
L’audience criminelle s’est poursuivie ce vendredi 13 février 2026 devant le Tribunal de première instance de Dubréka, dans une affaire mêlant mœurs et stupéfiants. À la barre, Moussa Soumah, père de sept enfants, répond de faits présumés de pédophilie sur une fillette de quatre ans, ainsi que de détention et consommation de chanvre indien. Les faits reprochés, qui auraient entraîné la défloration de la petite Aïcha Soumah, remonteraient au 3 juin 2025.
Face aux accusations portées par le parquet, le prévenu a nié en bloc. Moussa Soumah affirme être la cible d’une machination née d’un sentiment de haine, réfutant toute implication dans l’agression sexuelle comme dans le dossier de drogue. À ses côtés, son beau-frère Saliou Bangoura a également dû s’expliquer. Le substitut du procureur, Cécé Roger Kolie, lui reproche d’avoir facilité la fuite du principal accusé vers la Sierra Leone. Une version balayée par l’intéressé, qui soutient qu’aucune preuve matérielle ne vient étayer cette complicité.
Le témoignage de la mère de la victime a marqué un tournant dans les débats. Cette dernière a maintenu ses accusations avec fermeté, expliquant qu’après avoir constaté des saignements, elle avait interrogé sa fille. Selon ses dires, l’enfant aurait formellement désigné Moussa Soumah comme l’auteur d’une pénétration digitale.
Pour soutenir ses propos, la plaignante a affirmé détenir des preuves, dont une vidéo des blessures de la fillette. Malgré l’opposition des conseils de la défense, représentés par Maîtres Mohamed Abou Camara, Adama Skel Fofana et Mamady Doumbouya, le tribunal a ordonné que ces éléments soient versés au dossier.
L’audience a finalement débouché sur une mesure de clémence pour Saliou Bangoura. Alors que le ministère public exigeait une caution de cinq millions de francs guinéens pour sa remise en liberté, le tribunal a revu ce montant à la baisse. Le beau-frère de l’accusé a obtenu sa liberté provisoire contre le paiement d’une caution de deux millions de GNF, en attendant la suite de la procédure.

