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Après avoir été blanchi par la justice guinéenne des accusations de financement du terrorisme, Ali Saadi réagit !

Le juge d’instruction de Kaloum vient de prendre une ordonnance de non-lieu en faveur de l’homme d’affaires guinéo-libanais Ali Saadi dans l’affaire de financement du terrorisme. Ce dossier faisait suite au communiqué et la décision du Trésor Américain qui avait publier le nom de Monsieur Ali Saadi sur la liste de l’OFAC pour avoir introduit un homme d’Affaires Libanais  Kassem TAJEDINNE auprès de l’administration Guinéenne « corrompue » selon les termes du communiqué américain

Tajedinne était sur la liste de l’OFAC depuis 2009 pour avoir financé le HEZBOLLAH Libanais.

L’actuel ministre de la justice, alors procureur général de Conakry avait ordonné des poursuites et une instruction judiciaire fut ouverte le 7 mars 2022 contre Saadi. Après cinq mois d’enquête, la justice guinéenne a décidé un non-lieu. Nous avons recueilli les sentiments d’Ali Saadi après cette sentence.

Guinéenews : Vous venez d’avoir un non-lieu, quelles sont vos impressions ?

Ali Saadi : Je suis croyant et j’ai toujours eu la conviction que la vérité peut toujours être découverte si on la cherche. Cependant, ce dossier m’a affecté sur le plan moral parce que je ne suis jamais passé devant un Juge ou un investigateur en audition durant toute ma vie en Guinée.

Guinéenews : Etes-vous déçu du Procureur Général auprès de la Cour d’Appel pour l’instruction judiciaire déclenchée contre votre personne ?

Ali Saadi : Oui, au début j’en voulais au Procureur Général, mais le lendemain mes avocats m’ont fait comprendre qu’il faut plutôt recevoir avec la tête haute cette décision parce que les enquêtes permettront de ressortir la vérité et il est nécessaire d’engager ces enquêtes parce que le communiqué de l’OFAC précise bien que les faits indiqués se sont déroulés sur le territoire guinéen. Donc, il faillait que les services d’investigations concernés soient impliqués et que la justice guinéenne tranche par une décision officielle de justice. J’ai donc moralement digéré la procédure.

Toutefois, j’ai subi des mesures qui m’ont créée une dépression et avec ma foi je les ai supportées, grâce aux soutiens moraux que j’ai obtenus en Guinée et à l’étranger et l’aide de mes avocats Santiba Kouyaté, Mohamed Lamine Conté et Souadou Aribot qui se sont mobilisés pour me conseiller et m’accompagner dans toutes les différentes auditions, tout cela m’a aidé !

J’avais besoin de tous ces soutiens parce que le Juge m’a mis sous contrôle judiciaire, avec interdiction de sortir de Conakry, mes passeports saisis, interdiction de coopérer avec la presse, le gel de mes comptes bancaires privés, refus de ma demande de voyager à Paris pour un contrôle médical tant que je suis sous contrôle judiciaire et me présenter deux fois par semaines au greffe du Juge pour émarger et confirmer ma présence à Conakry. En plus, je suis passé plusieurs fois devant une commission rogatoire devant la direction centrale des investigations judiciaires de la Gendarmerie Nationale qui ont duré un mois, ensuite une seconde commission rogatoire à la Police Judiciaire devant laquelle je suis également passé.

J’ai vécu toute cette épreuve plus que 4 mois et cela n’a pas été facile, croyez- moi.

Je suis maintenant bien sûr à l’aise parce que les enquêtes ont démontré que bien que je connaissais l’homme d’affaire Libanais que j’ai introduit, laquelle introduction qui m’a créé toutes ces épreuves, je n’ai eu aucune relation financière avec lui, aucune opération commerciale, je n’ai aucune action dans ses affaires, je n’ai aucune présence dans le marché construit à BONFI.

Pour l’histoire, dans toutes les auditions j’ai expliqué et les autres témoignages l’ont confirmé que c’est le Président Alpha Condé qui m’a demandé entant que Consul Honoraire de Guinée au Liban, de lui trouver un investisseur qui pourrait construire un marché pour lui permettre de dégager certaines femmes vendeuses des rues et des trottoirs. Et cette demande de l’ex Président était utile pour le pays parce que toute la Guinée sait que nous n’avons pas de marchés modernes.

C’est ainsi qu’au cours d’un de mes séjours au Liban, j’ai rencontré Monsieur Tajedinne par hasard dans une cérémonie de deuil au Liban et le connaissant comme un homme d’affaire dans l’immobilier et ayant des moyens financiers, je lui ai fait la proposition du Président, il m’a visité au Consulat à Beyrouth et il a accepté.

Il est venu en Guinée et le Président nous a reçus devant l’ex Premier ministre Mohamed Said Fofana, l’ex Maire de Matam Madame Touré et le Conseiller Briqui Momo (Paix à leurs âmes).

Ensuite sur instruction du Président, je l’ai accompagné chez le Ministre de l’Habitat d’alors Monsieur Ibrahima Bangoura qui l’a envoyé sur le site de Bonfi ou le marché a été construit. Ma mission s’est arrêtée là.

Monsieur Tajedinne est venu très rarement en Guinée et pour des séjours très courts et c’est là où je le rencontrais, sans me mêler de ce qu’il fait, et sans même connaitre ce qu’il fait.

 Je ne lui ai donné aucun conseil pour le transfert d’argent et je ne le représente pas en Guinée et je n’ai jamais su qu’il était affiché sur la liste de l’OFAC.

Si le Monsieur que j’ai introduit est accusé de financer le HEZBOLLAH, moi je ne connais pas cela, je ne vis pas avec lui, je ne sais pas ce qu’il fait. Et si l’Ambassade des Etats Unis en Guinée avait informé les autorités guinéennes que Monsieur Tajedinne est sur la liste de l’OFAC depuis 2009 alors que je l’ai introduit en 2013, nous aurions évité toutes ces difficultés car ni les autorités guinéennes ni moi-même n’accepterons de discuter business avec une personne dont le nom est affiché sur l’OFAC. Je veux que l’on me reproche sur les faits que j’ai réalisés moi-même et non pas les faits réalisés par des personnes que je connais.

Pour ma part, je me suis exécuté entant que Consul Honoraire de Guinée au Liban et en tant que patriote guinéen dans l’intérêt de la Guinée qui a besoin des marchés et je n’ai pas agis pour servir Monsieur Tajedinne, mais plutôt servir la Guinée.

Et d’ailleurs servir un investisseur fait partie de mes habitudes, j’ai été le Président de la Communauté Libanaise de Guinée de 1987 jusqu’en 2013, et après cela, j’ai été élu Président d’Honneur, jusqu’à maintenant je détiens ce titre qui s’ajoute à mes fonctions de Consul Honoraire de la Guinée. Depuis que j’assume cette responsabilité de confiance de la part de la Communauté Libanaise, et cela depuis 35 ans et de l’Etat Guinéen, j’ai toujours assisté dans la mesure du possible tout citoyen libanais qui veut investir en Guinée. Ainsi je m’acquitte d’un devoir vis-à-vis des libanais qui m’ont élu mais aussi vis-à-vis de la Guinée qui reçoit des investissements. L’introduction de Monsieur Tajedinne n’est pas une première et j’ai conseillé d’autres libanais à investir en Guinée.

Guinéenews : lesquels?

Ali Saadi : J’ai introduit et encouragé une société libanaise qui s’est intéressée à faire un projet énergétique solaire de 15 Mégawatt à Kankan et 15 Mégawatt à Siguiri, la convention attend la signature si l’Etat est intéressé et j’ai également encouragé et introduit une entreprise libanaise pour un gigantesque projet de ferme de poulets à chair que le Président Alpha Condé avait à cœur.

Au temps du Président Alpha Condé, plusieurs réunions ont été organisées à la présidence pour ce projet de poulet de chair en présence de plusieurs hommes d’Affaires Guinéens et présidée par la Conseillère à la Présidence Chargée du Suivi des Initiatives Présidentielles.

Guinéenews : quelles sont les démarchés entreprises pour que vous soyez blanchi par les autorités américaines ?

Ali Saadi : Avec la décision du Juge Guinéen, je remercie Dieu que ce dossier soit clos en Guinée, pour moi et Monsieur Taher Brahim. S’agissant des démarches aux Etats Unis d’Amérique premièrement, je n’ai pas hésité dès le 5 Mars 2022 d’adresser une lettre à Monsieur l’Ambassadeur des Etat Unis d’Amérique pour expliquer non seulement les raisons de l’introduction de Monsieur Tajedinne auprès des autorités Guinéennes mais pour préciser que je demeure à la disposition de l’Ambassade en cas de besoin ou de nécessité. Secundo, j’ai mandaté un cabinet d’avocats à Washington pour engager les procédures administratives sollicitant l’exclusion de mon nom sur la liste d’OFAC en fournissant des éléments prouvant ma bonne foi et ma sincérité.

Pour ma part, je reste optimiste parce que je ne crois pas qu’il y ait de l’injustice aux Etats Unis d’Amérique. Je suis conscient que les services concernés aux Etats Unis d’Amérique ne font pas du tort. A mon avis ce dossier a été déclenché sur la base des informations communiquées qui méritaient d’être vérifiées profondément parce qu’à mon avis elles viennent des personnes de mauvaise foi qui peuvent être mes ennemis ou mes concurrents ou ceux de Monsieur Taher ou qui veulent nous faire du mal. J’espère qu’une fois les vérifications sont faites j’espère qu’à Washington les choses  rentreront dans l’ordre. Je reste totalement optimiste.

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