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Arrêt sur image : une situation qui va longtemps hanter ce camionneur

Rassurez-vous, l’image que vous voyez-là n’est pas surréaliste. Quoiqu’assez rare à première vue, elle n’en demeure pas moins absolument authentique. Elle a été prise, il y a des mois de cela, sur la RN1 Coyah-Kouroussa en construction, précisément entre Mamou et Dabola. Nous la tenons de deux transporteurs agréés d’hydrocarbures et produits assimilés par ailleurs, membres du bureau national du même nom, dont les camions citernes fréquentent régulièrement le tronçon, à l’effet de fournir en carburant les villes de l’intérieur : m. Bah Thierno Oury, BTO Transports et logistique et El hadj Férébory Donzo, Transkonia-plus.

Tout ou presque a déjà été dit sur cette route en construction dont le chantier, depuis un certain temps, évolue en dents de scie, hélas, plus souvent sur le mode arrêt que le reste. Nous ne nous attarderons pas là-dessus, espérant que les travaux reprennent rapidement du bon pied, comme souhaité par tout le monde.

Mais, revenons plutôt à notre sujet. Nous avons sollicité l’avis d’un ingénieur pour analyser la situation que nous montre l’image affichée. D’après lui, sur un plan général, nous voyons une excavation profonde effectuée en travers de la route pour construire un dalot en béton armé de 1mx1m, à enterrer sous remblai ; un camion suspendu, la ‘’tête’’ engagée dans le précipice, avec les roues avant du tracteur déjà dans le vide. Ledit camion n’est retenu que grâce aux amoncellements de terre résultant de l’ouverture de la tranchée que les ingénieurs du chantier ont regroupé sur la chaussée et qui ont freiné la remorque. C’est bien cela qui a permis d’éviter le pire. Autrement, il n’y a rien à faire, ce gros véhicule aurait immanquablement plongé tête première, au fond du trou béant, avec toutes les conséquences pouvant en découler.

Face à cet incident, deux hypothèses se présentent que nous transcrivons sous forme de quizz. Qui est responsable en pareil cas ? Serait-ce le chantier, pour manque ou insuffisance de signalisation ou le chauffeur pour imprudence ou infraction au code de la route ? Certes, les avis vont être partagés, chacun allant de son analyse et de sa compréhension. Mais, nous allons écourter le débat pour nous en tenir à l’essentiel.

Pour avoir fréquenté cette route à plusieurs reprises, depuis le lancement des travaux de construction, nous avons pu noter quelques faiblesses en matière de signalisation. Les panneaux sont de fabrication locale. Leur revêtement non normalisé, fait qu’ils se salissent vite et perdent de leur visibilité, en fonction des saisons qui s’alternent. On les voit tour à tour, couverts de poussière ou bariolés par les projections de boue, selon que nous soyons en saison sèche ou en saison pluvieuse. En outre, leur implantation pose problème. Nous avons affaire invariablement, à une signalisation de position, en lieu et place de celle avancée que l’on place à 150 m avant le danger, en rase campagne, comme le stipule le code de la route. Et là, c’est toujours un panneau triangulaire qu’il faut utiliser. On note également que beaucoup de panneaux sont tordus ou à terre, sans doute sous l’effet des chocs subis, sans être toujours redressés ou remis en place à temps. Et pour finir, ils ne sont pas fluorescents pour être utiles, la nuit surtout. De même, parmi eux, on compte plus de panneaux de limitation de vitesse à 30 km/h et de rétrécissement de la chaussée ou de déviation que le reste. Comme s’il n’y avait que cela à signaler sur un tel chantier.

Après la signalisation, venons-en à présent à la conduite du chauffeur. Sa responsabilité, dans ce cas de figure, demeure l’aspect le plus important à prendre en compte. En effet, quel que soit le déficit de signalisation que l’on peut évoquer, on s’attend toujours à ce que le conducteur qui aborde une telle route, en chantier et en pleine journée, soit très prudent et conduise en fonction du lieu qu’il aborde. Surtout qu’il est au volant d’une semi-remorque !

Une déviation existe bien en cet endroit. Mais, l’on s’interroge pour savoir s’il roulait trop vite pour l’avoir manquée du premier coup ? D’ailleurs, connaît-il assez le code de la route ? Était-il distrait ? Voyait-il bien la configuration du terrain ? Était-il sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue ? Était-il fatigué ? Avait-il sommeil au point de dormir au volant ? Telles sont les questions que l’on se pose au vu de cette image.

Et c’est dans la réponse apportée à l’une ou l’autre d’entre elles que se trouve la vraie explication de ce grave incident. Gageons que cela serve d’exemple pour ne pas en arriver là. Le maître-mot sera que chaque usager fasse preuve de grande prudence, partout où il se trouve, surtout lorsqu’il conduit sur une route en chantier.

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