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Autorités sanitaires et partenaires à Boké et Boffa pour relever les taux de couverture vaccinale

La délégation conduite par le Ministre de la Santé, Médecin Général Rémy Lamah, s’est rendue les 08 et 09 juin 2021 dans ces deux préfectures pour analyser les réelles causes du niveau du taux de couverture vaccinale.

Boké et Boffa sont deux des cinq préfectures de la région sanitaire de Boké, en Basse-Guinée où le taux de couverture vaccinale des enfants qui ont reçu leurs trois doses du vaccin pentavalent et la dose du vaccin antirougeoleux est le plus bas.

En effet, les estimations issues de Institute for Heath Metrics and Evaluation (IHME) qui fournissent des données issues du croisement de plusieurs sources, relèvent les taux de couverture de 35% et de 36% successivement pour Boké et Boffa.

Pour inverser cette tendance et permettre aux enfants de 0-11 mois de ces localités de compléter leur calendrier de vaccination avant leur premier anniversaire, une délégation conduite par le Ministre de la Santé, Médecin Général Rémy Lamah et composée des cadres de son cabinet, le Représentant de l’UNICEF et celui de l’OMS ainsi que les partenaires techniques et financiers : l’Alliance GAVI et l’USAID, s’est respectivement rendue les 08 et 09 juin 2021 dans les préfectures de Boké et Boffa pour analyser avec les acteurs à la base les réelles causes de cette situation.

Au centre de santé de Dibia, la délégation a échangé avec les autorités régionales et préfectorales de la santé et leurs agents de terrain sur les goulots d’étranglement qui affectent la couverture vaccinale de cette région. D’entrée de jeu, Dr Mohamed Lamine Yansané, Conseiller du Ministre de la santé, dira que « le personnel fournit de gros efforts, mais force est de constater qu’on a des défis importants à relever parce que la préfecture de Boké fait partie des districts sanitaires les moins performants en matière de vaccination. Et selon les estimations, il y a un enfant sur deux qui n’a jamais complété ses doses des vaccinations avec le vaccin pentavalent. Ce qui, à notre avis est quelque chose de très grave.  Selon le rapport du premier trimestre de l’année 2021 de la Direction préfectorale, le taux de couverture vaccinale sur le plan administratif en penta 3 est de 91% et celui du vaccin antirougeoleux est de 95%, alors que selon les estimations actuelles de IHME comme énoncé plus haut, ces taux ne dépassent pas 36% des données d’enquête ».

Pour sa part, la Directrice préfectorale de la santé, Dr Solange Finda Kamano évoquera certaines raisons qui sous-tendent cet état de fait dans ce district sanitaire de Boké : « A Boké, nous avons quelques raisons qui expliquent la faible couverture. Si l’on compare la période avant et apres coronavirus, on peut citer les raisons suivantes, la panne de 6 frigos au cours de l’année 2020 dans six centres de santé, la faible capacité des frigos de Bintimodia et Kayenguissa la tenue par des bénévoles de la plupart des postes de santé,  à faible efficacité des stratégies avancées, l’insuffisance de formation des agents de santé;  la vétusté des moyens logistiques roulants ;  la faible fréquentation due à la COVID-19, et l’insuffisance de la subvention pour la réalisation des stratégies avancées même si celles-ci sont parfois peu efficaces  ».

Pour y remédier, la Directrice préfectorale de la santé de Boké a proposé dans la foulée, des actions telles que le recyclage de 16 agents de santé vaccinateurs  disponibles dans les 16 centres de santé, ; la formation de 29 chefs de poste de santé en chaîne de froid ; la maintenance curative locale avec un appui potentiel des spécialistes de la logistique du programme élargi de vaccination en cas d’échec ; la supervision formative des structures et le financement local des stratégies avancées par les structures de santé.

Le Représentant de l’UNICEF en Guinée, Pierre Ngom a saisi cette opportunité pour avancer deux éléments de plaidoyer qui peuvent contribuer à adresser ce bas niveau de la couverture vaccinale : « Le premier point est lié à la santé communautaire, un levier pour la vaccination. Si les agents de santé communautaires sont payés, on sait qu’ils peuvent visiter un certain nombre de ménages et peuvent collecter le nombre d’enfants à vacciner. Ces agents pourraient aider à rappeler les femmes leurs programmes de vaccination, à les encourager à envoyer leurs enfants pour qu’ils soient vaccinés. Je crois qu’il y a beaucoup à gagner si on investit plus dans la santé communautaire. Le deuxième point de plaidoyer porte sur la numérisation. Je remercie le Ministère parce que de gros efforts sont en train d’être faits pour faire décoller la numérisation du Ministère de la santé. Si le Ministère est numérisé, les données sur la vaccination vont être améliorées. C’est juste un aspect, mais la numérisation est plus vaste que ça. Je voudrais vraiment demander que, comme on ne peut pas tout numériser en même temps, qu’on commence au moins par la vaccination ».

Durant la séance de discussions qui suivra à la Direction régionale de la santé de Boké, des solutions pour adresser cette problématique ont été proposées. Il s’agit entre autres de la digitalisation des activités du programme élargi de vaccination (PEV) en utilisant les moyens technologiques pour le rattrapage des enfants perdus de vue afin de compléter leurs calendriers de vaccination avant le premier anniversaire, l’instauration d’un cadre de redevabilité ; la consolidation des acquis de l’opérationnalisation de la santé communautaire avec l’implication des agents de santé communautaires et des relais communautaires sont des atouts majeurs pour le relèvement du PEV de routine.

De Boké, la délégation s’est rendue à Tougnifily une commune rurale située à 53km de Boffa ville. Là, le Ministre, son cabinet et les partenaires techniques et financiers qui l’accompagnaient ont échangé avec les communautés autour de la problématique de la vaccination et de la santé communautaire.

L’objectif étant d’amener la communauté et les agents de santé sur le terrain à plus d’engagement et de redevabilité pour qu’il y ait plus d’enfants vaccinés, car la vaccination est le moyen à même de protéger l’enfant contre les maladies évitables pouvant parfois entraîner la mort.

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