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Accident de camion-citerne : un self-service pour pillards de carburant

Un accident s’est produit ce matin à Labota, un col de montagne très abrupt, situé sur la RN1. Pour les familiers de la zone, c’est non loin de la mosquée isolée qui se situe après le district communément appelé Aldjanna-Silimbi, en direction de la sous-préfecture de Mambia.

Nous n’avons pas encore le constat de la gendarmerie routière pour connaître les circonstances réelles de cet accident. En attendant, des informations recueillies sur le terrain font état de dérapage qui a probablement entraîné l’avant de la citerne dans le caniveau.

Serait-ce dû à une mauvaise conduite, à un ennui technique, à l’état de la route en construction, à la pluie qui est tombée rendant la chaussée boueuse et glissante, ou toute autre cause fortuite ? Le constat de la gendarmerie va nous édifier.

En termes de dégâts matériels, nous pouvons constater sur l’image, une rupture de l’attelage. Le tracteur est totalement séparé de la citerne.

Mais, ce qui est de loin, le plus urgent et le plus grave à signaler, c’est le pillage de carburant qui semble déjà bien entamé. Que cette menace ait été entre-temps, circonscrite ou pas, voire même totalement enrayée par les services de sécurité, ne nous a pas été rapporté, pour l’instant.

Par contre, les images nous montrent à suffisance le pillage en cours par les riverains ou les premiers venus, rassemblés sur les lieux de l’accident.

Citons de visu, les bidons regroupés, les personnes qui s’affairent autour du camion, la plupart l’échine courbée, occupés qu’ils sont à remplir leurs récipients, l’individu perché au-dessus du trou d’homme, en haut de la citerne, mais aussi une moto garée là, qui doit sans doute servir au transport du butin volé.

Tout cela indique bien que nous ne sommes pas en présence de secouristes, mais plutôt de personnes déterminées à faire du mal, en pillant du carburant. Leur intention est tout, sauf louable et désintéressée. Et c’est ce qu’il faut condamner. Ils pensent trouver leur bonheur dans le malheur d’autrui. Hélas, ils se trompent lourdement !

L’acte en lui-même est potentiellement dangereux. A ce moment précis, il suffit d’une étincelle, d’un point chaud ou d’un choc sur la citerne pour qu’il y ait subitement un incendie. Et tout le périmètre prend feu, y compris les personnes regroupées autour du camion et leurs récipients. De pareils actes se commettent partout à travers le pays. Chaque accident de camion-citerne constitue une aubaine pour des individus à la recherche du gain facile. Ils sont inconscients des graves dangers qui les guettent dans leurs opérations de ‘’récolte’’ effrénée de carburant. Parmi ceux-ci, nous avons l’incendie et l’explosion.

Notre pays a connu des épisodes douloureux de ce genre, notamment à Gbikily, à une quarantaine de km de Kindia, en provenance de Coyah. Cette catastrophe a coûté la vie à des dizaines de personnes, principalement des jeunes, venus recueillir du carburant qui s’écoulait la nuit, d’une citerne renversée.

Au-delà des conséquences sur l’environnement, ci-avant évoquées, l’épandage de carburant par suite d’accident ou d’incident technique entraîne la pollution de la nappe phréatique.

Un camion-citerne est un danger. Mieux, c’est une bombe. Qu’il soit vide ou plein, en panne ou renversé. Qu’il présente ou non, des fuites. Il faut toujours s’en éloigner, le plus loin possible. C’est une attitude que chacun doit observer scrupuleusement, en toutes circonstances.

Comme on le voit, c’est d’un sujet urgent et gravissime qu’il s’agit. Il faut y faire face. Dans un premier temps, nous pensons que l’information, l’éducation et la sensibilisation des populations restent essentielles.

Ensuite vient la mise en place de dispositifs d’alerte et d’intervention rapide et efficace qui couvrent l’ensemble du territoire.

Et au bout, en soutien à tout ce qui précède, l’adoption d’un cadre légal qui permette de réglementer l’activité de transport de carburants et de sanctionner les auteurs de pillages.

Le département des hydrocarbures, les transporteurs de produits pétroliers, les services de sécurité, les responsables des communautés urbaines et rurales riveraines des routes fréquentées par les camions citernes sont les porteurs de cet espoir.

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