
Le Forum de remobilisation des équipements et des sociétés du Projet Simandou s’est ouvert ce mercredi 22 juillet à Conakry avec une ambition clairement affichée : faire des ressources techniques, humaines et matérielles mobilisées pour le plus grand projet minier et infrastructurel de Guinée un levier pour la réalisation des futurs chantiers structurants du pays. Les travaux, qui se poursuivront jusqu’au 23 juillet à travers plusieurs ateliers thématiques, sont organisés sous l’égide du Comité stratégique de Simandou.
Porté par le Comité stratégique de Simandou, ce forum s’inscrit dans la dynamique du programme Simandou 2040. Son objectif est d’identifier, de valoriser et de remobiliser les équipements, les compétences techniques et les entreprises ayant participé à la construction du corridor minier afin de les orienter vers les projets prioritaires de l’État.
Transformer les acquis de Simandou en moteur de développement
Dans son intervention, le ministre du Travail, de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, également président de la Task Force de la Remobilisation CSS, François Faya Bourouno, a salué la vision du président Mamadi Doumbouya, estimant que le programme Simandou 2040 démontre que « lorsque la Guinée avance avec méthode, confiance et ambition, elle peut conduire et réussir de grands projets ».
Selon lui, les équipements, les entreprises et les compétences développés autour de Simandou ne doivent pas rester sans utilisation à l’issue des travaux de construction.
« Ces acquis ne doivent pas rester isolés. Ils doivent maintenant servir à accélérer nos chantiers structurants », a-t-il déclaré, précisant que les administrations publiques, les entreprises, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs sont réunis pour identifier les ressources disponibles, renforcer le contenu local et favoriser leur réaffectation vers les projets prioritaires du pays.
Le ministre a également annoncé la mise en place d’une plateforme numérique destinée à recenser les entreprises, leurs équipements et leurs expertises afin de faciliter leur mobilisation pour les futurs projets nationaux. Cette plateforme doit notamment permettre la mise en relation entre les donneurs d’ordre, les entreprises, les institutions publiques et les partenaires financiers.
« Allons-nous laisser partir ce matériel ? »
Le ministre des Infrastructures et des Travaux publics, Facinet Sylla, a insisté sur l’enjeu majeur que représente la conservation en Guinée des équipements et du savoir-faire développés dans le cadre de Simandou.
Selon lui, le pays dispose désormais d’un parc d’équipements exceptionnels ayant servi à réaliser l’un des plus grands projets d’infrastructures du continent. « Tout ce matériel se trouve ici aujourd’hui. Imaginez nos besoins en matière d’infrastructures. Allons-nous laisser ce matériel partir, ce savoir-faire s’évaporer ? », s’est-il interrogé devant les participants.
Pour le ministre, le véritable défi consiste désormais à connecter ces ressources aux immenses besoins du pays en infrastructures. « D’un côté, nous avons le matériel et le savoir-faire ; de l’autre, les besoins en infrastructures. Pour les relier, il nous faut du financement, de la coopération et de l’innovation », a-t-il affirmé, invitant les partenaires financiers et les entreprises à conclure des partenariats concrets lors des rencontres B2B prévues durant le forum.
Préserver un capital industriel et humain
Même constat du côté du ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, qui a rappelé que Simandou a permis de mobiliser des investissements considérables, de développer des infrastructures stratégiques, de renforcer les capacités des entreprises et de former des milliers de travailleurs guinéens.
À ses yeux, le forum marque le début d’une nouvelle étape. « Nous ne pouvons laisser partir ce capital technique, industriel et humain alors que notre pays s’engage résolument dans de nouveaux projets structurants », a-t-il déclaré.
Le ministre a souligné que Simandou constitue désormais un socle pour l’industrialisation et la transformation économique du pays, conformément à la vision portée par le programme Simandou 2040. Il a également salué la contribution des entreprises venues des cinq continents ayant participé à la réalisation du mégaprojet, tout en plaidant pour le développement de coentreprises entre sociétés guinéennes et partenaires internationaux afin de prolonger les retombées économiques de cet investissement.
Une nouvelle phase après la construction du corridor
Représentant le président de la République, le secrétaire général de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, le général Amara Camara, a officiellement lancé les travaux du forum.
Il a rappelé que le corridor minier de Simandou, comprenant notamment un chemin de fer d’environ 650 kilomètres reliant les zones minières au port en eau profonde de Moribaya, constitue désormais une réalité et une étape historique pour la Guinée.
Selon lui, l’objectif est désormais de capitaliser sur cette réussite en maintenant sur le territoire national les équipements, les entreprises et les compétences mobilisés pour le projet.
Le forum vise ainsi à encourager les entreprises à se repositionner sur d’autres grands projets, à renforcer les partenariats public-privé et à préparer les futurs investissements prévus dans le cadre du programme Simandou 2040.
« Le corridor minier de Simandou est désormais une réalité. Il doit aussi être un tremplin vers l’avenir », a-t-il déclaré avant d’ouvrir officiellement les travaux.
Les organisateurs espèrent notamment aboutir à une base de données consolidée des équipements et des capacités disponibles, à la signature d’accords de partenariat entre entreprises nationales et internationales, à l’élaboration d’un plan opérationnel de remobilisation ainsi qu’à des recommandations destinées à assurer une transition efficace des équipements, des entreprises et des emplois vers les futurs projets structurants du pays.
