du 2 août. Je n’avais que 27 ans. Pour demander pardon, j’ai de sitôt composer le titre ‘’Tonta’’ afin de dissuader toutes ces filles en colère.

 Entretien réalisé par LY Abdoul pour Guinéenews.

 

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