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Appel à manifester du FNDC : avant-goût ou répétition générale ?

Nous ne saurons répondre avec exactitude à cette interrogation.  Toujours est-il que nous avons vu la situation évoluer de façon graduelle mais disparate, à travers la ville. Ce matin, assez tôt, nous avons d’abord remarqué une nette réduction du flot de circulation habituellement enregistré en haute banlieue, notamment sur la route Le Prince et les transversales qui la coupent.

L’itinéraire Cosa-Bambéto a été de tous, le plus illustratif qu’il nous a été donné de voir, en termes d’avant-goût.  De l’avis des riverains, ils n’ont pas été nombreux, les automobilistes qui l’ont emprunté depuis la nuit passée, à l’aller comme au retour. Cette artère habituellement saturée par un flot incessant de véhicules : ‘’personnels’’, taxis, bus, minibus  »magbanas », motos et autres clandos en tous genres qui offrent leurs services, à coups de klaxon tapageurs, s’est muée en un vaste boulevard à la limite, vide et grandement ouvert. Aucun embouteillage ne s’est signalé sur toute sa longueur.

Une situation qui a fait le ‘’bonheur’’ de quelques taxi-motards qu’on a vu passer en trombe, avec un surnombre de passagers (jusqu’à quatre et plus sur la moto). Ils ont largement profité de la situation qui prévaut pour se faire des sous sur le dos des citoyens nécessiteux, sevrés de leurs moyens de déplacement habituels. Au même moment, en certains endroits de la ville, d’autres taxi-motards se sont plaints du manque de clients qui ont préféré différer leurs courses, en attendant que le calme revienne.

Il faut aussi souligner que la pluie s’est invitée au débat (ce qui nous a d’ailleurs privé d’images). Elle est tombée drue et assez longtemps sur une bonne partie de la capitale, participant ainsi au ralentissement effectif des activités, au moins jusqu’en fin de matinée.

Bien entendu, cela n’a en rien perturbé le stoïcisme affiché des forces de l’ordre qui ont été mobilisées en grand nombre à tous les points stratégiques répertoriés à l’avance. De nombreux pickups, camions de transport de personnels et lanceurs d’eau chaude ont été déployés pour dissuader ou empêcher toute manifestation ou même tout rassemblement. Ils étaient visibles à chaque carrefour et endroit, réputés sensibles ou pouvant servir de point de départ pour d’éventuels marcheurs.

C’est cette atmosphère qui a prévalu une partie de la journée, d’après ce qu’ont rapporté les nombreux confrères qui ont couvert l’événement, d’un bout à l’autre de son déroulement.

C’est après un long round d’observation entre les deux camps, que l’escalade s’est déclenchée. Des échauffourées et heurts violents se sont  alors produits ici et là et un cas de mort par balle a été signalé, en attendant le décompte final. Bien entendu et comme toujours, à tout cela se sont greffés des cas de blessés et de dégâts matériels. Il est à noter cependant, qu’en termes de gravité, le bilan de cette autre manifestation s’est avéré inférieur à celui de la dernière marche que le FNDC a organisée, avant d’être dissous.

Mais, faut-il s’en réjouir? Non ! Car, malgré les avis qui seront émis sur cet événement et tous les autres qui l’ont précédé, notre certitude est que, dès lors qu’il y a, ne serait-ce qu’un seul mort, personne n’a gagné. Plutôt, le pays a perdu! D’aucuns diront que les velléités de manifestations ont été étouffées dans l’œuf. D’autres vont alléguer avoir réussi, à paralyser la ville, à arrêter ou sinon à ralentir les activités. Assurément, chacune des deux thèses se défend bien et ne manque point d’arguments pour convaincre.

Mais, pour mieux comprendre, ajoutons-y ce que coûte, en termes financiers et matériels, la mobilisation, l’équipement, le transport et le maintien en poste de tous ces effectifs de corps habillés qui ont été planifiés pour le maintien d’ordre. De même, prenons en compte le fossé grandissant que pareil événement ouvre largement et qui sape la confiance mutuelle et le vivre ensemble souhaités par les populations. C’est alors qu’on se fait une idée du mal qu’on inflige à notre cher pays.

Nous avons tout à gagner à en finir vite et une fois pour toutes, avec ces contradictions récurrentes et préjudiciables à notre développement tous azimuts. Pour cela, nos dirigeants doivent se retrouver sans attendre autour de la table, pour dialoguer. Espérons seulement qu’ils y parviennent !

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