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Accident de moto: et si à la place de ce casque, c’est la tête qui avait pris le coup ?

Nul doute que le motocycliste en serait mort. Ce qui fend un casque, fend nécessairement une tête ! C’est facile à comprendre. Une boîte crânienne n’est pas une carapace blindée. Elle est mince et fragile.

Elle protège ce que nous avons de si essentiel pour vivre et intégrer parfaitement la société: notre cerveau. Quand, dans un accident de moto, la tête nue heurte le sol avec l’énergie développée par l’engin qui tombe à une vitesse donnée, il y a forcément des dégâts. Ou bien, l’intéressé meurt sur le coup ou il souffre de traumatismes crâniens. Les médecins les répartissent en deux groupes : ceux avec perte de connaissance et ceux à la suite desquels, la victime se relève comme si elle n’avait rien. Tout le monde se réjouit qu’elle soit indemne, donc tirée d’affaire. Avant la rechute qui arrive bien souvent après. Préoccupante, puisque très grave.

Le traumatisme crânien est un grand facteur de morbidité et de mortalité, surtout chez les jeunes qui en sont les principales victimes. Il se définit comme « un ensemble de lésions et de troubles provoqués par un choc direct reçu sur le crâne ou par un brusque mouvement d’accélération ou de décélération essentiellement au cours d’un accident de la voie publique ou à la suite d’une chute.»

Les traumatismes crâniens sont fréquents chez nous. Ils concernent principalement les conducteurs d’engins à deux roues, notamment ceux qui violent l’obligation qui leur est faite de porter le casque en toutes circonstances quand ils roulent à moto. Il y en a qui n’en font usage qu’à la vue des agents ou à l’orée des carrefours où ils savent qu’ils vont immanquablement les trouver. Le reste du temps, le casque est accroché sur la moto, comme un objet de décoration. Et c’est dans ces circonstances que certains d’entre eux tombent et se font très mal, pendant que le casque qui pouvait les sauver est accroché à côté.

A force de perdurer et de produire des effets collatéraux de dimension sociale et économique considérables, ce phénomène est devenu un réel de problème de santé publique. C’est ainsi que, du temps du CNDD, des études ont été menées à l’échelle nationale par le département de la santé. Les résultats obtenus ont alerté les autorités qui ont aussitôt mis en place un point focal pour gérer cet important dossier. Nous prendrons langue avec son premier responsable pour mieux développer le sujet dont l’incidence sur le développement socioéconomique du pays n’est point à démontrer.

D’ici là, retenons qu’un motocycliste ne porte pas son casque pour le plaisir ou l’intérêt d’un agent de la police ou de la gendarmerie routière. Non plus, il n’y a guère de tête blindée. Comme le dirait Toto, dans le langage simpliste qu’on lui connait: tête égale tête. A l’hôpital, on peut tout réparer, changer, couper et raccorder, sauf la tête. Une fois qu’elle est fortement touchée dans un choc, même si on a survécu, les séquelles qui en résultent font qu’on n’est plus un homme, au sens complet du terme. Les spécialistes expliquent dans des termes inaccessibles aux néophytes que « des séquelles neurologiques ainsi qu’un syndrome subjectif comportant des troubles psychiques ou neuropsychiques sont à l’affût de la majorité des traumatisés crâniens: vertiges, amnésie, épilepsie, maux de tête, trouble de la mémoire, dépression, etc.»

Une formule, bien de chez nous, traduit cela au mieux : « ah ! Laisse-le, ne l’écoute pas. Il n’a pas sa tête !»

Ce propos, pour son expressivité parfaite, s’accompagne d’une gestuelle de la main. Pendant qu’on le tient, l’index droit est pointé sur la tête, dans un mouvement tournant.  Cela signifie en clair que l’intéressé, sans être dément ou fou à lier, est un bon à rien, un con.

Et c’est bien dommage, quand la victime est un jeune qui a refusé de porter son casque !

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