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Disparition des charognards à Labé : l’alerte urgente face à un désastre écologique silencieux

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Jadis omniprésents dans le ciel du Fouta Djallon en général et celui de la région administrative de Labé en particulier, les charognards s’effacent à un rythme inquiétant. Victimes collatérales de l’empoisonnement des chiens errants, de la destruction de leur habitat et de croyances locales, ces précieux « nettoyeurs naturels » voient leur population s’effondrer. Dans cet entretien exclusif, Mamadou Kobéra Diallo, l’inspecteur régional de l’environnement de Labé revient sur les causes de ce déclin, met en garde contre les risques sanitaires et dévoile les mesures d’urgence engagées pour préserver l’espèce. Lisez !

Guineenews.org : en tant que spécialiste de l’environnement, quel constat dressez- vous sur la disparition progressive des charognards dans la région de Labé ?

Kobéra : Effectivement, mon avis est que ces cinq dernières années, voir dix ans d’ailleurs, il y a une réduction drastique de la population de charognards dans la région du Fouta. Ce qui est très très regrettable. Par rapport aux causes de ça, après nos enquêtes, la première cause, c’est l’abattage des chiens et autres rats avec du poison. Parce que lorsque ces animaux sont empoisonnés, il les jettent et les charognards viennent en prendre les carcasses, et ils meurent. C’est la première cause la plus grande. La deuxième cause, c’est la disparition de leur habitat, parce que nous savons tous que les charognards vivent sur des des gros arbres et des grandes buissons, de grandes forêts. Donc la réduction des habitats en est une autre cause. La troisième cause qui pouvait être gérable, c’est leur utilisation comme produit de traitement traditionnel.

Guinéenews : justement, des cas du genre ont été traités par vos services !

 Kobéra : Oui, il y a des de ces charlatans et autres guérisseurs traditionnels qui cautionnent leur abattage pour prendre certains organes utilisés comme produit de traitement. Mais ça c’est c’est très faible dans notre région, parce qu’on a constaté que deux cas, durant les 17 ans. Un cas à Diari qu’avait été très bien traité, et un autre cas à Sagalé, très tardif, là on avait vu que les poiles après l’abattage. Mais comme c’est pas aussi fréquent, la principale cause de leur disparition, c’est le poison.

Guinéenews : Quelles conséquences cette disparition pourrait entraîner pour la région ?

Kobéra : Par rapport aux conséquences, nous savons tous l’importance des charognards, la première, la plus importante qui est aussi la plus grande, c’est que c’est des nettoyeurs naturels. Partout il y a un animal qui meurt en état de putréfaction, c’est eux qui viennent prendre complètement la carcasse. Parce que si ça reste là, ça pourrit, ça coule pour venir dans l’eau, ça crée des infections, ça crée des maladies parce que l’animal est mort de suite de maladie, et la putréfaction aussi de l’animal est source de maladie. Donc leur principal rôle, c’est des nettoyeurs de tout ce qui est saleté d’origine animale.

Guinéenews : Parlant toujours de cette disparition, est-ce un cas particulier pour le Fouta ou bien c’est général à la Guinée ?

 Kobéra : La disparition est générale au niveau de la Guinée. Seule la région de la Guinée forestière, là où il n’y en avait pas beaucoup aussi parce que là-bas, vous savez, les forêts fermées ne permettent pas aux charognards d’identifier les carcasses des aminaux qui meurent dans la forêt. C’est là-bas qu’il n’y en avait pas tellement. Mais au Fouta, la disparition est presque générale. Mais il y a aussi des migrations vers les zones des parcs. Parc national Moyen-Bafing, Parc Foloningbé, Parc Penselli-Soyah-Sabouya et autres parcs, là-bas il y a les les félins qui tuent  leurs proies, et quand il quand il les bouffe, le reste là c’est pris par les charognards. Là-bas il y a une grande migration du peu qui reste vers les zones des parcs.

Guinéenews : Y a-t-il quelque chose à faire pour tenter de corriger cette situation ?

Kobéra : On a déjà pris des dispositions pour corriger cette situation parce que si vous voyez déjà, le service de l’élevage n’abat plus les chiens errants avec du poison. Ils utilisent des filets et autres matériels d’attrapage, ils les attrapent et ils les éliminent, mais ils ne les tuent pas avec le poison. Ça c’est la première disposition à prendre. La deuxième, ceux qui avaient cherché à les tuer pour s’en servir comme produit de traitement traditionnel, eux aussi on n’a pas pu mettre main sur tous les deux, mais celui qu’on avait pris, on avait appliqué la loi sur lui, c’était à Diari. Et là-bas à Diari, la population avait très bien coopéré d’ailleurs, on était très satisfait. Troisième disposition, c’est la restauration de leur habitat. Si vous voyez actuellement, on a interdit d’utiliser les espèces exotiques pour le reboisement, on utilise nos espèces locales qui constituent leur habitat naturel. Cc’est les dispositions prises.

Des propos recueillis par Alaidhy Sow Labé, pour Guinéenews.org

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