
À quelques jours du lancement officiel de la campagne de production du café et du cacao, l’Office national du contrôle qualité (ONCQ) de N’Zérékoré met en garde les opérateurs de la filière contre certaines pratiques jugées contraires aux exigences de qualité.
Le chef du service du contrôle qualité de l’ONCQ de N’Zérékoré, Moussa Sacko, a notamment dénoncé le mélange de produits de qualités différentes, ainsi que des opérations de transfert et d’embarquement effectuées sans la présence préalable des agents de contrôle.
Il s’exprimait ce mardi 22 septembre 2026, à la direction préfectorale de la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de N’Zérékoré, à l’occasion d’une rencontre d’échanges avec les opérateurs économiques de la filière café-cacao.
« Le mixage n’est pas normal »
Parmi les pratiques dénoncées par le responsable de l’ONCQ figure le mixage de produits de qualité différente. Une pratique qui consisterait, selon lui, à mélanger du café ou du cacao de bonne qualité avec des produits jugés de qualité inférieure afin d’en masquer les défauts.
« Souvent, quand les gens ont une mauvaise qualité, soit du cacao ou du café, ils font du mixage. Ils cherchent une bonne qualité et la mélangent avec une mauvaise. Ce n’est pas normal », a-t-il dénoncé.
Moussa Sacko a également insisté sur la nécessité pour les opérateurs de prévenir le service de contrôle qualité avant toute opération de transfert ou d’embarquement des produits.
Selon lui, la présence des agents est indispensable pour vérifier la marchandise, contrôler les quantités et procéder aux prélèvements nécessaires.
Des contrôles exigés avant tout transfert
Le responsable de l’ONCQ a particulièrement mis l’accent sur les produits en provenance de la Côte d’Ivoire. Il estime que tout transfert d’un camion à un autre doit se faire en présence des agents de contrôle, afin de vérifier la conformité de la marchandise.
Moussa Sacko a, par ailleurs, dénoncé la délivrance de bulletins d’inspection sans vérification effective du contenu des camions.
« Si le bulletin d’inspection doit être délivré et que tu ne sais même pas ce qu’il y a à l’intérieur du camion, ni la qualité du produit, tu viens délivrer un bulletin d’inspection. Vous pensez que c’est du bon travail ? Ce n’est pas du bon travail », a-t-il martelé.
« Je ne vais plus accepter de mettre ma signature »
Autre pratique dans le viseur du chef du service contrôle qualité : l’acheminement vers Conakry de produits qui ne répondraient pas aux normes requises, avec l’idée qu’ils pourraient y être traités ou améliorés.
Moussa Sacko rappelle que les produits quittant N’Zérékoré doivent satisfaire aux exigences de qualité et être accompagnés des documents requis avant leur expédition.
« Je ne vais plus accepter de mettre ma signature, mon cachet sur un produit qui n’est pas de qualité », a-t-il averti.
Le responsable de l’ONCQ a également défendu les opérations de prélèvement et de contrôle effectuées par ses agents dans les zones de production. Selon lui, ces opérations s’inscrivent dans le cadre des procédures prévues par l’État.
Pour finir, Moussa Sacko a invité les opérateurs économiques à faciliter l’accès des agents de contrôle aux magasins et aux produits à inspecter. Il estime qu’une meilleure collaboration entre les services de contrôle et les acteurs de la filière est indispensable pour renforcer la qualité du café et du cacao produits dans la région de N’Zérékoré.

