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8 Mars : A la rencontre des productrices du « Soumbara » à Kankan et à Karifamoriah …(Reportage).

La production du « soumbara » est une activité pratiquée par les femmes à Kankan. Cette activité leur permet d’obtenir des revenus permettant de subvenir aux besoins quotidiens des ménages et/ou de faire face aux problèmes d’insécurité alimentaire devenus très récurrents dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Située à 7 KM sur la route nationale « Kankan-Siguiri », la sous-préfecture de Karifamoriah, jouit d’une belle réputation : c’est la zone de production par excellence de ce nutriment traditionnel dénommé le « Soumbara » (nom en langue mandingue). Cet épice qui rentre dans la préparation de mets est très prisé dans toute la sous région ouest africaine. Le soumbara est obtenu à partir des graines d’un arbre appelé le néré (Parkia biglobosa pour son nom scientifique).

Dans la zone de Karifamoriah et un peu partout dans la commune urbaine, de nombreuses femmes se réunissent en coopératives pour fructifier sa chaîne de production. En faveur de cette journée commémorative du 8 mars dédiée à la cause de la couche féminine, notre rédaction locale est allée à la rencontre de quelques pionnières de la filière du « Soumbara » dans le Nabaya.

Yaraba Traoré, est l’une de ces amazones et présidente du groupement « Dembagnouma » qui signifie, femmes vertueuses en langue locale. Sa coopérative féminine est composée d’une trentaine de membres. Rencontrées à son domicile au quartier Missira dans la commune urbaine de Kankan ce mardi, elle  nous a  expliqué en quelques étapes, comment elles parviennent au quotidien à transformer dans sa cour les grains du Néré en Soumbara :

« Nous achetons les grains de néré au marché avec l’argent de nos tontines. Ensuite nous lavons proprement les grains de noyaux pour les étaler au soleil. Après, on les recueille pour les  laver encore pour dissiper toutes les impuretés avant de les mettre au feu dans une grosse marmite recouvert d’un couvercle au moins durant 24 heures de cuisson. La chaleur que cela génère est à l’origine de l’odeur très épicée du Soumbara.

Après on ramène les grains dans le mortier et on pile tout doucement, on les  trille pour enlever les petits grains de cailloux qui se retrouvent souvent dedans. Ensuite, on les met de nouveau dans la marmite pour une heure de cuisson. Après quoi, on expose encore le produit au soleil. Une fois que le produit est sec, vous pouvez le plier pour le transformer en poudre pour ceux qui le veulent ainsi, ou alors comme la pluparts des clients préfèrent en grain donc nous les conservons le plus souvent en grain. Il arrive aussi parfois qu’on  tamisse le produit pour en donner une forme de joint », nous a-t-elle relaté.

Dans le district de Foussein, sous-préfecture de Karifamoriah, se trouve également une autre coopérative de femmes transformatrices des grains de néré en Soumbara dénommée Benkadi.

Aicha Diallo, mère de 10 enfants et dont l’époux est désoccupé à cause de l’âge, en est l’une des membres les plus dynamiques.

Elle doit la survie de sa famille à cette petite activité. Bien qu’en grossesse, elle est obligée de travailler. Elle possède un important stock de grains de néré dans un coin de sa chambre, qu’elle ne manque pas de nous montrer : « Ces sacs de néré, ce sont nos fournisseurs qui nous les envoient, nous les transformons en Soumbara après quand les acheteurs arrivent, ils pèsent le produit fini et nous payent en fonction des quantités produites. Nous, à notre tour, c’est cet argent que nous utilisons pour payer nos fournisseurs et économiser pour les dépenses familiales », nous a-t-elle martelé.

Si  le soumbara est couramment utilisé pour assaisonner les aliments tout comme les cubes Maggi, sa consommation vis-à-vis de cette dernière est très faible sur le plan local et national.

Alors les productrices du soumbara exportent leurs produits qui vont dans une usine qui se trouve au Mali voisin. Pourtant, de nombreux spécialistes de la santé ne cessent de vanter les louanges de ce produit qui serait très efficace contre des complications artérielles.

«La Guinée est une terre de néré. C’est à  Faranah, Labé et Mamou que les grains de néré nous parviennent en grande quantité et une fois à Kankan, nous nous chargeons de la transformation en Soumbara. Mais après  ce sont les Maliens qui viennent beaucoup pour acheter ce que nous produisons en grande quantité. Ils possèdent une usine à Bamako qui transforment le Soumabara que nous faisons en cube qui sont revendus partout en Afrique de l’Ouest et même en occident surtout en France », nous a fait savoir Kaba Sidibé, intermédiaire des opérations de vente pour la coopérative des productrices de Soumbara du district de Foussein.

Pour finir, les acteurs de la filière soumbara de Kankan que nous avons rencontré, ont  tous sollicité un appui de l’Etat afin de moderniser leurs conditions de travail très rudimentaires et valoriser leur produit sur le plan national en favorisant l’implantation d’une usine pour le conditionnement et la commercialisation dudit produit.

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