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Aboubacar Soumah sur la convocation de Dalein à la CRIEF : « à sa place, je ne reviendrai pas… »

Aboubacar Soumah, le président du parti Guinée pour le Développement et l’Equilibre (GDE) est intervenu ce lundi matin sur les antennes de Fim FM pour « déplorer » tout ce qui arrive à Cellou Dalein Diallo ces jours-ci.

Pour lui, l’ancien ministre des Transports de feu général Lansana Conté n’a été qu’un simple exécutant et non le principal auteur de la vente de la défunte compagnie Air-Guinée. L’ancien député de l’UFDG estime qu’avec la tempête déclenchée sur la tête de Cellou Dalein depuis un certain temps, il serait mieux pour lui, de ne pas rentrer au pays en cette période incertaine.

Interrogé donc sur la convocation adressée, la semaine dernière, au leader de l’UFDG, Aboubacar Soumah trouve ‘’anormal’’ que Cellou Dalein, simple exécutant, soit convoqué devant la CRIEF

« … Je suis l’un des témoins vivants de cette situation. Mais je vous avoue que j’ai peur pour mon pays et pour mon peuple. J’ai peur parce que lorsque la Guinée doit se transformer encore en cimetière de ses élites et de ses intellectuels… J’ai peur pour mon pays lorsque la Guinée doit devenir encore le pays où règne la loi du plus fort. J’ai peur pour mon pays lorsque la justice peut être outre qu’indépendante. J’ai peur pour mon pays lorsque les fils qui, a un moment, se sont sacrifiés pour apporter leur modeste contribution pour des raisons socio-économiques, au lieu d’être récompensé dignement, se retrouvent dans les situations misérables d’humiliation… J’ai vraiment peur pour mon pays. Maintenant pour revenir à votre question. J’avoue que Cellou Dalein Diallo, avant d’être à la tête du ministère des Transports, la Guinée avait des Boeings. Deux de ces Boeings ont été achetés par la République Fédérale du Nigeria. Cellou n’était pas encore ministre des Transports. En sa qualité de ministre des Transports, le ministère qui engage la Guinée sur le plan économique, c’est celui de l’Economie et des Finances. En plus de ce ministère, après le Discours-Programme du 22 décembre 1985, il y a eu la création de la Cellule de Privatisation qui s’occupait uniquement de la privatisation de toutes les unités industrielles existantes des entreprises publiques d’Etat. Parce que nous avions changé de système économique. Du centralisme économique, on a adopté désormais ce qu’on appelle le libéralisme économique. Les principes de l’un ne peuvent pas fonctionner dans l’autre. C’est pourquoi les bailleurs de fonds, les institutions de Bretton-Woods ont conseillé la Guinée de se libérer d’Air-Guinée. Lorsqu’on parle aujourd’hui d’Air-Guinée, les gens ne voient que de l’avion !  Ce n’est pas seulement l’avion ! Air-Guinée dans sa fonction plurielle, il y des infrastructures et tout ce qui s’en suit. Cette compagnie était à un moment donné budgétivore. Air-Guinée consommait plus que ce qu’il faisait rentrer dans les caisses. Les entretiens des avions ne pouvaient pas être assurés. L’entretien du personnel ne pouvait pas continuer à être assurer. L’entretien des aéroports non plus. Même les 114 entreprises ou industries dont on parle étaient au rouge. La preuve, allez-y demander à Hadja Saran Daraba qu’elle vous dise exactement sincèrement quel était le tableau de bord de ces unités industrielles. … A part les industries mixtes telles que CBG, FRIGUIA, aucune autre industrie ne répondait sur le plan commercial et économique. Donc, il faut aller à la privatisation, il fallait vendre. Lorsque l’Etat veut vendre un de ses biens, c’est autoriser par la loi. Cellou Dalein en tant que ministre des Transports est chargé des régulations aériennes… Ce qui concerne la partie financière… Cela relève du ministère de l’Economie et des Finances et de la Cellule de Privatisation. »

C’est comme le cas aujourd’hui du directeur du Garage de Gouvernement qui est autorisé à vendre les véhicules neufs de l’Etat achetés par le régime déchu ?

« Exactement. Que nous les Guinéens, nous cessons de personnifier l’Etat. Un ministère des Finances est incarné par une personne morale. Et non pas une personne physique. Depuis que le ministère des Transports existe, il y a eu combien de ministres des Transports ? Il y a eu combien de ministres de l’Economie et des Finances ? Le ministre existe, les personnes viennent elles passent. Vous venez de donner un exemple illustratif. Aujourd’hui le président du CNRD, le colonel Mamady Doumbouya a jugé nécessaire d’évacuer le parc automobile de l’Etat. Si demain le pauvre directeur général des Garages du Gouvernement, le pauvre ministre du Budget et le pauvre ministre des Finances qui incarnent l’Etat, pour l’obligation régalienne de l’Etat, accomplissent leur part de responsabilité sont interpelés… Est-ce normal ?  Dans le cas précis d’Air-Guinée, il serait mieux de s’interroger si la vente a eu lieu, est-ce que toute la somme a été versée dans les caisses de l’Etat ? Est-ce que le prix qui a été fixé de commun accord avec l’acheteur a été payé ? Et qu’est-ce qu’on a en fait ? Voilà des questions qu’on devrait poser au lieu de réveiller les morts… Qui n’a pas appris la volatilisation des 150 millions d’Euros à l’EDG ? Qui n’a pas appris par les médias les 150 milliards payés à l’Angola ? Et les 300 et quelques millions de dollars payés à l’Afrique du Sud ? Qui n’a pas appris l’interception des 20 millions de dollars à Dakar ? Et les 750 millions de Rio Tinto ? Si nous voulons interroger la gestion du régime Sékou Touré, le régime Lansana Conté, il faut commencer par ce qui est récent ! Là on n’a pas beaucoup d’efforts à fournir… »

Revenons sur le cas Cellou Dalein…

« Pour ce cas, je ne comprends pas qu’est-ce qu’on appelle détournement des biens de l’Etat, la corruption… Ce sont des gros mots. Ce sont des grosses accusations.  C’est quoi l’enrichissement illicite ? Comment il s’est enrichi illicitement ?  C’est où il faut chercher des preuves. Si on parle de corruption, à quel moment ? Dans quel dossier il a été corrompu ?… Donc, je pense que la justice doit pouvoir apporter les preuves de ses accusations. »

La CRIEF est donc un instrument qui vise les leaders politiques pour pouvoir les écarter de la course ?

« Vous savez en politique, la perception est beaucoup plus importante que la réalité. Notre perception de la CRIEF est bien ce que vous venez de décrire… Il appartient à Cellou Dalein de tirer les conséquences de ce qui lui arrive aujourd’hui. Au moment que le dossier de sa maison était pendante devant la justice, au moment qu’il était là, ils ont démoli sa maison. L’affaire n’a pas été jugée. Cette démolition n’était pas sur la base de la justice… Avec cette convocation de la justice (à pareil moment Ndlr), je lui dirai de prendre sa responsabilité. A sa place, je ne pourrai pas venir. Parce que même le Prophète Mohamed (PSL)… Je peux vous dire une chose… Il y a des combats qu’on mène autrement… »

Regrette-t-il l’ex-président Alpha Condé ?

« …Je n’ai aucun regret. Parce que nous sommes en train de vivre les conséquences de sa mauvaise gestion. Du temps du défunt président Ahmed Sékou Touré en passant par mon frère, feu général Lansana Conté… il faut qu’on ait le courage de dire la vérité.  Il y a eu des mauvaises gouvernances sur le plan politique, sur le plan économique… Nous vivons aujourd’hui les conséquences de ces mauvaises gouvernances. Cependant, il faut redresser en respectant les règles, les procédures et les manières. Tout ceci s’impose sur le fond. La manière dont tout cela se passe actuellement, je suis contre. »

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