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Aly Touré, Procureur spécial de la CRIEF: « nous serons sans état d’âme »

Les membres de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ont été installés ce 21 janvier 2022 au siège de l’institution à Kaloum. Le Premier ministre Mohamed Béavogui a représenté le président de la Transition à cette cérémonie. Par l’ordonnance datée du 2 décembre 2021 et par l’amendement de ses compétences par l’ordonnance du 6 décembre.

Aly Touré, procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières a rappelé les infractions auxquelles la CRIEF sera chargée de poursuivre : « La soustraction et les détournements commis par les agents publics lorsque la valeur de la chose soustraite ou détournée est supérieure ou égale à 1 milliard GNF, la corruption des agents publics nationaux, étrangers et internationaux, l’exécution et le contrôle des marchés publics, la corruption dans le secteur privé, le détournement des prêts souscrits ou garantis par l’Etat, les infractions relatives à la Direction, l’Administration et le contrôle des établissements publics administratifs et des entreprises publiques ou semi-publiques, les délits des fonctionnaires qui ont transgressé leur incompatibilité, les vols, extorsion, abus de confiance ou escroquerie lorsque la valeur de ces infractions ou des choses faisant l’objet de ces infractions est supérieure ou égale à 1 milliard de GNF. Les infractions au contrôle de change, le blanchiment de capitaux et des infractions assimilées, les infractions définies par l’acte uniforme OHADA relatives aux sociétés commerciales et aux groupements d’intérêt économique, l’abus de fonction, le trafic d’influence, l’enrichissement illicite, le délit d’initié et enfin les infractions aux règlements sur  les maisons des jeunes. »

Il s’est ensuite engagé à user de sa force pour mener à bien sa mission : « Je m’engage solennellement à user de toute ma force, de toute mon intelligence et de toute mon énergie pour l’accomplissement de cette noble et exaltante mission que nous entendons mener sans état d’âme. Puisse Dieu m’en donner la santé nécessaire. »

Quant au président de la CRIEF, il a fait savoir que la création de cette Cour répond à un principe démocratique, celui de la redevabilité; c’est-à-dire tout citoyen qui exerce une portion du pouvoir du peuple ou gère des biens publics doit rendre compte à ce même peuple.

« Si ce devoir incombe donc naturellement à tout gestionnaire, il convient de préciser que cette Cour ne sera nullement une tribune de règlements de compte politique. Il sera toutefois, et c’est sa vocation première, un juste, impartial et puissant moyen de moralisation de la gestion des finances publiques. On se souviendra, que dans un passé encore récent, des voix autorisées en des occasions parfois solennelles, ont indiqué en termes chiffrés les conséquences catastrophiques du fléau de la corruption sur le niveau de vie de notre population », a-t-il souligné.

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