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Almamy Saïdou Sylla : « ne votez pas pour moi, votez pour vous-mêmes…»

L’interview était sollicitée à la mi-décembre. Mais ce n’est qu’à moins de 72 heures de l’assemblée générale élective de ce samedi 06 octobre que le candidat Almamy Saïdou Sylla nous l’a finalement accordé. Durant une demi-heure, le président de SOAR Académy a entre autres réitéré ses promesses en faveur du football guinéen : rassembler les acteurs, les former, restructurer la fédération… Assumant son nouveau statut de favori de cette élection – avec son retour au G47 –, A2S appelle les membres statutaires à voter pour eux-mêmes. C’est-à-dire en votant pour lui Almamy Saïdou Sylla qui est l’un des leurs. Dans cette interview, on parle également du Syli national et de Kaba Diawara, des arbitres, des textes de la fédérations… Interview !

Guinéenews : prévues le 25 novembre 2023, les élections ont d’abord été reportées au 26 novembre avant d’être finalement reportées à ce samedi 6 janvier 2024. Ce report vous a-t-il été profitable ou a plutôt cassé votre élan de départ ?

Almamy Saïdou Sylla : Je dirai que le report nous a profité. L’idée étant de se mettre tous ensemble, ce report nous a permis de continuer les démarches qu’on avait commencées afin de réunir tout le monde. C’est un report plausible parce que le consensus est en train d’avancer et tout le monde travaille ensemble.

Cela vous a permis de revenir au G47 ?

Cela m’a permis de continuer à travailler avec ma famille [le G47]. Je n’ai jamais dit officiellement que j’ai quitté le groupe. On a toujours eu les mêmes idées. Donc, on a fait que se remettre ensemble pour l’avenir du football guinéen.

En retrouvant ce groupe qui englobe la majorité des membres statutaires, est-ce que vous devenez de facto le favori de l’élection du 6 janvier ?

Avec les élections, on ne sait jamais. Mais, avec le nombre de personnes que je drainais déjà, avec maintenant le G47 et l’arrivée de KPC dans le groupe, on est en train d’aller vers le groupe que je voulais, c’est-à-dire le G73. Donc, oui, je pense que je suis le favori aujourd’hui. Parce que les membres statutaires sont tous ensemble aujourd’hui, je pense qu’aujourd’hui je suis le candidat favori. Et, ce samedi 6 janvier 2024, il n’y a pas de raison que les choses ne se passent pas comme on le souhaite tous.

En partant du G47, avez-vous quelque part prévu les déboires du candidat Mathurin Bangoura ?

Je ne pouvais pas les prévoir. Rappelez-vous que je suis membres fondateur du G47 et s’il y a erreur, nous sommes tous responsables. Aujourd’hui, on analyse tout ce qui s’est passé afin de mieux faire les choses. J’ai mon esprit d’analyse, je prends du recul sur certains évènements, mais je ne peux pas prévoir ce qui va arriver. Si l’erreur est commune, il est facile de la corriger si nous en sommes tous conscients et qu’on regarde dans le même sens pour la corriger. C’est ce que nous faisons actuellement. En aucun moment, moi je n’ai pensé que la candidature de Mathurin Bangoura pouvait poser problème dans la mesure où je devais faire partie de sa liste. Je ne pouvais pas non plus prédire cela.  Après tout, je vois plutôt un grand homme qui, malgré l’invalidation de sa candidature, il s’est mis au-dessus de tout pour l’intérêt du football. C’est lui qui est aujourd’hui en train de fédérer toutes les positions pour l’intérêt de notre football. Qui aurait pu faire cela ? Certains auraient jeté l’éponge et abandonné tout le monde. J’avoue que j’apprends de lui.

Vous l’avez peut-être dit dans d’autres médias. Pour Guinéenews on aimerait que vous reveniez sur vos priorités une fois à la tête de la Fédération Guinéenne de Football…

Une fois à la tête de la FGF, c’est de continuer déjà ce qu’on a commencé. C’est-à-dire remettre tout le monde ensemble. C’est vrai qu’il y a beaucoup de division dans ce football-là, on a beaucoup de mésententes et de caractérisations négatives. Donc, le premier chantier, c’est de remettre tout le monde ensemble pour qu’on puisse marcher sur le même chemin. C’est un chantier qui est à la fois difficile et pas difficile. Pas difficile parce qu’on a déjà commencé cela. Encore une fois, le plus important est de fédérer tout le monde. Nous membres statutaires, nous aimons tous le football. Nous nous sommes sacrifiés pour ce football et c’est maintenant le moment que notre sacrifice commence à payer en mettant chacun à un poste où il va faire ce qu’il sait faire pour ce football.  Quand tout le monde regarde dans le même chemin, les choses vont aller facilement et tous les autres chantiers passeront très facilement.

Les autres chantiers, c’est la restructuration de la fédération et surtout la formation de tous les membres du football guinéen, c’est-à-dire l’administration de la fédération, les joueurs, les encadreurs, les dirigeants des structures sportives. Il faut aussi donner une indépendance aux ligues régionales en leurs dotant des moyens pour qu’elles puissent fonctionner normalement.

Vous insistez beaucoup sur l’union des membres statutaires. Mais n’est-il pas impossible de mettre tout le monde ensemble dès lors qu’on a trois candidats ?

Pour moi, la divergence est la plus belle des choses. C’est la contradiction qui fait que l’on avance. La divergence des idées est vraiment excellente, même si dans cette divergence, il ne faut pas permettre des choses négatives. On ne peut pas avoir les mêmes idées, mais quand on se retrouve autour de la table, on peut trouver la meilleure solution. Nous devons faire attention à ce que les divergences ne soient pas un problème, mais qu’elles soient plutôt une source de motivation pour qu’on aille de l’avant.

Il y a vous, Bouba Sampil et AKB. Dites-nous ce qui vous démarque de vos concurrents ?

Ce qui me démarque de ces candidats, c’est ma proximité avec tout le monde, ma capacité à fédérer tout le monde. En tant que le plus jeune, je me mets à la disposition de chacun pour parvenir à réunir tout le monde. Par ailleurs, je vous invite à revoir mon parcours. Cela fait 18 ans que je suis dans ce football et j’y ai gravi tous les échelons. J’ai commencé dans l’informel, puis la ligue 3, la ligue 2 et la première division. Par ailleurs, j’ai quitté la Ligue Guinéenne de Football Professionnel en tant que premier vice-président. La différence entre les autres et moi, c’est que j’ai passé dans tous ces compartiments de notre football et j’ai vu tous ses côtés. Je n’ai peut-être pas été un grand footballeur, mais nous avons tous joué au football en Guinée à un certain niveau. Donc, je comprends tout le monde parce que j’ai travaillé avec tout le monde. L’autre différence est aussi que je côtoie tous ces membres statutaires tous les jours. Alors que les autres, c’est parce qu’il y a élection qu’ils commencent à être en contact avec eux. Quand je les appelle ou quand on se voit, ce n’est pas comme si c’était la première fois. Je sais ce qu’ils veulent et ce qu’ils peuvent apporter à notre football. Je compte utiliser ces membres statutaires pour qu’ensemble on sorte notre football de ce trou. On a vraiment mis une mauvaise image sur ces membres statutaires et je suis là pour la leur enlever. Je suis là pour leur dire que nous sommes capables de nous mettre ensemble, et sortir le football du trou. Et dans les quatre ans à venir, vous allez voir que ces membres statutaires vont travailler ensemble pour le rayonnement de notre football.

Revenons un peu en arrière. Quelle impression vous a laissé le CONOR après les deux ans de transition ?

Comme je l’ai toujours dit, j’attends l’après élection pour parler du CONOR (Comité de normalisation). Parce que ce CONOR était là pour préparer et organiser ces élections. Malheureusement, avec tout ce qui s’est passé, les élections n’ont pas eu lieu. On espère que ce samedi, elles auront lieu et qu’elles seront la suite de ce qu’ils ont mis en place. Je peux déjà dire qu’on aurait pu aller rapidement, mais ils ont fait ce qu’ils pouvaient faire. Il faut surtout savoir que dans ce CONOR, il y avait des gens qui n’étaient pas du monde du football. Cela a eu à la fois un avantage et un inconvénient. Ils (les dirigeants du CONOR) étaient dans un milieu qu’ils ne connaissent pas et je pense qu’il y avait des partis pris qu’ils ne pouvaient pas comprendre. Ils sont arrivés avec des idées qu’on avait déjà mises dans leurs têtes […] Après, la réalité est parfois différente des idées reçues. L’après élection nous permettra de bien les juger.

Quand vous dites que vous allez les juger après les élections, est-ce que cela se fera au moyen d’audits ?

C’est tout à fait normal de faire des audits. Mais comme vous le savez, ils ont déjà fait des rapports qu’on a validés. Les gens pensent que les audits c’est quelque chose de négatif, mais moi je pense que c’est un état des lieux. Si j’arrive demain et que je dois aller à la CAN une semaine après, je dois savoir si j’ai 100 dollars ou 100 000 dollars dans le compte pour savoir ce qu’il faut faire. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est qu’avec le CONOR c’était une pause au milieu de la fédération. Il y a eu deux ans durant lesquels il n’y a pas eu de fédération. Ils étaient juste là pour un certain nombre de choses et il y a plein d’autres choses qu’ils ne pouvaient pas faire. Dans tous les cas, moi, si je suis élu, je vais faire un état des lieux pour voir ce qu’ils ont laissé et savoir sur quoi je peux me baser pour bâtir.

Parlons Syli national. Nous avons un sélectionneur qui ne fait pas l’unanimité au sein du public guinéen. Le candidat que vous êtes est-il pro Kaba Diawara ou préférera un autre entraineur une fois élu président de la FGF ?

Comme je le dis à chaque fois, il faut faire l’état des lieux. Je vois Kaba de loin. Je ne sais pas ce qu’il fait parce que je ne suis pas président de la fédération. Je n’ai donc pas les informations sur le travail qu’il fait. Mais très rapidement, quand je vais arriver, j’irai voir Kaba et les joueurs pour voir les moyens qu’on a mis à leur disposition. Et à partir de là, je vais le juger. Aujourd’hui, pour le juger, je le ferai comme un supporter. Et en tant que supporter, quand l’équipe joue, même si c’est contre le Brésil, je veux qu’on gagne cinq buts à zéro. En tant que supporter, je ne suis pas pour Kaba. Mais en tant que dirigeant, c’est différent. Je dois voir ce qui se passe à l’intérieur avant de juger. Il ne faut pas se mentir, Kaba a quand-même emmener des joueurs de niveau comme notre attaquant [Sehrou Guirassy] qui est l’un des meilleurs au monde actuellement. Il y a de ces joueurs au sein du Sily national, c’est lui qui a fait les démarches pour les faire venir. Maintenant, est-ce qu’il est en train de bien les gérés (les joueurs) ? Est-ce que tous les moyens sont à sa disposition et est-ce qu’il utilise ces moyens-là correctement ? Je ne peux pas le dire maintenant. Croyez-moi, je suis quelqu’un de très franc. Quand je serai président et qu’on a une interview dans les deux ou trois semaines suivantes, je vous dirai ce que je pense de Kaba.

Le probable futur président de la FGF est-il pour les entraîneurs locaux ou les expatriés ?

Je suis pour le meilleur. Il faut qu’on arrête ce stigmate. Si le meilleur sélectionneur est guinéen, je prends le guinéen. S’il est étranger, je prends l’étranger. Prenons le meilleur profil pour le poste et arrêtons avec cette forme de nationalisme. Moi par exemple, l’académie de football que j’ai créée est dénommée les Supers Olympiades d’une Afrique Renaissante (SOAR). Ce n’est pas les supers olympiades d’une Guinée renaissante, mais plutôt une Afrique renaissante. C’est pour vous dire qu’aujourd’hui, il faut qu’on arrête cela cette forme de nationalisme. Il est vrai qu’un Guinéen serait l’idéal. Parce ce qu’il comprend la Guinée, il connaît la Guinée.  Normalement, être guinéen c’est un avantage. Mais si le Guinéen n’a pas le niveau de l’expatrié, on est obligé de prendre l’expatrié. Mais on peut faire mieux en formant nos entraîneurs pour qu’il soit au niveau des autres. En tout cas, si on a un Guinéen et un étranger qui ont le même niveau, on prendra bien évidemment le Guinéen. Mais, si j’ai un Guinéen qui a un plus bas niveau et l’étranger le haut niveau, je vais être contraint de prendre l’étranger. Mais si l’inverse se pose aussi et que le Guinéen est meilleur que l’étranger, je prendrai le meilleur. Donc, l’idée aujourd’hui c’est qu’on arrête ce nationalisme au profit du meilleur et qu’on donne le droit à chacun de faire le meilleur résultat possible.

Comment appréciez-vous qu’il n’y ait un seul joueur local parmi les 25 sélectionnés en vue de la CAN ?

Il faut déjà reconnaître que le championnat a commencé très tard. Quand Kaba Diawara publiait sa liste, je crois qu’on n’avait joué qu’un ou deux matchs du championnat. Les seules équipes dans lesquelles il aurait pu puiser sont les équipes en campagne africaine. Or, trois d’entre elles avaient déjà été éliminées en phase préliminaire et il ne restait qu’une seule en course. Je crois que cela a un peu joué en sa défaveur. J’espère que cette excuse va arrêter d’exister parce qu’on va essayer de mieux organiser le championnat. C’est une garantie que je vous donne : on va mieux organiser ce championnat, il sera plus constant et le niveau sera relevé. On va commencer aux bonnes dates et finir aux bonnes dates. Il sera désormais facile pour le sélectionneur de faire des choix dans le championnat local. D’autre part, il faudra qu’on aide le sélectionneur à rester sur place. Parce qu’il ne peut pas rester en France et bien voir le championnat. Je connais le football et j’adore le regarder. Mais quand on me montre un joueur sur une vidéo, et quand je le vois en vrai, ce n’est pas la même chose. Donc, il faudrait qu’on essaye de ramener notre sélectionneur pour qu’il soit basé en Guinée. Même si ce n’est pas lui, que dans son staff qu’il y ait quelqu’un qui soit là localement pour remarquer les meilleurs joueurs et les intégrer dans l’équipe. Parce que je crois qu’on a de très bons joueurs dans le championnat guinéen. Malheureusement, cette année, le championnat a commencé un peu tard. Et pour moi, c’est désolant. Sans quoi, on a des joueurs qui auraient leurs places dans l’équipe qui a été sélectionnée pour la CAN. Rappelez-vous qu’on avait droit à 27 joueurs. Mais il n’en a pris que 25. Les deux autres places, si le championnat avait commencé tôt, on pourrait les trouver ici. Si le championnat avait commencé à temps, on pouvait l’accuser de n’avoir pas pris des locaux.  Mais, le championnat n’a pas commencé à temps. Où pouvait-il pu prendre ces joueurs-là ?

Sur le championnat, pensez-vous que l’échec des clubs guinéens en campagne africaine cette année soit seulement le fait de manque de compétition au niveau local ?

Oui, je l’ai déjà dit, il y a le manque de compétition. Les équipes que nous amenions dans les compétitions africaines avaient zéro match dans les jambes là où certains de nos adversaires étaient à une dizaine de matchs dans leurs championnats respectifs. Si le championnat avait commencé un peu plus tôt, cela aurait été une solution. Mais il n’y a pas que cela. Il y a aussi que nos clubs ne bénéficient pas d’un accompagnement de l’Etat à la différence des autres clubs qui sont soutenus par leurs Etats respectifs. Nous, le soutien vient souvent tardivement et c’est toujours insuffisant. Si on a un championnat régulier couplé au soutien de l’Etat, les résultats viendront. Mais il faut d’abord commencer par mieux structurer le championnat, ainsi on pourra convaincre l’Etat à nous accompagner. C’est ce que j’appelle aussi aider l’Etat à nous aider. Pour moi, la solution passe par là. Les gens vont comprendre quand je mettrai en place mes idées avec La Ligue Guinéenne de Football Professionnel. Je vous garantis qu’on fera de meilleurs résultats en campagne africaine.

Pour la sélection nationale, le probable futur président de la FGF est-il pro joueur local ou pro joueurs évoluant en Europe ?

Comme pour l’entraineur, je suis pour le meilleur joueur. Si on a un gardien qui est dans le championnat guinéen qui est meilleur que le gardien qui est en Europe, je préfère qu’on prenne le local. Pour moi, c’est de l’insulte de séparer le championnat local des autres. Il faut qu’on prenne le meilleur joueur au poste et qu’on arrête de séparer ces joueurs-là. C’est comme cette différence qu’on faisait à un moment entre les nationaux et les binationaux. On faisait toujours une opposition. On cherchait toujours à diviser. Il faut arrêter de diviser, ce sont des Guinéens qui jouent en Europe, en Amérique, en Asie ou ailleurs. Donc, aujourd’hui, il faut qu’on enlève tous ces stigmates et qu’on prenne les meilleurs joueurs à leur poste, ainsi les résultats vont venir. N’oubliez pas que ce sont des professionnels qui sont aussi en Guinée et qui vivent de leur travail.

On est d’accord qu’ils sont tous des professionnels. Sauf que ce ne sont pas les mêmes traitements, ni les mêmes conditions d’exercice de la profession. Pour les mettre à la même table ne faudrait-il pas commencer par améliorer le statut du footballeur professionnel local ?

Pour améliorer le statut du joueur guinéen, il faut améliorer le statut des équipes dans le championnat local. Il faut leur donner plus de moyens, il faut les aider. Aujourd’hui, on a tendance à toujours vouloir utiliser le fouet. Mais il faudrait peut-être mettre la carotte à côté. C’est-à-dire mettre plus de moyens à la disposition de ces clubs. Quand on regarde par exemple le championnat congolais, les stades sont remplis, les recettes sont déjà là et les salaires sont conséquents. En tout cas, ils ne peuvent pas être comparés aux salaires en Guinée. Ici en Guinée, le public adore le football, mais ils veulent voir les stars. Les grands joueurs, on peut les faire venir.   Mais pour les avoir, il faut qu’il y ait des grands clubs qui sont prêts à les traiter comme cela se doit. Et pour y arriver, il faut mettre les moyens à la disposition de ces clubs. Il faut également les former à faire des résultats avec le peu de moyens qu’ils ont.

 

Aucun Guinéen parmi les arbitres de la CAN. Pourquoi, selon vous ? Et que doit-on faire pour améliorer la qualité de l’arbitrage guinéen ?

Désolé d’utiliser le même mot, mais c’est encore la même chose : le manque de formation.  L’arbitre guinéen, il faut lui donner plus de formation et plus de moyens. Il est facile de taper sur l’arbitre quand il fait des erreurs. Mais qu’est-ce qu’on lui a appris ? En réalité, on ne lui a pas appris grand-chose. Il faut d’abord mieux les former, et on pourra les critiquer. Sauf que souvent, on est plutôt prêt à les taper dessus. Sinon, si je regarde le championnat, je vois de très bons arbitres qui ont juste besoin de formation et des échanges d’expériences avec des arbitres d’ailleurs. On peut commencer par des échanges avec les arbitres d’à côté. Imaginez un arbitre guinéen qui arbitre un derby en Côte d’Ivoire ou au Sénégal et que l’opposé se produise en Guinée. Cet arbitre étranger n’aura aucune pression et pourra faire une bonne prestation qui peut inspirer les autres.

Les relations entre le FGF et le ministère de tutelle sont parfois tumultueuses. Comment comptez-vous améliorer ces relations une fois à la tête de la fédération ?

Il faut reconnaître que c’est une relation qui est très, très importante. Le premier bailleur de fonds de la fédération, ce n’est pas la FIFA, ni la CAF. C’est le gouvernement guinéen. Quand l’équipe nationale joue en Guinée, c’est le gouvernement guinéen qui finance tout. Il faut donc qu’on ait une très bonne relation avec le gouvernement, avec le ministère des Sports, pour qu’ensemble on puisse faire de bons résultats. C’est cela la première des choses. Le gouvernement est très important parce que ce sont eux qui donnent la dynamique. Si on a pu se donner la main et travailler ensemble (au G47), c’est parce que le gouvernement a créé le cadre. Il faut également qu’on sache que chacun a son rôle. Le ministère a beaucoup de fédérations à gérer, nous ne sommes donc pas seules. Tout comme le ministère doit connaître son rôle, nous aussi, en tant que fédération, on doit savoir que nous dépendons du ministère. Nous voyons aujourd’hui que ce jeune gouvernement est en train de faire beaucoup de choses sur beaucoup de chantiers dont celui des infrastructures sportives. Il ne faudrait pas qu’on vienne encore leur donner de nouveaux chantiers. Nous devons plutôt les aider à nous aider. Et je vous le garantis, je vais aider ce ministère à mieux aider la Fédération Guinéenne de Football. Je crois en ce gouvernement, je sais qu’il est capable de nous aider et je vais les soutenir à nous aider.

Allez-vous faire modifier les textes de la Fédération si vous êtes élu président ?

Bien-sûr ! Si nous les membres statutaires nous sommes tombés d’accord pour voter les statuts actuels, c’est parce qu’on voulait récupérer notre fédération. On voulait rapidement récupérer notre fédération parce que la FIFA et la CAF nous disaient qu’elles ne vont plus nous donner des moyens, qu’elles vont nous retirer leur soutien. Nous les avons donc votées, mais en réalité il y a quelques changements à faire dans ces statuts et règlement intérieur. Cela est normal ! Les lois, il faut les améliorer quand il faut. Même les lois du pays sont souvent améliorées pour être adaptées à la réalité. Il y a des petites erreurs qu’on avait constatées et qu’on a remontées au CONOR, mais qui n’ont pas pu être corrigées. Il faudra le faire.

Quelques exemples de points dans ces textes sur lesquels vous n’êtes pas d’accord…

Un exemple est le poste de vice-président. On dit que le premier vice-président est le vice-président le plus âgé. Je ne vois pas pourquoi l’âge devait avoir une importance pour ce rôle-là. On aurait pu dire qu’il doit être le plus expérimenté. Mais le plus âgé, à mon sens, cela n’a aucune importance et c’est même illégal. Même pour la liste de candidature, on n’était pas partant. Mais il fallait récupérer la fédération. Il y a en tout cas sept à huit points des statuts qu’on va améliorer progressivement. Il faut adapter les statuts à la réalité guinéenne, avec bien sûr l’accord de la FIFA et de la CAF.

Qu’en est-il des organes électoraux, notamment la commission électorale et la commission électorale de recours, qui suscitent souvent polémiques au sein des acteurs du football ?

C’est vrai qu’on n’avait pas d’autres options. Mais ce qu’il faut dire c’est que c’est nous qui avons voté ces organes électoraux. Il est donc difficile de nous mettre à les critiquer aujourd’hui. Je suis aussi quelqu’un qui n’aime pas critiquer l’arbitre. Je viens dans l’arène du jeu, je fais mon match. On ne va pas se mentir, ils ( les membres des commissions électorales)  ont fait des erreurs. Mais je pense qu’ils sont en train d’apprendre. La réalité c’est qu’aucun d’entre les membres de ces commissions n’a été auparavant dans une commission électorale d’une quelconque fédération sportive. Quoi qu’il en soit, je ne vais pas m’accentuer sur l’arbitrage parce que lorsque l’arbitre a décidé, vous allez beau critiquer, cela ne changera pas le résultat du match. Je m’accentue plutôt sur le fonctionnement de la fédération et avec les membres statutaires, on va voir comment on pourra améliorer ces deux commissions.

Les mécènes dans le football guinéen. Comment voyez-vous cela ? Des avantages ? Des inconvénients ?

Pour moi il n’y a que des avantages. Avoir des gens comme Antonio, KPC, général Mathurin Bangoura, Louis Camara…, n’a que des bénéfices pour le football guinéen. Dans d’autres pays, vous n’avez pas cela. Ici, vous avez des gens qui sont prêts à prendre leur argent pour le mettre dans le football. Il faut les encourager. Ce qu’ils veulent en retour, c’est que leurs équipes atteignent un certain niveau en Guinée et en Afrique. Que leurs équipes compétissent dans les meilleures compétitions africaines et qu’elles représentent la Guinée dignement. Je vais continuer à me battre pour favoriser cela. Nous avons intérêt à ce que ces mécènes restent dans le football. Avec leur présence dans le football, nous étions à un moment parmi les meilleurs championnats du continent. A part les équipes nord-africaines, rares sont  celles du sud du Sahara qui parviennent à battre nos clubs. Même avec sans compétition, le Horoya a fallu sans sortir contre le club ghanéen au tour préliminaire de la CAN de la Ligue des champions ; le Hafia a éliminé le club sénégalais au premier tour avant d’être éliminé par un club marocain ; l’Académie SOAR a su renverser le club ivoirien pour obtenir le tout premier ticket de son histoire pour la phase de groupe de la Coupe CAF. Je vais alors continuer à me battre pour qu’ils (les mécènes) restent. Je vais également me battre pour encourager tous ces présidents qui arrivent à faire des résultats avec le peu de moyens qu’ils ont. N’oublions pas que tous ceux-ci déploient aussi des moyens. Il faut protéger tout le monde, il faut encourager tout le monde, parce que c’est très difficile de gérer un club de football.

Alors, c’est quoi le message aux membres statutaires ?

Comme je le dis à chaque fois que j’ai l’occasion de leur parler, le message c’est :  ne votez pas pour moi, votez pour vous même. Votez Almamy Saïdou Sylla ce n’est pas votez le candidat, c’est voter pour nous les membres statutaires de la Fédération Guinéenne de Football. Je suis un membre statutaire comme vous, j’ai traversé tout avec vous, je suis allé jusqu’à Beyla pour mon premier match en Ligue 2. Je suis allé jusqu’à Beyla pour le football et je suis prêt à aller partout ailleurs pour le football guinéen. Votez pour nous même et ensemble nous allons faire tellement de choses dans ce football. Nos membres statutaires ont tellement de talents, il suffit juste de trouver le bon jumelage pour que les résultats soient là.  Encore une fois, votez pour vous-même c’est-à-dire votez Almamy Saïdou Sylla pour la Fédération Guinéenne de Football et ensemble on va révolutionner le football guinéen, on va le redynamiser, on va le rajeunir et montrer ce qu’on sait faire. Le Hafia77, c’est depuis les années 70, il est maintenant temps qu’on revive ces mêmes moments de gloire.

 

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